Avec 2 500 postes à pourvoir, près de 200 entreprises présentes et 128 partenaires de l’orientation, de la formation et de l’insertion, le salon TAF de Perpignan s’adresse clairement à une jeunesse en quête de premier cap. Derrière les stands, les CV et les démonstrations de métiers, l’événement met en lumière les attentes d’une génération qui cherche à décrocher un premier job, une alternance, un emploi saisonnier ou simplement une première marche vers le monde du travail.
Au Parc des expositions de Perpignan, le salon TAF attire depuis quasiment 20 ans un public jeune, venu avec des attentes très concrètes. Si certains ciblent déjà une alternance, un emploi saisonnier ou une formation, d’autres cherchent surtout à mieux comprendre les débouchés possibles et les exigences du monde professionnel. Pour beaucoup, l’événement marque une première confrontation directe avec les recruteurs, les filières qui embauchent et les réalités du marché de l’emploi local.
Un rendez‑vous clé pour s’orienter dans un marché de l’emploi compliqué
Dans les Pyrénées-Orientales, l’accès à l’emploi demeure un enjeu structurel majeur. Au troisième trimestre 2025 selon l’INSEE, le taux de chômage départemental chez les jeunes (18-25 ans) s’est établi à 12,2 %, bien au‑delà de la moyenne nationale (7,7 %) et de la moyenne régionale d’Occitanie (9,2 %), témoignant d’une fragilité persistante du marché du travail local. Ce salon est un moment important pour les jeunes sans expérience ou au début de leur parcours. Mais cette mobilisation montre aussi que trouver un premier emploi ou une formation reste difficile. Dans le département, le chômage élevé rend la situation encore plus compliquée pour les jeunes.
Pour de nombreux jeunes présents, la recherche d’emploi ne se limite pas à déposer un CV. L’objectif est aussi d’obtenir des informations précises sur les métiers porteurs, de rencontrer des interlocuteurs capables de les aiguiller vers une formation adaptée ou de trouver une piste d’alternance qui puisse déboucher sur un contrat stable. Cette diversité d’objectifs reflète la variété des trajectoires envisagées par les candidats.
« Depuis quelques années, on voit qu’il y a de plus en plus de jeunes qui viennent au Salon TAF. Que ce soit pour un CDI, un CDD ou même un emploi saisonnier, on a voulu rapprocher grâce à la Région Occitanie la relation de confiance entre le recruteur et le futur employé et faire même découvrir d’autres métiers. » explique Valérie Bertrand-Valls, chargée de mission entreprises à France Travail.
Des filières qui peinent à recruter
Certaines filières, comme la restauration, l’animation ou les services à la personne, font figure d’écueils et demeurent moins accessibles pour une première expérience, tandis que d’autres secteurs requièrent des qualifications ou des approches plus spécialisées. Dans tous les cas, l’événement sert de plateforme d’apprentissage pour une jeunesse parfois peu familiarisée avec les rituels du recrutement, les attentes des employeurs ou les nuances entre différents types de contrats. Pour William Schmied, patron du restaurant Au Sang et Or au Barcarès, les profils attendus pour être cuisinier, commis de cuisine ou encore serveur doivent être sérieux.
« Je recherche des gens qui sont compétents », argumente-t-il en se souvenant d’une mauvaise expérience passée avec une commise de cuisine. « Au bout de 2 mois, elle est partie mais comme j’ai fait signer un CDD de quatre mois, j’ai dû la payer juillet, août, septembre et octobre. Depuis, je ne recherche plus que des profils adaptés. »
