Partager, mutualiser et se protéger – L’Open Entreprise pour les porteurs d’idées

Julien Carbonell, reconnu pour ses idées en matière de solutions partagées, lance ce nouveau concept de coopérative d’activités et d’emplois en parallèle du partage d’espace de bureaux au Centre del Mon. Associé avec Pierre Mick, baroudeur aux milles expériences, Julien Carbonell a décidé de s’investir dans une nouvelle forme d’entreprise, l’entreprise collaborative. Depuis l’ouverture de l’espace de travail partagé, les deux hommes constatent que « la mayonnaise prend entre les travailleurs indépendants » qui viennent y travailler. Le premier exemple de regroupement autour d’une branche professionnelle est la création d’un label musical, Pa d’Ou Records.

La série HBO Silicon Valley montre la vie de coworkers avec humour
En juin 2017 a débuté la 4ème saison de la série d’humour d’HBO consacrée à une bande de programmeurs de talents qui cohabitent pour tenter de percer dans le monde sans pitié de la Silicon Valley. La série, qui attire plus de 1,5 spectateurs par épisode, s’amuse autour des déboires de 4 informaticiens. Leur talent de programmeur est mis en parallèle avec leur piètre qualité entrepreuneuriale, de gestion ou de comptabilité.
Pure fiction certes, mais c’est bien cet écueil que le principe de la co-entreprise tente ici d’éviter aux entrepreneurs.

D’entrepreneur individuel à entrepreneur salarié – Maître mot « la méritocratie »
Julien Carbonell explicite le principe de l’Open Entreprise, une entreprise qui selon lui « ne connaît pas de frontières ». Cette structure « regroupe une communauté d’utilisateurs organisée de façon méritocratique » et ouverte à tous ceux qui sont intéressés par l’entreprise. « Un utilisateur, qu’il soit client ou investisseur peut devenir un coworker selon son investissement. Une fois qu’un utilisateur a travaillé sur une mission complétée et approuvée par la communauté, il est automatiquement considéré comme coworker » précise le jeune dirigeant.

L’idée est de créer une Coopérative d’Activités et d’Emplois. Cette forme d’entrepreneuriat collectif offre une solution plus sûre pour lancer son activité. L’avantage est outre la protection sociale offerte au porteur de projet par ce nouveau statut d’entrepreneur-salarié, de mutualiser la gestion administrative, fiscale et comptable. L’entrepreneur salarié peut ainsi se concentrer sur son cœur de métier et développer son activité dans un cadre plus protecteur et avec le soutien de ses co-entrepreneurs. Un accompagnement qui permet aussi au porteur de projet de palier à la solitude qui pèse parfois sur les entrepreneurs individuels.

♦ « Pa d’Ou » Records, label musical coopératif
Le « Pa d’Ou » est un flan aux oeufs catalan, c’est pour Julien Carbonell outre un « symbole d’identité catalane et un souvenir de grand mère », un nom facile à prononcer dans plusieurs langues. Il nous confiait également que c’était l’un de ses desserts préférés et qu’il est parvenu à convaincre ses partenaires de baptiser ce nouveau label ainsi.

L’espace coworking du Centre del Mon fourmille déjà de professionnels qui échangent des idées. Lors de notre visite dans les locaux partagés, un musicien grattait ses accords devant un ingénieur du son, un vidéaste et un pilote de drone. Quatre professionnels qui peuvent travailler ensemble à la création d’un clip musical et développer le nouveau label en gestation.

Objectif : Répondre à une problématique sociétale ou économique non résolue
Pierre Mick est catégorique : « notre concept est souvent fait pour des personnes qui ne cadrent pas avec les pépinières d’entreprises classiques mais qui ont quand même besoin d’un environnement plus secure que ce qu’offre aujourd’hui le statut d’auto-entrepreneur. C’est aussi une réponse à l’uberisation croissante de la société, c’est en quelque sorte de l’uberisation sociale et solidaire ».

Prochaine étape : les « MOJO »
Les MObiles JOurnalistes, l’idée est de pouvoir former des jeunes à de nouvelles techniques et de nouvelles compétences pour réaliser des reportages dans des lieux dont l’intérêt n’est pas assez important pour que les rédactions y envoient un de leurs journalistes. Au delà des raisons de coût, il n’en demeure par moins que les rédactions restent intéressées par des sujets bien construits et qu’ils peuvent acheter clé en main. C’est aussi une porte de sortie pour des jeunes qui sont dans des territoires ruraux, ils peuvent avec ce nouveau concept, s’essayer à de nouvelles techniques, comme la prise de vidéo via des smartphones et acquérir des compétences qui peuvent leur servir pour rentrer de façon durable dans le monde du travail.

 

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