Le Groupe Swing – Ils ont conquis le Canada et répandent leur Folie en France

Le groupe Franco Ontarien LGS (Le Groupe Swing) entame sa première tournée en France par un concert le 30 mars au Chaudron à Bages. Après plus de dix ans de carrière, plus de 1.000 spectacles face à 500 000 spectateurs, le duo a décidé de se lancer un nouveau défi. Traverser l’atlantique avec un nouveau album « La Folie » spécialement fait pour partager sa musique en France et implanter son énergie communicative qui transforme irrémédiablement chaque concert en expérience unique. Entre curiosité et appréhension de se produire devant le public français réputé difficile, Michel Bénac a répondu avec plaisir lors d’une interview via Skype, une expérience nouvelle pour nous.


« Comme Jacques Cartier c’est notre voyage exploratoire ! »
Les français sont connus pour être un public particulièrement difficile à conquérir, appréhendez vous de nous rencontrer ? « Vous êtes français c’est tout (rires) ! C’est sûr que pour nous, sortir des grandes scènes pour revenir à l’intimité ça fait longtemps qu’on ne l’a pas fait. Ça me rend un peu nerveux, mais j’ai confiance. J’ai des commentaires positifs et encourageants de quelques français avec qui nous travaillons. Je veux venir avec les yeux plus Un brin curieux que craintifs ! »

« On va faire des petites salles, 100 places, notre but est de rencontrer les français, de se faire de nouveaux amis. Agrandir notre liste de contacts en France, des gens qui aiment la musique, qui ont envie de fêter et d’endurer mon accent… Mon amie Véronique DiCaire m’a dit « force toi un peu mais c’est correct comme tu es Michel ». Notre but est partir à la conquête tranquillement car on va dans des lieux charmants pour découvrir un beau peuple. C’est une sorte de voyage exploratoire comme Jacques Cartier. Nous, on va explorer la réaction des français envers notre musique.

♦ Ontarien – Québécois ? Expliquez nous la différence ?
À l’écoute de l’accent de Michel, on assimile rapidement la musicalité des mots à Celine Dion ou Véronique DiCaire. Toutefois en poussant plus avant notre investigation , nous avons constaté que si Céline Dion est du Québec, Véronique DiCaire est quant à elle ontarienne. Tout comme Michel Bénac qui est un de ses amis. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur cette différence, qui vue d’ici semblait minime. 
« C’est comme si nous, les canadiens, disions que les français et les belges c’est la même chose. Les québécois ont un beau patriotisme, c’est leur force, mais ils ne conçoivent pas que plus d’un million de francophones sont à l’extérieur du Québec. Nous franco-ontariens, on est entre deux chaises, on se retrouve bilingues, parce qu’on n’a pas le choix ».

♦ Une répression linguistique méconnue Outre Atlantique
Michel revient sur son enfance, « Quand j’étais petit, on allait au parc et on se faisait bousculer si on ne parlait pas anglais. Maintenant, il y a plus d’ouverture, mais quand j’étais plus jeune on sentait une vraie friction. On est devenu un peuple francophone, qui s’intègre très bien dans une province alors qu’on est une minorité. Pour moi, parler français c’est un combat quotidien, alors qu’au Québec, ce combat est gagné. Pour illustrer son propos Michel revient sur l’Histoire : « Dans les années 60-70, ma mère n’avait pas le droit de parler français avec sa collègue lors de sa pause ! En 1912, il était interdit d’enseigner le français à l’école, cette loi a eu un impact sur ma génération. Les choses ont évolué depuis, avec une volonté pour les franco-ontarien d’affirmer leur identité, même si on vit parfois notre langue en cachette, par crainte d’être mal vus ».

♦ Chanter en français par fierté et authenticité !
« Au départ, j’ai commencé en chantant en anglais, mais les maisons de disque me disaient que je faisais du « fake », que ce n’était pas sincère, que je n’étais pas moi-même. C’est là que je me suis beaucoup interrogé sur moi, sur mon passé, sur ce qui m’a construit. J’ai fait le point sur moi, sur mon histoire.

Mes deux grand-pères jouaient l’un de l’accordéon et l’autre du violon. Et quand j’était petit, on faisait toujours la fête en chantant des chansons traditionnelles jusqu’à 3 ou 4 heures du matin. Quand je me suis questionné musicalement et personnellement, je me suis aperçu que ces sonorités étaient encore très présentes en moi. En 1999 c’était très osé, mais je suis dit : je suis francophone en Ontario, et j’écoute de la musique américaine pop alors pourquoi ne pas tenter de mélanger les deux ! Je n’avais rien à perdre alors sur un coup de tête, j’ai tenté. Au départ, ce n’était qu’une simple expérience musicale pour amalgamer mes deux mondes. Alors j’ai réécouté de vieilles cassettes, j’ai réappris la musique traditionnelle pour faire un album « Folktronica ». A l’époque, on appelait ça de la « Technotrad » et le public a compris ce que je faisais ! Ma fierté en tant que francophone a grandi, je me tenais debout, tout d’un coup je m’affirmais en tant que franco-ontarien et j’expliquais ce que c’était. C’est la foule des franco-ontariens, qui m’a inspiré, qui m’a dit, OUI ON EXISTE et on devrait fêter ça ! 

Même si je ne suis pas politique ce que je veux inciter les gens à être fiers d’écouter de la musique en français. Je ne suis pas anti-anglais, mais ma voix c’est aujourd’hui de chanter en français et c’est ça que j’ai envie de faire ».

♦ « La Folie » ou « c’est OK »
« Même si mon processus créatif débute par la mélodie, j’attache beaucoup d’importance au thème du morceau. Avec « La Folie », le message parle de la tentation, cette drôle de bête. Il y a de la tentation partout autour de nous, le sexe, la drogue, la cigarette, l’argent … Et nous avons tous des choix à faire,  se laisse emporter, comme s’il n’y a plus rien qui comptait, on est comme dans une espèce de délire, je trouve ça fascinant ! Peu importe nos racines, nos ancrages,  WOOOO ». Michel prendre l’exemple d’un des ses oncles, « super gentil en temps normal » et quand il succombe , ARRGHHH, « il devient une toute autre personne ». « La folie complète, c’est un peu comme un rêve, et on voulait que cette chanson comme une vague, qu’on ait le sentiment d’être emporté sans vouloir en sortir »

♦ « Face à Face » avec soi-même
Une chanson dans le répertoire des LGS nous a interpellé, « Face à Face ». Retour sur son histoire. « Le concept est venu quand, Gabrielle Goulet, une de mes amies musiciennes a sorti un album au début de sa carrière. C’est très difficile et il faut du courage pour endisquer (sortir un disque) en français. Elle a été submergé d’attaques personnelles et non pas artistiques, sur son apparence, sur ses choix vestimentaires. Vous les femmes, vous subissez beaucoup cette pression de l’apparence que les hommes. Des attaques de gens confortablement installés dans leur salon, qui n’ont jamais eu le courage d’endisquer et tout d’un coup anonymement, ils se permettent de juger, sans avoir conscience de l’impact et de la portée de leurs jugements… Cette chanson est un peu comme un putching ball, j’ai écris cette chanson en parlant à cet anonyme qui juge. Et au moment de réaliser le clip, j’ai réalisé que ceux qui subissaient le plus ce genre de dérives sont les jeunes ». Une chanson que nous avons choisi de ne pas mettre dans l’album pour la France car elle était moins représentative de notre travail, elle avait un côté plus rap »

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