La galette ou gâteau des Rois , frangipane ou fruits confits – Chacun cherche sa fève

À peine les flûtes de champagne remisées que voilà venir le temps de la galette des rois et de sa traditionnelle fève enfouie en son cœur. Ce délicieux dessert se déguste à l’occasion de l’Epiphanie pour fêter l’arrivée des 3 Rois Mages venus célébrer la naissance de l’enfant Jésus. Les écritures veulent qu’ils aient traversé le désert guidés par l’étoile polaire, les bras chargés de présents pour rendre hommage au nouveau né. La caravane des rois chargés de biens précieux serait arrivé le 6 janvier.

Nord ou Sud chacun sa galette
Anne Marie Couillerot, responsable avec son frère Eric depuis 14 ans de la boulangerie artisanale le Pain de mon Moulin, nous confiait que localement 40% de la galette des rois vendues était un tourteau. Une spécificité locale qui veut que dans le sud de la France, la traditionnelle galette à la frangipane est remplacée par un tourteau brioché recouvert de sucre et de fruits confits. Galette ou Tourteau, le plus important pour faire un bon produit est la qualité de la matière première insiste Anne Marie : « Tous les produits sont importants dans la galette, nous travaillons avec des produits nobles du beurre AOP, des fruits confits de manière artisanale… Cela et le tour de main de l’artisan font toute la différence entre un gâteau artisanal et un industriel ». Elle insistait également sur la saisonnalité du produit, une saison qui s’étale sur 4 semaines en janvier. « Comme nous ne travaillons que du produit frais, nous ne pouvons pas faire des galettes hors saison. C’est une volonté et les clients le comprennent ». Cette année la boulangerie en bordure du Moulin à Vent a remporté le prix de la meilleure galette des rois parmi 13 candidats de la région. « Il y a deux ans, nous avions reçu le diplôme pour la meilleure galette ET le meilleur tourteau » rappelait fièrement Anne Marie.

La fève
Une des particularités de la galette des rois est la fève enfouie au cœur du gâteau qui se déguste en dessert ou au goûter. À l’origine, c’était la légumineuse, dont la forme embryonnaire symbolise la fertilité qui servait à désigner le roi de la journée. Depuis le XVIIIe siècle se sont plus volontiers des fèves en porcelaine, tous les ans renouvelées et propices à l’art de la collection. Les collectionneurs de fèves des rois sont appelés les fabophiles. C’est au mois d’avril que les artisans choisissent les fèves qu’ils vont insérer dans leur galette nous confiait Anne Marie. « Tous les ans, nous cherchons à mettre en avant le pays catalan et les artisans de la région. Nous avons travaillé avec l’USAP, la maison Quinta, cette année nous avons choisi le caganer ». Ce santon personnage traditionnel des crèches catalanes est dépeint sous les traits d’un homme (illustre ou non) en position accroupi et occupé à fertiliser la terre en exerçant une fonction physiologique naturelle. Anne Marie de rajouter « cette année c’est peut-être la fève la plus insolite, les gens qui ne sont pas de la région ne connaissent pas. C’est un santon qui met tout le monde au même niveau » rajoutait-elle dans un rire entendu.

A l’origine une tradition de l’Antiquité romaine
Selon l’encyclopédie collaborative wikipedia, la tradition de la galette des rois serait née à l’époque romaine. Lors de la fête des Saturnales, il était d’usage que le maître de maison désigne un esclave pour devenir « le roi du jour ». Cette inversion des rôles permettait de resserrer les liens au sein de la maison. Selon le poète et historien français du XVI, Etienne Pasquier, « Le gâteau, coupé en autant de parts qu’il y a de conviés, on met un petit enfant sous la table, lequel le maître interroge sous le nom de Phébé (Phœbus ou Apollon), comme si ce fût un qui, en l’innocence de son âge, représentât un oracle d’Apollon. À cet interrogatoire, l’enfant répond d’un mot latin domine (seigneur, maître). Sur cela, le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient en sa main, l’enfant le nomme ainsi qu’il lui tombe en la pensée, sans acception de la dignité des personnes, jusqu’à ce que la part soit donnée où est la fève ; celui qui l’a est réputé roi de la compagnie encore qu’il soit moindre en autorité. Et, ce fait, chacun se déborde à boire, manger et danser ». Aujourd’hui dans les pays qui célèbrent cette tradition, cette pratique est encore celle utilisé pour distribuer chaque part de galette.

 

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