Visa 2016 : #1Jour1Expo’ : Niels Ackermann – L’ Ange blanc

Niels Ackermann a choisi de montrer la jeunesse de Slavoutytch, ville d’Ukraine fondée après la catastrophe de Tchernobyl d’avril 1986. Une génération plus meurtrie par la drogue ou l’alcool que par la radioactivité. Un voyage qui accompagne le passage à l’âge d’adulte, presque banal, de ces jeunes dans un pays qui lui aussi est en pleine mutation. Le reportage du photojournaliste suisse sera exposé durant Visa Pour l’image au Couvent des minimes.


Exposition L’Ange Blanc
Niels Ackermann est un journaliste suisse travaillant pour la presse internationale depuis 2007. Il vit à Kiev (Ukraine) depuis 2015 et a reçu le prix Swiss Presse Award 2016 pour son reportage « Les enfants de Tchernobyl sont devenus grands ». Son récit du reportage :

« Ici, plus de gens meurent à cause de la drogue et de l’alcool qu’à cause de la radioactivité », m’expliquait Kiril en pointant la tombe de son meilleur ami, tombé d’un balcon lors d’une soirée trop arrosée.

En avril 2016, le monde a commémoré les trente ans de la catastrophe de Tchernobyl. Plutôt que de revenir une nouvelle fois sur les conséquences de cet accident, j’ai choisi de me tourner vers l’avenir en photographiant durant trois ans la jeunesse de Slavoutytch : la ville la plus jeune d’Ukraine, née de cette catastrophe.

Le reportage suit Ioulia, une adolescente que j’ai vue se transformer en une jeune adulte devant mon appareil. Au fil des mois, la jeune fille a troqué fêtes, conquêtes d’un soir et alcool contre un travail, des responsabilités et une vie de femme mariée. Elle et ses amis m’ont laissé les suivre pendant cette phase cruciale où l’on décide ce que l’on veut faire de sa vie, où et avec qui. Une transformation que connaît également son pays, lequel s’émancipe de sa voisine Russie dans le sang et la douleur.

La jeunesse de Slavoutytch, comme celle du pays tout entier, doit désormais réparer les erreurs de ses parents et bâtir un avenir serein et prospère. Construite au milieu d’une forêt à 40 km de la centrale accidentée, Slavoutytch se voulait l’une des dernières vitrines de la grandeur soviétique. Or, depuis que la centrale a cessé de produire de l’électricité, en l’an 2000, son avenir ne tient plus qu’au chantier du nouveau sarcophage qui s’achèvera en 2017 et aux différentes subventions que touche cette ville stratégique mais aux perspectives très limitées ».

Projet « After Lenin« 
Niels Ackermann, pour son nouveau projet, s’est associé au journaliste français Sébastien Gobert. Ensemble, ils sont partis à la recherche des traces de Lenine, bustes, statues ou tout autre marque de glorification du héros de la révolution de 1917. Alors que l’Ukraine tente d’accélérer sa « désovietisation » depuis 2015, les deux journalistes se sont interrogés sur le devenir de ces 5.000 « Lenine » que comptait l’Ukraine au moment de son indépendance en 1990. À  ce jour, ils ont pu en localiser 16 et comptent pouvoir fédérer plus de personnes susceptibles de les aider dans cette chasse aux traces du passé, que le pouvoir politique semble vouloir effacer « sans concertation et à l’aveugle » racontait le suisse dans les colonnes du blog du journal Le Monde.
Plus d’informations sur le projet « Lost in Decommunisation » en cliquant sur le lien.

A Odessa, la statue de Lénine transformée en Dark Vador. © Niels Ackermann
A Odessa, la statue de Lénine transformée en Dark Vador. © Niels Ackermann

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