Ce 8 janvier 2026, le journal L’Empaillé défendra devant les juges perpignanais sa position vis-à-vis de Philippe Rouch*, directeur de la police municipale. Au-delà du fond sur « l’injure publique » ou « le droit d’informer », l’avocat du journal qualifie la plainte du directeur de la police de Perpignan de « procédure bâillon ». Le média indépendant appelle à une manifestation de soutien devant le tribunal le 8 janvier à 13h.
Pour rappel, après la publication d’un article du journal L’Empaillé intitulé « Purge sur la ville », le chef de la police locale avait déposé une plainte en janvier 2024 pour « injures publiques » à l’encontre du directeur de la publication, Simon Grysole, alias Émile Progeault. Le journal qualifiait Philippe Rouch de « caïd de la police nationale parisienne », évoquant, notamment, des opérations de saisie de drogue médiatisées.
L’objectif de la procédure est de « mettre des bâtons dans les roues »
Si l’audience qui devait se tenir en octobre a été reportée, le journal a déposé une requête pour dénoncer ce qu’il estime être une « action abusive » et « une instrumentalisation du droit d’agir en justice ». En clair, il s’agit, selon l’avocat du journal, de faire « peser une charge financière, psychologique et procédurale sur la personne poursuivie afin de la dissuader de participer au débat public ».
Lors du report demandé par Philippe Rouch, l’équipe du journal avait déclaré : « Cette procédure nous coûte en temps et en énergie, mais nous ne baissons pas les bras. » Depuis cette date, le journal a donc lancé une requête pour réclamer les frais de justice restés à sa charge.
Contacté, Yann Bureller de L’Empaillé confie, « cette procédure nous prend du temps, de l’énergie et nous laisse un caillou dans la chaussure. Et cela perturbe vraiment la vie du média. » Pour le journaliste, l’objectif de la procédure est de « mettre des bâtons dans les roues » des médias pour les dissuader d’informer.
« Injure publique » ou « droit à l’information », le juge se penche sur le fond
Les juges du tribunal correctionnel devraient statuer s’il y a lieu ou pas de considérer le mot « caïd » comme une injure publique ou pas. Pour le plaignant, l’expression porterait atteinte à son honneur et à sa réputation. De son côté, la défense plaide la relaxe pure et simple. L’avocat de la défense, Octave Nitkowski, invoque le droit à l’information, le caractère critique de l’article et la liberté d’expression dans le cadre d’un média satirique et engagé. De son côté, Philippe Rouch demande 5 000 euros à titre de dommages et intérêts.
En 2025, le maire de Perpignan avait perdu contre le média Blast
Pour rappel, en mai 2023, le maire de Perpignan Louis Aliot avait porté plainte en diffamation contre le média Blast le souffle de l’info. Celui qui est aussi vice-président du Rassemblement national entendait « défendre l’honneur » de la police municipale de Perpignan. Dans un article intitulé « Contrôles au faciès, interpellations violentes, menaces : À Perpignan, la sale besogne de la « milice municipale » de Louis Aliot. », les forces de l’ordre municipales étaient qualifiées, entre autres, de « milice ». Le 4 avril 2025, les juges avaient débouté le premier magistrat de la ville de ses velléités à l’encontre du pureplayer.
*Contacté Philippe Rouch n’a pas répondu à nos sollicitations.
- À Perpignan, le journal L’Empaillé dénonce une « procédure abusive » menée par le directeur de la police municipale - 7 janvier 2026
- Chronique littéraire de Mare Nostrum : « Une jeune italienne », quand l’Histoire façonne les destins intimes - 5 janvier 2026
- Au revoir 2025, bientôt 2026 : La rétrospective en photos de Made In Perpignan - 30 décembre 2025
