Générations « tattoo » à la convention de Perpignan

La 4ème édition du salon international du tatouage a fermé ses portes après deux jours rythmés par le bourdonnement si caractéristique des dermographes des 150 tatoueurs venus des quatre coins du monde. Ces artistes ont fait le déplacement à la rencontre des adeptes de cet art ancestral mêlant dessin sur peau et esthétique. Alors qu’une étude de l’IFOP comptait pas moins de 10% de tatoués parmi les français, la curiosité et l’engouement pour le tatouage ne cessent de croître et le succès du salon perpignanais organisé par  Anchor Tattoo en est la preuve.


L’occasion de rencontrer des tatoueurs de réputation internationale
Au détour des allées, on pouvait rencontrer des tatoueurs perpignanais, audois, lillois mais aussi, espagnols, portugais, italiens, grecs, allemands mais également mexicains ou guatémaltèques. L’occasion pour certains, qui ont débuté leur « future collaboration » sur le net, de concrétiser le tatouage de leur rêve lors de la convention.

L’art du tatouage est d’abord un art pictural qui débute par une très bonne technique de dessin. Les tatoueurs peuvent ainsi exprimer leur talent et leur style propre après de longues années d’expérience.

La « communauté française »
1 français sur 2 de la génération des 25 et 34 ans a franchi le pas. Phénomène de mode ou véritable symbole d’appartenance à une communauté et à un état d’esprit, le fait d’arborer un dessin et de l’ancrer dans la peau séduit de plus en plus de jeunes. Ces derniers n’ayant plus la perception « cliché » du tatouage comme simple signe de rejet ou de révolte anti-système s’affranchissent des « interdits » fixés par la société et particulièrement dans certaines professions .

Un milieu qui se féminise des deux côtés du dermographe… De plus en plus de femmes, jeunes ou moins jeunes, passent le cap de l’ornement corporel permanent. Tatouage ou percing, elles ont choisi de mettre en valeur une partie leur corps en ayant conscience de la pérennité de leur acte. Ainsi, on a pu voir la très délicate Anaïs Chabane, tatoueuse à la tête de son salon « Tattoo ton temps » à Toulouse, qui crée de véritables tattoo-bijoux. Une façon d’investir dans un « joyau » définitif et qui ne craint par la corrosion.

Au programme : Spectacle d’effeuillage, concours de tatouage et concerts
Des prix sont attribués aux plus beaux tatouages réalisés lors de la convention, couleur ou noir et gris, tous les styles ont leurs adeptes. Du tribal, au old school, à la plus moderne technique biomécanique, en passant par le celtique ou l’asiatique, tous les genres de tatouage avaient leur place dans les allées du palais des expositions.

L’univers parallèle du tatouage s’était également donné rendez-vous avec ventes de t-shirt, de percing et autres stands au look steampunk*. Pour ponctuer le salon, Satomi Zpira, a montré son talent d’effeuilleuse avant de laisser la scène aux rockers Eric Forrest et Will Barber.

Loin des salons feutrés de certains tatoueurs, la convention est l’occasion de rencontrer des artistes de renommée voir d’arborer des pièces au style unique. Pour les néophytes ou ceux qui hésitent à franchir le pas, ce genre de « grand messe » permet de démystifier l’acte du tatouage et tordre le cou à certaines idées reçues. L’exposition médiatique offerte par des programmes anglo-saxons de télé-réalité type Ink Master (diffusion sur la TNT) ayant déjà participé à cette désacralisation . Mais les timides opteront plutôt pour le calme et la tranquillité offerte par les tatoueurs de la région.

*Steampunk : Culture et mode vestimentaire basée sur le style littéraire fantastique et d'anticipation du XIXème siècle particulièrement présent dans les oeuvres de Jules Verne. Le style Steampunk est visible surtout dans l'art de la customisation de vêtements ou d'accessoires.
c47bc6f41fb6895da9abeec1c70806c0ZZZZZZZZZZZZZZ