Visa pour l’image 2019 – Morceaux choisis des soirées projections au Campo Santo et à l’Archipel

LECTURE

Depuis plus de 30 ans, le festival international de photojournalisme vous évoque une vingtaine d’expositions. Mais ce sont aussi 6 soirées de projections. Pour chacune, Jean-François Leroy, fondateur du festival, et ses équipes préparent la rétrospective de l’année écoulée, traitant 2 mois par soirée. Ensuite, plus de 70 photoreportages défilent sur grand écran pour retranscrire le monde via le boîtier des reporters d’images.

Une facette de l’homme que parfois nous ne voulons plus voir. Le monde vit encore et toujours au rythme des crises, des changements de société, des guerres. Et le festival montre toute cette noirceur. Mais Visa pour l’image, ce sont aussi de belles rencontres mises en lumière sur le grand écran du Campo Santo. Comme celle de Guillaume Nery, “L’homme qui marche sous l’eau” (image à la UNE), sous l’objectif de Franck Seguin. Ou encore ce reportage sur l’après-Mandela en Afrique du Sud, par Ilvy Njiokikyjien. Voici la sélection de notre rédaction.

♦ L’over tourisme à Barcelone par Tomás Abella

Basé à Barcelone, ce photojournaliste choisit de montrer le tourisme de masse dans la capitale catalane. Ce phénomène relativement récent a bénéficié, entre autres, des tarifs des compagnies aériennes low coast ou encore de la volonté croissante des classes moyennes désireuses de vivre l’expérience du voyage. Le boom touristique de Barcelone en a fait la quatrième ville la plus visitée d’Europe (après Londres, Paris et Rome).

Au cours des 25 dernières années, le nombre de touristes s’est multiplié par vingt. Atteignant 30 millions de visiteurs en 2017, pour 1,6 millions d’habitants. Aujourd’hui, Barcelone est une destination touristique de masse de premier ordre au niveau mondial. Barcelone y a peu à peu perdu de son authenticité au profit de cette manne financière apportée par les tours opérateurs et autres croisiéristes.

Les habitants ont vu croître le nombre des appartements touristiques encouragés par les plateformes du type Airbnb. Et la spéculation immobilière a rendu les loyers inaccessibles pour une grande partie de la classe populaire, entrainant même des expulsions en nombre. Signe du ras-le-bol des habitants, il n’est pas rare de croiser aux balcons des quartiers les plus touristiques de nombreuses banderoles exigeant la fin de ces appartements touristiques.

Le photo reportage « J’aime Barcelone » de Tomás Abella a pris pour décor 12 quartiers de Barcelone, dont Ciutat Vella, Gràcia, L’Eixample et Sants-Montjuïc.

♦ Le nationalisme blanc vu par Anthony Karen

Anthony Karen est un photojournaliste basé à New York. Sa passion pour la photographie a commencé en Haïti, où il continue de documenter divers rituels et pèlerinages vaudous à travers le pays. Au fil des ans, Anthony a travaillé sur plusieurs projets à long terme, y compris une documentation exhaustive des séparatistes blancs. En 2019, Anthony Associate a produit le documentaire « Ku Klux Klan en pasaporte Pampliega » pour un média espagnol.

Un documentaire où l’on apprend qu’aux Etats-Unis, il existe aujourd’hui pas moins de 900 entités de suprématismes blancs. Ces collectifs qui pensent que la race* blanche est supérieure aux autres. Le Ku Klux Klan est l’un des plus connus, mais aussi l’un des plus fermés. Anthony Karen a pu infiltrer ces groupes. Groupes dont les membres posent devant son objectif, persuadés du bien fondé de leur démarche. À l’heure de la multiplication de ces organisations qui alimentent le rejet des minorités, où pas un jour ne passe sans que le discours de haine de l’étranger ne soit à la UNE des médias, ces visages souriants et fiers d’arborer les symboles nazis font froid dans le dos. Reportage complet sur le site d’Anthony Karen.

♦ Les inégalités vues du ciel par Johnny Miller

Le projet de Johnny Miller cherche à montrer les inégalités dans notre tissu social. Parfois difficiles à concevoir au niveau du sol, il a choisi de les révéler grâce à l’image aérienne. Les barrières visuelles, y compris les structures elles-mêmes, nous empêchent de voir les incroyables contrastes qui existent côte à côte dans nos villes”. Pour le photojournaliste, la technologie du drone permet de montrer les cicatrices dans notre tissu urbain, si apparentes d’en haut… 

Johnny Millet cherche à défier les gouvernants, les pouvoirs en place qui selon lui cachent ces inégalités. Ces images peuvent provoquer un sentiment de peur, d’inconfort, de désespoir, voire même une prise de conscience d’une certaine complicité. Il s’agit du but recherché et assumé par le photographe.

Mais Johnny Miller s’interroge également sur le volet “éthique” de l’image aérienne. Le drone éloigne le photographe et le spectateur de la photographie, physiquement et mentalement”. Il s’interroge et interroge aussi devant la démocratisation de cette technologie : Qui devrait avoir accès à l’espace aérien et à la technologie des drones ? Les images de drones sont-elles fondamentalement différentes d’une image Google Earth ou d’une carte imprimée ?”

Découvrir le projet complet sur le sit Unequal Scènes

♦ Catalogne, des paysages en lutte par Tino Soriano

En 2017, la votation organisée par la région catalane contre l’avis de l’Espagne a conduit la crise catalane à son paroxysme. Depuis, 12 responsables politiques et civils catalans sont en prison et une partie des Catalans a choisi de montrer son soutien à ceux qu’ils qualifient de prisonniers catalans, en prenant pour décor le paysage. Le photojournaliste a choisi cet angle pour illustrer la lutte entre deux idées qui déchirent les Catalans en deux camps qui ne dialoguent plus. Voir le reportage complet sur le site de Tino Soriano.

♦ Tout savoir sur les projections de Visa pour l’Image

  • Les projections sont gratuites et ouvertes à tous
  • Elles se tiennent au Campo Santo du 2 au 7 septembre à partir de 21h30 précises
  • À partir du 4 septembre, le théâtre de l’Archipel retransmet en direct les soirées du Campo Santo
  • Le programme de chacune des soirées est susceptible d’être modifié. Il sera définitif et dévoilé le jour même de la projection
  • Le Visa d’or Paris Match News, le Visa d’or Magazine, ainsi que le lauréat du Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik et du Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine sont remis lors des soirées de projections

*Le concept de race pour l’être humain n’a aucun fondement scientifique. Depuis le milieu du XXème siècle, le consensus scientifique rejette l’existence d’arguments biologiques qui pourraient légitimer la notion de race (source Wikipédia)

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