Le pays catalan sous bannière Occitane ? Réactions

Mise à jour 17 juin à 14h30
Les réactions sont nombreuses en pays catalan à l’annonce du résultat de la consultation populaire nommant la nouvelle région « Occitanie » à près 45%, selon la méthode de calcul Condorcet. Une consultation qui aura coûté 500.000€ et dont le résultat pourrait ne pas être retenu par les élus qui voteront le 24 juin en assemblée plénière.


Le collectif défendant le « Oui au pays Catalan«  appelle « plus que jamais » « à une union sacrée , à une forte mobilisation » Samedi 18 juin au départ de la place catalogne à 15H. Le collectif amené entre autres par, Jordi Vera du parti sud catalan Convergence Démocratique Catalane, Anabelle Brunet adjointe de Jean-Marc Pujol, Sebastien Ménard, délégué départemental de Debout la république, est catégorique en déclarant « Nous ne serons jamais des occitans ! »

Le collectif Agissons appelait également à la mobilisation et exigeait un statut particulier pour le pays catalan « Cette « fausse consultation » ne pouvait qu’exclure le Pays Catalan. Pendant combien de temps, allons nous accepter le mépris de Montpellier et désormais celui de Toulouse? ».

Le collectif d’acteurs économiques en faveur de « Pyrénées-Méditerranée »
Bernard Fourcade
qui défendait l’appellation Pyrénées-Méditerranée « va continuer le lobbying » auprès des élus de la région. « Les 2 chambres régionales avaient voté ce nom qui représentait bien notre culture. On vit dans un monde de communication où on veut développer notre région, il faut qu’on arrête de se mettre des handicaps ».

Laurent Gauze, Président de l’agence de développement économique Pyrénées-Méditerranée Invest, pense qu’avec seulement 45% de 200.000 personnes qui s’expriment en faveur du nom « Occitanie » ce dernier n’est pas très représentatif en rapport avec les 5,6 millions d’habitants de la région. « Le score est faible et sans intérêt » et ne justifie pas de « graver dans le marbre le nom Occitanie ». 

La réaction du monde politique
Louis Aliot, candidat à la présidence de la Région et Député européen du Front National, était partisan de conserver le nom Languedoc Roussillon « pour des raisons de coûts et de cohérence ». Il rappelle que ce choix n’était pas le sien et qu’il « aurait préféré y voir adjoindre le nom Roussillon ou Pays catalan ». 

Jacques Cresta, député socialiste et élu au conseil régional, n’est pas surpris du résultat « net »  mais il ne s’en « satisfait pas » car dit-il « on ne peut pas mettre en avant une identité en en effaçant une autre ! ». Il rappelle qu’il s’agissait d’une consultation et non d’une référendum et qu’il travaille avec la présidente de la région à un nom fédérateur tout « en respectant le vote ». « Un nom qui rassemble les identités, l’histoire, la géographie » pour également « promouvoir la région à l’international ».

Bruno Delmas, responsable de L’Olivier nouveau Pays Catalan dénonçait quant à lui « la perte d’identité et d’image » pour notre territoire.

Brice Lafontaine élu aux affaires transfrontalières et président du parti Unitat Catalane,  s’étonnait du changement de la méthode de calcul initialement annoncée, insinuant que ce dernier aurait été mis en place pour garantir le résultat souhaité.

Gérard Onesta, élu EELV et président du bureau de l’assemblée régionale, était en faveur de « Occitane-Pays Catalan ». Il déclarait dans les colonnes du journal L’Indépendant : « Ce soir j’ai perdu ». Il appelle à un respect des catalans et propose de « transformer le nom Pyrénées-Orientales en Pays Catalan ? ».

Sebastien Ménard, de Debout les PO, appelait à manifester le 18 juin et à l’ouverture de discussions autour « d’un statut de collectivité territorial unique pour le pays catalan »

Et maintenant ?
Il semblerait que ce vote contrairement à ce qu’affirme la Présidente de région, Carole Delga n’a pas seulement « fait prendre conscience aux citoyens de l’existence de leur nouvelle grande région ». Il a aussi permis de raviver le sentiment « d’annexion pure et simple » comme le précise Jordi Vera ou de catalanisme comme le montre les commentaires de nombreux acteurs économiques ou simples citoyens du pays catalan.


Article publié le 16 juin à 17h00
Selon des sources concordantes les 203.993 votants se sont exprimés largement en faveur « d’Occitanie », un nom qui n’avait pas la faveur de nombreux élus et acteurs économiques de notre département, qui militaient en faveur de « Pyrénées-Méditerranée ». Alors qu’un collectif militait pour « Occitanie-Pays catalan » amené par Jordi Vera, Debout les PO ou l’adjointe au maire de Perpignan Anabelle Brunet, craignait « un déni total de l’identité catalane », le résultat de la consultation en faveur d’Occitanie va dans ce sens. Toutefois rien n’est acté pour le moment, le nom de la région doit être voté par les élus régionaux le 24 juin prochain, et ce vote pourrait parfaitement ne pas tenir compte du résultat de la consultation.


Une participation loin d’être à la hauteur des enjeux, mais…
Malgré un investissement massif de la classe politique locale et des médias, le nom de la région n’aura ni attiré les clics ni déplacé les foules ! C’est le premier constat que certains pourront tirer des seulement 203.993 voix exprimés lors de cette première consultation. « Toutefois le cap des 200.000 voix exprimées est atteint pour que la consultation soit un succès » précisait la région.
Les citoyens ont eu jusqu’au 10 juin pour classer par ordre de préférence les 5 noms : Languedoc, Languedoc-Pyrénées, Occitanie, Occitanie-Pays catalan et Pyrénées-Méditerranée.

Le choix de la méthode Condorcet
« La consultation » selon les propos recueillis par nos confrères de la Dépêche du Midi « est un outil d’aide à la décision qui veut associer largement les citoyens, il s’agit de donner une indication, un choix de préférences ».

Selon l’encyclopédie collaborative Wikipédia «La méthode Condorcet est un système de vote dans lequel l’unique vainqueur est celui, s’il existe, qui, comparé tour à tour à tous les autres noms, s’avérerait à chaque fois être le nom préféré ». 

La région nous explique en bref : «Chaque citoyen classe les 5 noms proposés par ordre de préférence. Le dépouillement de la consultation consiste à simuler l’ensemble des duels de noms possibles. Pour chaque duel, il y a un nom vainqueur. Si un nom remporte l’ensemble de ces duels, il est désigné gagnant ».

Résultats tardifs
Alors que l’annonce du résultat du vote tarde à venir selon certains qui s’impatientent à l’image du parti EELV (pourtant allié politique de la présidente de la nouvelle région), il semblerait que ce résultat ne soit qu’un des éléments qui permettront de donner un nom à la région née de la fusion entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

Le collectif « Oui au pays catalan » s’insurgeait également du retard pris dans la publication des résultats.

♦Une consultation pour rien ?
Certain s’élèvent déjà en commentant l’utilisation d’une méthode « plus que complexe et difficilement vérifiable ». Cette consultation aurait eu pour « seul but de faire croire aux citoyens qu’ils avaient vraiment droit au chapitre et que leur voix comptait » ! Parmi certains commentaires on peut déjà lire « Un déni de démocratie » ou « dès le départ, les dés étaient pipés »Tweet Région LRMP

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