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Revirement à Cabestany : Jean-Pierre Brazès se retire pour laisser place à un duel RN / Communistes

Article mis à jour le 19 mars 2026 à 15:47

Décidément les municipales à Cabestany ne ressemblent à aucune autre. Après de multiples polémiques et alors que les listes pour le deuxième tour étaient déposées, la triangulaire se transforme en duel ce jeudi 19 mars. Le bastion communiste fait désormais face à une seule liste d’extrême droite. La maire sortante Edith Pugnet réagit et évoque un climat délétère. Photo d’ouverture : Olivier Mas-Boubay,candidat RN.

Quatre listes briguaient la ville tenue depuis près d’un demi-siècle par des édiles communistes. Celle de Jean-Pierre Brazès a été investie puis désinvestie par le RN, en raison notamment de proximités avec Reconquête et Yvan Benedetti, figure de l’ultra droite. D’autres polémiques ont plus tard porté sur cette liste, comme le partage de contenus xénophobes par des colisiters. Une nouvelle liste RN s’est donc mise en place avec le candidat Olivier Mas-Boubay, mais Jean-Pierre Brazès avait néanmoins décidé de se maintenir.

Au premier tour, la maire sortante Edith Pugnet est arrivée largement en tête avec 47,71 %, la liste RN d’Olivier Mas-Boubay avait atteint 23,74 %, celle de Jean-Pierre Brazès 20,01 %. La liste centriste d’Eric Poupet ne s’était qualifie pas pour le second tour, plafonnant à 8,53 %.

L’échec de la fusion entre l’ex-RN et le RN

La triangulaire était donc de mise, et les trois listes qualifiées s’étaient maintenues sans alliance pour le second tour. Dans cette configuration l’élection semblait très favorable à la maire sortante. Mais ce jeudi 19 mars, Jean-Pierre Brazès décide finalement de se retirer. En raison de la révélation des publications racistes de ses colistiers par Made in Perpignan, il nous a indiqué ne plus souhaiter s’exprimer.

Olivier Mas-Boubay, en revanche évoque des tractations jusqu’à la dernière minute. « La discussion a porté sur la fusion des deux listes. M. Brazès nous a sollicités, nous avons fait une contre-proposition. »

Sans attendre la fin des discussions Jean-Pierre Brazès dépose néanmoins sa liste. Entre temps sa demande de fusion échoue. Deux jours plus tard, Jean-Pierre Brazès change d’avis. En se retirant, il appelle à « faire barrage à la liste conduite par Madame Edith Pugnet ». Il déplore avoir été « la cible d’attaques et de comportements que nous regrettons profondément. »

Même en supposant un report des voix d’une liste sur l’autre, Edith Pugnet resterait légèrement en tête. C’est pourquoi Olivier Mas-Boubay compte sur les près de 40 % d’abstentionnistes pour faire basculer le rapport de force. « Le salut pour la liste viendra des abstentionnistes. Beaucoup attendaient de voir les résultats du premier tour. » Olivier Mas-Boubay imagine aussi un basculement de la ville vers le RN qui aiderait dans les relations avec la Communauté urbaine, dont la ville centre, Perpignan, est du même parti. Dans tous les cas, c’est une page de l’histoire de la commune qui se jouera dans les urnes. La ligne politique PCF menacée est en place depuis 1977, date de l’élection du maire Jean Vila.

Edith Pugnet : « c’est un niveau bac à sable »

Contactée, la maire sortante Edith Pugnet réagit sur cet enchaînement de coups de théâtre. « Le désistement nous a mis en difficulté administrative, il nous a fallu des écrits pour retirer les assesseurs et les bulletins. » Pour elle la division des deux listes adverses était une façade. « Je me mets à la place des électeurs, ils doivent être sidérés. C’est un niveau bac à sable. » Elle dénonce un climat délétère avec ces derniers temps des graffitis qui nationalisent les polémiques, comme l’apparition de tags sur l’affaire Quentin Deranque ou des croix gammées.

Par ailleurs Edith Pugnet mentionne diverses pressions du RN qui ne seraient pas étrangères au désistement de Jean-Paul Brazès. « Ce matin Louis Aliot était au centre-ville de Cabestany pour tracter en personne pour Olivier Mas. » Louis Aliot communique ce déplacement et ce soutien sur ses réseaux sociaux, appelant à « voter patriote contre les communistes ». Sur le duel à venir, la maire sortante se dit plutôt sereine. « On continue de vivre dans un village où les gens se connaissent, s’entraident. On a fait le travail. À Cabestany on a une population qui réfléchit. Ces magouilles, au bout d’un moment, ça écœure les habitants. »

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