Visa pour l’Image Perpignan | Ce qui change pour l’édition 2020 du festival

L’édition 2020 du festival de photojournalisme a été totalement repensée. Pour se maintenir, l’évènement a dû s’adapter aux contraintes sanitaires, voir plus petit physiquement ; mais plus grand virtuellement. Une façon « de perturber la routine » comme l’a toujours fait Jean François Leroy, fondateur et organisateur de Visa pour l’Image, depuis 1988 à Perpignan.

♦ « Visa pour l’Image 2020 aura donc bien lieu »

C’est ce que nous transmet Jean-François Leroy. Beaucoup de chance, certes, mais beaucoup de volonté pour maintenir un festival en pleine crise sanitaire. D’après les organisateurs, cette “bonne fortune” vient de la date de rendez-vous.

« Nous réalisons à quel point notre position dans l’agenda – cette première semaine de septembre que les parents nous ont si souvent reprochée – nous est cette année favorable. D’autres n’ont malheureusement pas eu cette chance.»

Par exemple, les fameuses Rencontres d’Arles qui devaient se tenir aux mois de juillet, août et septembre ont été annulées.

♦ 3 lieux pour 20 expositions et 2 week-ends de rattrapage fin septembre

À Perpignan, le nombre total d’expositions n’a été que très légèrement réduit. De 23 en 2019, il passe à 20 cette année ; les “petits lieux” tels que l’Hôtel Pams, le théâtre de l’Archipel ou les Palais des Corts n’accueilleront aucune exposition en 2020.

Le travail des photographes a été réparti sur trois lieux : l’Église des Dominicains qui accueille 3 expositions, la Caserne Gallieni qui hérite du travail de la presse quotidienne, et le Couvent des Minimes, cœur de cette édition 2020.

En 2020, Visa pour l’Image jouera les prolongations sur ses expositions en proposant deux week-ends de rattrapage : les 19 et 20 septembre sur l’ensemble des lieux, les 26 et 27 septembre au Couvent des Minimes uniquement.

♦ Deux expositions consacrées à la pandémie Covid-19

L’épidémie de Covid-19 sera bien entendu représentée durant le festival. Deux expositions lui sont consacrées. « Pandémie(s) » regroupe différentes approches de photojournalistes à travers le monde ;  comme un premier tour d’horizon de cette crise dont les tumultes continueront d’agiter le «monde d’après » bien au-delà de sa lointaine résolution.

Si la crise sanitaire est globale, la seconde exposition se focalise sur la ville de New-York ; un journal de bord de trois mois sur les héros et victimes du quotidien. L’actualité de l’année sur tous les continents sera aussi évoquée : guerres, crises, politique, insolite, sport, culture, science, environnement…

♦ Les projections diffusées en ligne … et en journée à la Chapelle La Funeraria

Chaque soir de la première semaine, le festival proposait gratuitement des projections au Campo Santo – proposant un cadre exceptionnel au public avec la Cathédrale Saint Jean Baptiste en toile de fond – et depuis quelques années au théâtre de l’Archipel. Cette année, tout se passera en ligne sur le site de Visa pour l’Image. Mais la Chapelle La Funeraria, au coin du Campo Santo, diffusera également en boucle les projections du soir.

L’entrée est libre pour 100 places maximum (port du masque obligatoire) ; du lundi 31 août au dimanche 6 septembre de 10h à 23h, du lundi 7 au dimanche 13 septembre de 10h à 20h.

Les projections de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2019 à août 2020. Chaque projection débute par une « chronologie » retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits ; ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des « rétros » ; retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire.

♦ Les conférences et lectures de Portfolio délocalisées en ligne

Habituellement, les visiteurs du festival assistent aux conférences et tables rondes dans la salle Charles Trenet au Palais des congrès. Ces conférences permettent des échanges entre le public et un photoreporter sur son travail. Les tables rondes éveillent l’audience autour de thèmes liés à l’actualité. Au rythme de 3 par jour, durant la semaine professionnelle, ces rendez-vous se feront virtuellement. Pour l’heure, aucun programme ou noms des intervenants n’a été communiqué. 

Pour de nombreux photoreporters, l’événement est aussi l’occasion de présenter leurs travaux à des professionnels lors des lectures de portfolios. L’ANI, Association Nationale des Iconographes, déploie chaque année des membres professionnels de l’image au Palais des Congrès pour conseiller, orienter, et proposer des angles de réflexions sur les sujets. Des iconographes de nombreuses grandes rédactions, comme National Geographic, The Washington Post, CNN, sont également présents. Cette année, ce rendez-vous incontournable ne pourra pas avoir lieu au Palais des Congrès. Mais les membres de l’ANI et les iconographes participeront à des lectures de portfolios en ligne.

♦ Les Perpignanais au rendez-vous de l’édition ?

Présent depuis plus de 30 ans, Visa entame un virage numérique, demandé depuis de nombreuses éditions, en raison de la crise actuelle. Le festival a également réussi son challenge de maintenir le support physique dans les lieux emblématiques de Perpignan.  

Le festival a tendance à mettre en avant l’impact d’un évènement tragique sur une population qui doit alors s’adapter. Aujourd’hui, pour la première fois depuis plusieurs décennies, un cas de force majeure et mondial a eu une incidence soudaine sur la vie des Perpignanais. Cette édition impliquera–t-elle plus ces habitants ?

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances