CHILI - VIVIR PARA CONTARLO Santiago de Chile. A clown-clad protester holds a totally black flag of Chile in Plaza de la Dignidad (former Plaza Italia) in memory of the street artist girl arrested by the Chilean police and found a few days later hanged in a park in the capital after being repeatedly raped. The black flag is a sign of mourning for the violence perpetrated by law enforcement and the state during the days of repression. © Karl Mancini

Projections Visa pour l’image 2020 | Comment profiter des retransmissions numériques ?

LECTURE

Comme évoqué dans un précédent article, cette 32e édition du Visa pour l’Image est aménagée en raison de la pandémie de Covid-19. Les projections seront retransmises en ligne sur le site Internet du festival du 31 août au 6 septembre. Au cœur de Perpignan, la Chapelle de la Funeraria du Campo Santo proposera une diffusion en continu aux festivaliers ; de 10h à 23h durant la première semaine, puis de 10h à 20h du 7 au 13 septembre.

Quelle que soit la météo, en soirée ou à la pause déjeuner du boulot, dans les transports en commun ou dans votre salon, ce moment particulier du festival s’offre à tous cette année.

Les projections retracent les évènements les plus marquants de l’année écoulée. Chaque diffusion commencera par une chronologie ; puis abordera différents sujets, points de vue et évènements. Ainsi, la première journée sera consacrée aux mois de septembre et octobre 2019 ; quand la dernière projection reviendra sur l’été 2020. Photo de Une © Mancini Karl.

♦ Une série d’hommages

Traditionnellement, les cérémonies nocturnes sont l’occasion d’hommages à différentes personnalités. Le premier sera consacré à l’ancien Président de la République française Jacques Chirac qui s’est éteint le 26 septembre dernier. Honneur sera également rendu à Roland Michaud, photographe français décédé le 25 mai 2020. Il était connu pour sa série de reportages sur l’Afghanistan dans les années 1960. Avec son épouse, il avait parcouru de nombreux pays ; l’occasion de découvrir les paysages et les traditions, et de les partager grâce à ses clichés.

Paul Fusco sera le dernier hommage de cette édition de Visa pour l’Image. L’organisation du festival s’intéressera à sa série intitulée « Le train funéraire de Robert F. Kennedy » ; des clichés d’anonymes américains massés pour voir passer le convoi qui transportait la dépouille de Robert Kennedy.

♦ Du combat des sans-papiers au mouvement Black Lives Matter

Comme chaque année, des conflits ont rythmé la vie des populations à travers le monde. C’est le cas de l’Irak qui a connu six mois de contestation sociale et de violente répression. Janne Körkkö délivre une sélection de portraits d’hommes abîmés par la guerre ou prêts à se rebeller avec les moyens du bord.

À découvrir également un diptyque sur le combat des sans-papiers et les luttes sociales en Belgique. John Vink a choisi le noir et blanc pour ses photographies « pour que le lecteur soit certain qu’il est occupé à regarder une photo ». Le photographe souhaitait redonner aux migrants le droit à la parole. Deux sujets traiteront de la violente crise sociale qui a frappé le Chili en octobre 2019.

Le mouvement Black Lives Matter créé après la mort de George Floyd aux Etats-Unis fera l’objet d’une projection. Différents clichés permettront d’observer ces semaines de manifestations contre les violences policières et le racisme.

♦ Les conséquences des changements climatiques 

Autre sujet très important, l’écologie. Alessandro Penso est connu pour avoir suivi le parcours des migrants à travers l’Europe. Pour cette 32e édition de Visa pour l’Image, il a choisi de montrer son travail consacré au recyclage des déchets plastiques en Ethiopie.

Siegfried Modola a voulu mettre en lumière une autre facette de Kaboul : celle d’une ville parmi les plus polluées au monde. Les clichés laissent deviner des afghans à l’hôpital ; non pas pour des blessures de guerre, comme souvent, mais pour des pathologies liées à la pollution. Avec le projet Amer, le collectif ARGOS s’est penché sur les catastrophes écologies notamment sur la surpêche et le réchauffement climatique ; une façon de dénoncer la privation de ressources pour des millions de personnes.

♦ Covid-19, Ebola, autisme et toxicomanie – La santé physique et mentale

Comment ne pas parler de 2020 sans revenir sur la Covid-19 ? Une projection reviendra sur cette pandémie toujours très présente sur la planète. Celle-ci a d’ailleurs fait de l’ombre au virus Ebola, qui sévit toujours en République Démocratique du Congo, ainsi qu’à la rougeole qui a fait plus de 7.000 victimes en 2019. Avec leurs séries de photographies, Hugh Kinsella Cunningham, Caroline Thirion et Alexis Huguet nous rappellent que ces épidémies sont toujours présentes.

Lynn Johnson partage les clichés de sa série « Vivre sous le spectre de l’autisme ». La photographe souhaite délivrer un message d’espoir en montrant un autre visage de ces personnes atteintes de troubles autistiques. Deux sujets permettront de découvrir la prise en charge de la toxicomanie et de la maladie mentale en Iran. Les photographes ont choisi de montrer ce qui est tabou et qu’on préfère ne pas dévoiler aux yeux de tous.

♦ Des projections en salle obscure à l’Institut Jean Vigo

Dans le cadre de notre partenariat avec VISA pour l’image, l’Institut Jean Vigo projette une série de films documentaire.

  • Le 1er septembre, Alice Odiot présente Des hommes ; un documentaire en immersion à la prison des Baumettes de Marseille. Issue du milieu journalistique et documentaire, la lauréate du Prix Albert Londres s’intéresse au monde du travail ; mais aussi aux dérives du capitalisme et au milieu carcéral.
  • Le 3 septembre, l’Institut recevra Mariana Otero, une réalisatrice sur les traces du grand photoreporter disparu avec le documentaire Histoire d’un regard, À la recherche de Gilles Caron. Mariana Otero a réalisé des documentaires pour Arte, a travaillé sur les méandres du fonctionnement de la télé portugaise, et a suivi les manifestations Nuit Debout…

Entre journalisme et cinéma, ces deux réalisatrices rendent compte des questions qui traversent notre société actuelle ; filmant, au plus près, les individus pris dans ses rouages.

♦ Programme journalier des projections Visa pour l’image 2020

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