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« Demandez Angela » : dans les Pyrénées-Orientales, le dispositif pour s’abriter des agressions est relancé

Après une première expérimentation il y a quelques années, le syndicat de l’hôtellerie et de la restauration UMIH 66 relance le dispositif Angela de manière renforcée. Il s’agit de bars, restaurants et autres établissements formés pour sécuriser des personnes, le plus souvent des femmes, victimes de harcèlement ou agressions. Symbole de la mesure, le mot de passe « Angela » pour se signaler sans devoir expliquer longuement une situation.

« Demandez Angela » est une initiative née dans une région anglaise en 2016. Un pub a proposé aux femmes qui se sentent en insécurité de demander aux barmans « où est Angela ? » afin d’être isolée et prise en charge. Ce prénom aurait été choisi pour sa facilité à être prononcé dans plusieurs langues. Par la magie des réseaux sociaux, l’idée s’est répandue en Grande-Bretagne avant d’atterrir en France en 2017. En 2020, la ministre en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, l’intègre à un réseau national de « lieux sûrs ».

D’un pub anglais à un macaron français

Parfois avec le soutien de collectivités, syndicats ou associations, des établissements ont ainsi arboré des macarons « Ici demandez Angela » sur leur vitrine. Une enquête de France Inter évoque une utilisation assez marginale mais un sentiment de sécurité accru.

Ce dimanche 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le dispositif est relancé sur les Pyrénées-Orientales avec cette fois la participation de la préfecture et de la FDAC (Fédération des Acteurs du Commerce). « À ce jour une trentaine de professionnels participent » explique Brice Sannac, président de l’UMIH 66.

« L’idée est de profiter de nos maisons qui sont ouvertes 7 jours sur 7, et pour beaucoup d’entre elles sont la première lumière allumée le matin et la dernière le soir. Elles ont un impact qui permet de jouer un rôle dans la société. »

Le rendez-vous tourne mal, elle s’adresse à un bar de plage

Une personne agressée, suivie ou harcelée évoquant Angela auprès du personnel sera aussitôt mise à l’abri. Pour Brice Sannac, il ne s’agit pas que de harcèlement de rue, mais aussi d’avoir un lieu sûr pour échapper également à des violences familiales. L’établissement adhère a une charte et est formé à cette prise en charge. « Ensuite on appelle directement les forces de l’ordre » explique le président du syndicat. Il indique n’avoir eu que deux ou trois retours d’utilisation effective sur la poignée d’établissements concernés à ce jour. En particulier sur un bar de plage des Pyrénées-Orientales, où une jeune femme s’était réfugiée suite à un rendez-vous qui tournait mal. Elle a aussitôt été isolée le temps d’appeler la police.

Ce qui prime est aussi de rassurer. Monique Hernandez, responsable du Collectif Droits des Femmes 66, confirme ce point.

« Le système n’est pas encore bien connu. Il faut voir le ressenti de sécurité quand on sait que ça existe, plutôt que l’utilisation réelle. Tout ce qui peut aider les femmes victimes de harcèlement est bon à prendre. C’est à rapprocher des points violets (zones de sécurité) mis en place par certains organisateurs d’évènementiel. Dans une société culturellement avancée, l’idéal serait bien sûr de ne pas en avoir besoin… »

L’UMIH espère développer largement « Demandez Angela ». « J’aimerais que tout le territoire soit maillé. Nous avons 700 adhérents. En le lançant à nouveau en grande pompe, on espère qu’on va bien augmenter. » Il rappelle néanmoins que même en l’absence de macaron, les établissements du secteur savent souvent fournir de l’aide. « Il ne faut pas oublier que nos métiers sont des métiers d’accueil et de bienveillance. Il y a une empathie. »

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