Perpignan et l’antisémitisme – Etat des lieux avec Daniel Halimi

Daniel Halimi a été réélu pour son 4ème mandat à la tête de Communauté Israélite de Perpignan et des Pyrénées-Orientales. L’occasion pour la rédaction d’un entretien sur la place de la communauté juive dans notre territoire.


♦ Representation de la communauté juive localement ?
« Il y environ 800 familles, soit près de 4.000 personnes adhérentes, mais comme dans les autres religions seuls 5% pratiquent régulièrement ». 

Antisémitisme et amalgame juif/israélien ?
Au niveau national et localement, les actes antisémites ont fortement baissé entre 2016 et 2015. En effet en 2015, il y a eu 808 actes recensés comme antisémites alors qu’en 2016, il y en a eu moins de 300. Un apaisement des tensions qui se traduit par un tassement des départs de familles vers Israël, en 2015. En 2016, le représentant de la communauté juive avait dénombré 15 familles qui avaient définitivement quitté la France, contre seulement 3 ou 4 en 2016. Daniel Halimi déplore néanmoins un fort sentiment anti-israélien vis-à-vis de sa politique d’implantation dans les territoires palestiniens occupés. « Un sentiment anti-israélien relayé par les pouvoirs publics et les médias. Malheureusement les gens ont tendance à assimiler juif et israélien ! « 

♦ La construction de la nouvelle synagogue ?
« J’ai bon espoir de gagner les 8 procès que nous avons eu. Nous en avons déjà gagné 7, mais la copropriété reste déterminée à nous déloger sous des prétextes sécuritaires mais c’est purement et simplement de l’antisémitisme ! ». Il prend l’exemple d’un des procès qui avait été intenté pour contester la couleur de la palissade de chantier. Daniel Halimi espère la fin de la procédure judiciaire pour le 1er trimestre 2017 et une installation définitive de la synagogue à l’été 2017. Il tient à rappeler que l’ensemble des travaux ont été financés par des dons privés et locaux.

♦ Un autre souhait pour 2017 ?
« La reconnaissance de la communauté juive catalane, une communauté qui existe depuis le XIIème siècle. Cette reconnaissance passerait par la réouverture du dialogue avec le Maire de Perpignan et une participation plus active des élus ». Le Président de la communauté israélite déplore que « depuis sa réélection, le Maire n’ait assisté à aucun acte organisé par la communauté. Notre communauté n’est pas dans ses préoccupations, sans compter la totalité des subventions qui ont été supprimées »

♦ Le dialogue inter-religieux à Perpignan ?
« On se parle beaucoup au niveau des représentants, mais les communautés ne se parlent pas et je considère que c’est un échec. C’est facile de discuter entre nous mais le dialogue est quasi inexistant entre les musulmans, les juifs ou les catholiques localement. La conséquence … Des individus qui ne se connaissent pas et ne se comprennent pas. Je pense que cela devrait plus passer par l’école. Mais là on se heurte à l’éducation nationale, mais c’est un autre problème »... Daniel Halimi est revenu sur la minute de silence initiée dans toutes les écoles de France suite aux attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher. Un moment de recueillement qui n’avait pas été respecté dans certains établissements, un signe de tensions entre des communautés qui, si elles apprenaient à se connaitre dès l’école, pourraient cohabiter plus sereinement qu’aujourd’hui.

Dernier mandat à la tête de la communauté juive des PO ?
« Oui, après 4 mandats il sera temps de laisser la place ». 

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