Sebah – La musique comme lien du sang

Sebah, ce ceretan tombé dans la musique à l’adolescence a choisi ses idoles, Ben Harper a été un élément déclencheur dans sa vie musicale : « Parce qu’il est cet espèce d’esprit universel, métisse mais qui n’a pas envie d’appartenir à une case ou à une autre, juste envie d’être l’Homme ». Sebah connu et reconnu pour son travail au sein de 100 grammes de têtes s’est confié à Made in Perpignan à l’occasion de la sortie de son premier album, « Liés par le sang ».


Unir nos forces, pas seulement le titre de l’album, aussi une philosophie de vie
« Il m’arrive de sympathiser avec des gens, et après on m’apprend qu’ils sont comme ci ou comme ça. Mais sur le moment, j’étais plus en phase avec eux qu’avec d’autres personnes de mon milieu social. Parce qu’à ce moment là, on a crevé ces barrières. On a discuté, on est allé au fond des choses et c’est ça qui compte. Au final, on veut tous la même chose, être heureux, être aimé, tout simplement. Ça ne sert à rien de chercher à savoir qui est responsable de ci ou ça… ». 

L’album est disponible en téléchargement sur Amazon, en écoute libre sur Le bureau de Lilith ou sur Deezer et disponible sur toutes les plateformes. Sebah a également tenu à pouvoir le vendre en direct à la fin de chacun de ses concerts et il sera prochainement disponible dans certains bacs de disquaires.

Yovo M’Boueke, plus qu’un mentor
« J’ai eu de la chance de rencontrer Yovo il y a 7 quand je jouais sur la scène d’Ida y Vuelta, il était venu avec les Neg’Marrons. Il a écouté mon travail et il a kiffé ! Depuis, il ne m’a plus jamais lâché ». Yovo est un grand monsieur de la musique, il est à l’origine du mouvement reggae et hip-hop à Paris et a collaboré avec les plus grands en tant que bassiste pour Manu Katché mais aussi réalisateur, compositeur ou arrangeur pour Bashung, sur le mythique « Osez Joséphine ». Véritable caméléon dans les styles musicaux, il participe également à l’essor du rap français avec la mise en scène du mémorable concert de l’olympiade réunissant les plus grand noms du rap des années 2000.

« Après la rencontre avec Yovo, j’ai été repéré par une maison de disque mais ça n’a pas matché entre eux et moi, et malgré tout Yovo a décidé de me soutenir car cet album était pour lui une évidence, il fallait le faire. Même sans l’appui de la maison de disque, j’ai investi plus de 20.000 Euros dans cette opération, mais même s’il reste au fond d’un tiroir ça en vaut le coup ! Je suis fier de l’avoir fait jusqu’au bout, que des gens comme Yovo m’aient soutenu ça m’a donné confiance énorme ! » 

« Carry us »- « Je demande à une force supérieure de nous amener de bonnes choses »
Pour son second clip, Sebah souhaiterai sur les conseil de Géraldine du Bureau de Lilith mettre en avant la chanson « Carry us ». Une chanson inspirée par une une personne en fauteuil roulant. En effet Sebah n’est pas juste un musicien, il est aussi un fan de course à pied et c’est lors de son entrainement quotidien qu’il croisait régulièrement un homme amputé en fauteuil roulant. Un personnage qui l’a fait réfléchir « Je voyais toujours un monsieur avec une jambe en moins, il était là tous les jours, par tous les temps. C’est là que m’est venu ce titre, c’est comme si je demandais à une force supérieure de nous amener de bonnes choses. En courant je me disais, j’ai mes bras et mes jambes, c’est une chance de pouvoir se tenir debout ! Parfois, on l’oublie en se noyant dans des questions existentielles sans importance. Je suis un homme heureux juste parce que j’ai mes bras et mes jambes ».

Les « Soul Jamaica » par les « 100 grammes de tête »
Sébastien ( Sebah) fait partie intégrante des 100 grammes de tête, et de sa section rythmique Les Soul Jamaica avec lesquels il assure pas moins de 70 dates annuelles. « Les Soul Jamaica, c’est les 100 gramme de tète sans les cuivres, on fait pas mal de covers des années 70 à la sauce reggae. Par exemple, un morceau d’Otis Reading, on le prend et on met un rythme reggae derrière. Avec cette formation, j’ai eu l’occasion de faire un concert et un showcase à La Réunion, un lieu magique pour la création. La Réunion porte bien son nom, il y  des noirs, des arabes, des chinois, et ils vivent super bien ensemble ! J’ai vu une femme avec un voile intégral à côté des gens qui buvaient de l’alcool et elle s’en moquait, elle était venue profiter de la musique. Tu ne verras jamais ça ici car on se méfie plus les uns des autres ! La Réunion au niveau de la mixité c’est fantastique, et en arrivant tu comprends pourquoi ça s’appelle La Réunion. Moi j’ai ressenti un truc spécial là bas ».

Une première expérience pour le vidéo-clip « liés par le sang »
La réalisatrice Christine Camara a fait beaucoup de clips de reggae et j’ai aimé travailler avec elle. On s’est vraiment compris car j’avais 2/3 idées qui se sont parfaitement mêlées aux siennes. Au final, il y a tout ce que j’avais voulu faire.
Le clip a été également l’occasion de rendre hommage à la fibre musicale familiale. « Mon frère fait de la musique, mon grand père joue de la guitare. C’est d’ailleurs l’acteur principal du clip. C’est le dernier pilier qui reste. » 

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