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« Hydroscopia » lancé depuis Canet-en-Roussillon : près de 2 millions d’euros pour sensibiliser à la sobriété sur l’eau

Article mis à jour le 23 janvier 2026 à 19:31

Ce réseau transfrontalier sur « l’avenir durable de l’eau », porté par la ville de Canet-en-Roussillon mais financé à 65 % par l’Europe à travers un Poctefa*, répond à un appel à projets sur le « tourisme régénératif ». Il sera lancé dès février 2026. Loin d’un dispositif contraignant, il s’agira surtout de pédagogie auprès des jeunes et des touristes.

Ce mercredi 21 janvier 2026, le préfet des Pyrénées-Orientales et les différents acteurs du projet se réunissent à l’aquarium de Canet-en-Roussillon pour présenter « Hydroscopia-Regen ». Universités – dont l’UPVD – et établissements scolaires du département et de Catalogne, collectivités des deux côtés de la frontière, Maison de l’Eau et de la Méditerranée du Boulou comptent parmi les signataires.

Le parc d’attractions Hydroscope, projet avorté des Pyrénées-Orientales, donne son nom à l’initiative encore très floue

L’enveloppe grimpe à 1,9 million d’euros, dont 65 % de financements via un Poctefa Interreg, programme transfrontalier de l’Union Européenne. Pour Nicolas Fabre, directeur général des services de Canet-en-Roussillon, l’idée était de faire renaître le vieux projet « Hydroscope » conçu par l’hydrogéologue Henri Salvayre, décédé en 2022. Ce parc d’attractions et de recherches autour de l’eau avait été imaginé dans les années 1990 au nord de Perpignan, sur le modèle du Futuroscope de Poitiers. Il n’a jamais vu le jour suite à des querelles politiques. Mais qu’en reste-t-il ?

Le contenu d’Hydroscopia demeure imprécis. Pas de structure physique. Il est évoqué la gestion durable de l’eau, l’attractivité touristique, la résilience ou encore des parcours éducatifs et des expositions. Mais comment va se traduire concrètement cette incitation à la résilience ? La coordinatrice du projet Herminia Andreu i Aparicio évoque la consommation d’eau induite par le tourisme. « 80 % de la dépense en eau dans un hôtel, ce sont les douches. » Se doucher en consommant moins d’eau pourrait être l’une des recommandations. « On peut arriver à trouver des solutions avec de petites start-up. Il faut aller plus loin que le tourisme durable, il faut une gestion du tourisme. »

Former les futures générations à l’économie d’eau

Autres pistes, inciter à la redistribution des flux touristiques, vers l’arrière-pays par exemple. Ou encore rappeler l’intérêt patrimonial de l’eau à nos visiteurs. Plutôt que des panneaux ostentatoires, elle évoque des QR-codes sur divers sites, menant à un site internet informatif. « On est sur la sensibilisation. » Pour Nicolas Fabre « ce peut être aussi des actions vis-à-vis des familles, des écoles. » L’aspect ludique sera central avec une « gamification » des savoirs sur l’eau. Une valise pédagogique dématérialisée pourrait être conçue à l’intention des enseignants. « Ce sont des jeux pour apprendre. » La coopération avec le sud permettra aussi d’échanger les savoirs. Une plateforme internet réunissant les universitaires de part et d’autre pourrait intégrer Hydroscopia.

La matérialisation de ces pistes reste à affiner. « On est au début. » Le projet est prévu pour 3 ans du 1er février 2026 au 31 janvier 2029. Reste à voir si Hydroscopia aura vocation à s’étendre au-delà. « On va essayer de pérenniser. » Les financements seront la clé de la suite.

« On a toujours bien réglé ces sujets d’eau par une approche collective » commente le préfet Pierre Regnault de la Mothe. « Il n’y a jamais eu de guerre de l’eau dans les Pyrénées-Orientales et je souhaite d’ailleurs qu’il n’y en ait jamais. Avec ce projet Hydroscopia on continue à préparer durablement l’adaptation de nos usages, de nos pratiques et de notre regard sur l’eau. »

Tourisme balnéaire façon Club Med et sobriété sont-ils compatibles ?

L’arbitrage est délicat dans un territoire touristique comme les Pyrénées-Orientales. Comment financer des injonctions à la sobriété et au « tourisme régénératif », quand les institutions soutiennent dans le même temps un projet consommateur d’eau comme le Club Méditerranée du Barcarès, ou quand un golf se prépare à Villeneuve-de-la-Raho ? Pour le préfet, interpellé sur la question, c’est loin d’être incompatible. « On ne va pas renoncer à nos objectifs de développement économique » explique-t-il. « Mais on va faire en sorte que le développement de ces activités se fasse dans une approche plus responsable et plus sobre. »

S’agissant du Club Méditerranée, qui consommerait en eau autant que plusieurs milliers d’habitants, le préfet évoque une dimension d’économie nécessaire. « Peut-être qu’il faudra qu’il n’y ait pas de douches sur les plages. Il s’agira d’être économe sur la ressource en eau, les piscines… Par ailleurs cela répond aussi à des demandes de la clientèle. L’opinion publique est de plus en plus préoccupée par le changement climatique. » Il indique des groupes de travail pilotés par l’Etat pour préparer le projet du Barcarès.

 *Poctefa : Programme européen de coopération transfrontalière destiné à promouvoir le développement de territoires français, espagnols et andorrans.

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