Vivre la Frontière © Jin Justin
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La vie sur les frontières du monde – Exposition “Vivre la frontière” à Perpignan

LECTURE

À partir du 17 février, le Centre International du Photojournalisme de Perpignan accueille l’exposition « Vivre la frontière ». Pendant deux mois, les visiteurs pourront s’interroger sur les photographies qui composent le fonds de ce lieu. Elles ont été prises par des photojournalistes et montrent la vie qui se déroule sur les frontières du monde.

♦ Les frontières sont-elles amenées à disparaître progressivement ?

Créée par Barbara Mercuri, professeur de lettres missionnée au sein au CIP, et Maxime Escriba, professeur d’histoire-géographie et cartographe, cette exposition a été construite à partir du fonds photographique du CIP. À travers ce parcours, ils veulent que le public, enfants et enseignants compris, s’interroge sur ces photographies. Quel regard porte-t-on sur ces clichés ? À l’heure où les frontières ont peu à peu tendance à s’effacer, sont-ils toujours d’actualité ? 

Grâce aux multiples infrastructures, il est désormais plus facile de se déplacer entre les territoires, même les plus éloignés, de communiquer et de comprendre les autres. Ce qui pourrait faire penser que les frontières sont amenées à disparaître progressivement. Pourtant, la crise migratoire, les tensions géopolitiques ou encore le Brexit montrent que les frontières existent bel et bien et qu’elles sont parfois en train de se renforcer. C’est pour cette raison que les photojournalistes se sont tous intéressés, chacun avec leur approche, à la notion de frontière.

♦ L’exposition « Vivre la frontière » met à l’honneur plusieurs artistes

Parmi eux, Véronique de Viguerie, Bruno Stevens, Emmanuel Ortiz ou Diane Grimonet. Les photographies remontent le temps : elles nous plongent à la frontière franco-espagnole de 1980, à Ciudad Juarez au Mexique en 1997, ville considérée comme la plus dangereuse du monde ou encore dans un appartement de la banlieue parisienne dans les années 2010. Chaque photojournaliste a souhaité capturer ces frontières, visibles ou non. Les clichés montrent ces hommes, ces femmes et ces enfants situés dans ce monde entre deux mondes. Entre rêves et désillusions, violence et pauvreté, ces humains sont le symbole de cette résistance. 

Diane Grimonet aime poser son objectif sur les existences solitaires. Après avoir couvert les scènes des théâtres de la capitale, elle s’est spécialisée dans les reportages sur la précarité en France. Elle déclare : « Une fois j’étais à la frontière libyenne, dans le camp de Choucha. À ce moment-là, j’ai compris pourquoi les gens voulaient partir de ces endroits et j’ai pris vraiment conscience de la liberté dont on bénéficie ici, en France. » 

Déjà exposé lors du Visa pour l’image en 2012, Justin Jin immortalise un monde en pleine mutation. Il s’est rendu à la frontière du pôle Nord où vivent autochtones, nouvelles colonies énergétiques et villes fantômes. Il confie : « Si le propos est ambitieux, le résultat est intime. Pour l’essentiel, en effet, mes photos parlent des peuples de l’Arctique, de leurs espoirs, de leurs amours et de leur survie. Et toute cette histoire s’inscrit dans des paysages d’une inquiétante fragilité. »

♦ Les frontières sont en réalité un marqueur de l’actualité

Ce qu’il s’y passe en dit long sur l’état dans lequel se trouve le monde. C’est pourquoi, ces clichés pris entre 1980 et 2017 et sélectionnés pour l’exposition, sont, aujourd’hui encore, d’actualité. Dans les représentations cartographiques, la frontière est toujours représentée par une ligne. Pourtant, c’est bien un monde qui vit sur ces frontières. Formant une société à part, ces humains tentent d’habiter un territoire, ancré entre des dynamiques souvent contradictoires.

Yuri Kozyrev s’est, lui aussi, intéressé à la région arctique. Selon le photojournaliste, « dans la périphérie de cette zone arctique, se trouvent en effet de grands sites industriels et militaires, des ressources énergétiques, mais aussi des populations autochtones d’une grande fragilité. » Photographier ces peuples permettait de les mettre en valeur.

Un dossier pédagogique et une cartographie accompagneront le parcours photographique. Un espace « Poste ta photo » ainsi qu’un espace « Écris ta frontière » seront proposés lors de cette exposition. Ils sont tous les deux dédiés aux plus jeunes. Dans le premier, seront exposées les photographies de frontières prises par des enfants. Le second espace met à l’honneur l’écriture. Les enfants sont invités à utiliser un ou plusieurs mots pour définir ce qu’est une frontière selon eux. Toutes les réponses seront visibles par l’ensemble des visiteurs.

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