Le cœur de Perpignan terrain d’étude des futurs architectes

Dans le cadre du programme de rénovation urbaine sans précédent du centre ancien de Perpignan, 52 étudiants en architecture de l’ENSAM¹ sont venus s’immerger durant 4 mois dans les quartiers St Mathieu et St Jacques, pour comprendre les problématiques et tenter d’y répondre avec des propositions urbanistiques parfois audacieuses. La vingtaine de projets et maquettes étaient visibles à l‘atelier de l’urbanisme.


Les problématiques vues d’un œil extérieur
« Un constat inquiétant » selon  Maxime Rouaud² qui présentait le travail des étudiants dans le cadre du séminaire « vivre en centre ancien ».
La surdensification :
« Au fil du temps, les îlots d’habitation se sont remplis au point qu’il n’y a aucun vide entre les maisons, alors que les rues sont particulièrement étroites. De plus, au gré de la spéculation immobilière les surélévations se sont généralisées. Manque d’air, manque de lumière, pollution sonore rendent la vie particulièrement difficile ». Les étudiants ont tenté de répondre à cette problématique en dédensisiant, en créant des places, en faisant entrer la lumière au coeur des quartiers. Verdir la ville pour fabriquer de l’ombre et de la fraîcheur.  « Démolir des maisons pour permettre au quartier de respirer ».

Exemple de dédensification à St Mathieu
Exemple de dédensification à St Mathieu

Effet ghetto :
« L’effet produit par l’étroitesse des rues donne un aspect labyrinthique… Le quartier St Jacques parait difficile à pénétrer, peu encourageant à la promenade ». L’un des objectifs des étudiants était d’ouvrir les quartiers, d’en faciliter l’accès en donnant de la place, de l’espace, en redonnant aux gens l’envie de les parcourir, tout en conservant la trame urbanistique du XIIIème siècle.

La relégation sociale :
Les étudiants ont particulièrement été frappés par les problèmes de mixité sociale après 4 mois d’immersion. « L’inadéquation des logements aux standards de confort moderne a pour effet de rassembler une population exclue des logements dits standards et amplifie les problématiques de mixité sociale ». Pour répondre à ce manque de mixité, les étudiants ont tenté de ramener le confort dans les habitations en fabriquant entre autres de l’intimité, sonore et visuelle. Aujourd’hui la pollution sonore et les vis-à-vis sont beaucoup trop importants pour attirer une classe sociale moyenne qui pourrait faire évoluer l’image du coeur de ville de Perpignan. Maquette proposée par les étudiants de l'ENSAM

5 milliard de financement global par l’ANRU
Les étudiants ont travaillé en tentant de répondre à ces problématiques, certaines de leurs idées pourront être transposées concrètement grâce au classement de St Jacques parmi les 200 quartiers d’intérêt national. L’État par l’intermédiaire de l’ANRU financera la rénovation urbaine mais pas seulement. Grâce aux 5 milliard de financement global et la mise en place d’un contrat de ville unique qui s’attaquera dans un même cadre aux enjeux de cohésion sociale, de renouvellement urbain et de développement économique.

Une rénovation urbaine en concertation avec les habitants du quartier
Olivier Amiel³ insistait sur l’importance de recueillir l’avis des habitants sur son environnement « Ce qui compte le plus c’est d’avoir l’avis de l’ensemble des habitants y compris par du porte-à-porte ». La carte de gulliver qui consiste à matérialiser les quartiers par un dessin au sol de 8X5 mètre et de proposer aux habitants d’y apposer leur vision, leurs préconisations pour leur quartier.

La concertation autour de la rénovation du quartier St Jacques a reçu 261 participants pour un total de 953 remarques recueillies. Cette concertation fait apparaître une forte demande d’intervention de verdissement, de piétonnisation, de mobilier urbain adapté (bancs publics…). Une autre demande forte est la possibilité d’insérer dans les quartiers des équipements culturels ou sportifs. Le besoin de propreté de l’espace public et de création de pistes cyclables fait aussi partie des demandes des 261 participants.

Carte de Gulliver
Les thèmes abordés par les participants sur Gulliver Centre Historique
¹ENSAM : École Nationale d’Architecture Montpellier
²Architecte et enseignant à l’ENSAM
³Olivier Amiel est l’adjoint en charge de la politique de la ville, du renouvellement urbain et du logement
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