Article mis à jour le 12 janvier 2026 à 20:58
Le maire RN de Perpignan est appelé à comparaître en qualité de complice de diffamation publique à l’encontre de l’avocat Ilyacine Maalaoui, le 9 février. Ce dernier avait été assimilé à « un défenseur de Daesh » dans un communiqué de la ville de Perpignan. Charles Pons, premier adjoint et Stéphane Babey, ancien directeur de cabinet, sont également poursuivis.
Les déboires judiciaires de Louis Aliot se multiplient. Le vice-président du RN est déjà mis en examen dans l’affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement Européen et jugé en appel cette semaine devant la cour d’appel de Paris. Il doit donc également comparaître dans une autre affaire le mois prochain. Louis Aliot a été notifié de sa convocation par huissier, le 6 janvier dernier.
L’ordre des avocats condamne vivement les propos
Tout commence en 2022, quand l’influenceur Nasdas s’intéresse à plusieurs baux commerciaux en plein centre-ville de Perpignan. Un projet auquel Louis Aliot était farouchement opposé et pour lequel l’influenceur est conseillé par Maître Ilyacine Maallaoui. Ce dernier a notamment défendu l’un des onze accusés dans le procès des attentats du 13 novembre 2015. Et c’est cet élément dont le maire de Perpignan, et vice-président du Rassemblement national, s’est emparé.
Via un communiqué de presse, diffusé sur la page Facebook de la ville et ses réseaux sociaux personnels, Louis Aliot fait l’amalgame entre l’avocat et celui qu’il a défendu : « L’influenceur Nasdas prend comme avocat un défenseur de Daesh ». Une polémique qui n’était pas passée, ni pour Me Maalaoui, ni pour l’ordre des avocats qui avait condamné les propos « avec la plus grande fermeté ». Immédiatement, Maître Ilyacine Maallaoui avait, via son avocat Octave Nitkowski, déposé plainte pour diffamation.
Dans cette affaire, Charles Pons, premier adjoint au maire de Perpignan, et Stéphane Babey, ancien directeur de Cabinet de Louis Aliot, sont également renvoyés devant la 17 ème chambre correctionnelle de Paris. Pour permettre à l’élu d’assurer sa défense, le conseil municipal de Perpignan lui avait, le 14 mai 2025, octroyé la « protection fonctionnelle ». Les honoraires du défenseur de Charles Pons sont donc pris en charge par la municipalité.
Des propos toujours en ligne
Dans cette affaire, Louis Aliot risque 12 000 euros d’amende. Et au-delà de cette sanction, la victime présumée, Ilyacine Maalaoui, demande à ce que les propos « diffamatoires » soient supprimés du site internet, de la page Facebook et du compte twitter de Perpignan. L’avocat réclame également que soit publié sur les supports de la ville un communiqué judiciaire. À titre de dommages et intérêts et pour « parfaire sa réputation », l’avocat demande enfin la somme de 10 000 euros au titre des dommages et intérêts.
La semaine (judiciaire) est décidément chargée pour Louis Aliot.
