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Décrochage scolaire : l’Ufolep reconstruit l’estime des jeunes grâce au sport

La Ligue de l’enseignement et l’Ufolep des Pyrénées-Orientales forment chaque année des dizaines de personnes de 16 à 25 ans à l’animation sportive. À travers l’apprentissage de l’éducation sportive et l’obtention d’un diplôme, ces jeunes souvent éloignés du parcours scolaire classique reprennent confiance. Un coup de pouce non négligeable pour l’insertion.

Cet article a été écrit dans le cadre de « Perpignan Stories » par Enzo Denis et Victor Durnez Boyer, accompagnés par la ligue de l’enseignement 66 . « Perpignan Stories » est un projet initié par Made In Perpignan en septembre 2025. Depuis, une vingtaine de jeunes ont découvert les rouages du journalisme dans notre rédaction. Ils et elles ont réalisé le reportage de leur choix, à l’écrit et en vidéo.

Grâce au soutien de Journalismfund Europe, Made in Perpignan met en avant les histoires qui inspirent ces jeunes souvent éloignés de l’information et peu représentés dans les médias.

« J’ai découvert d’autres débouchés qu’à l’école. » Inès, 21 ans, est en formation d’animatrice sportive au sein du certificat de qualification professionnelle (CQP) porté par l’Ufolep et la Ligue de l’enseignement 66. Les deux mouvements promeuvent l’éducation physique pour tous et l’éducation populaire. Depuis septembre, une vingtaine de jeunes des Pyrénées-Orientales s’y forment. Une voie de diplôme en dehors du cadre scolaire pour travailler dans l’animation. « Le CQP offre une variété de débouchés. On peut tout aussi bien entrer dans une crèche que dans un Ehpad », explique le vice-président de l’Ufolep, Jacques Moran. Inès, elle, veut travailler à l’étranger, comme animatrice au sein de clubs de vacances.

La certification s’adapte à des jeunes éloignés du système scolaire

« Le CQP est accessible, poursuit Jacques Moran. On exerce dans le cadre de la solidarité et d’une aide apportée aux jeunes. La plupart ont un problème vis-à-vis de leur confiance en eux et font face à divers freins pour entrer dans une formation classique. »

La formation de l’Ufolep s’adapte à ces obstacles. Déjà en y consacrant plus de temps. La plupart des centres de formation proposent une formation de deux jours par semaine. À Perpignan, quatre jours hebdomadaires permettent de combiner un apprentissage lié aux évaluations et un accompagnement adapté aux cas particuliers. En plus du sport au quotidien, des ateliers de théâtre, par exemple, visent à travailler l’estime de soi. « On ne peut pas être empathique et aimer s’occuper des autres si on ne s’apprécie pas soi-même », revendique Jacques Moran.

Une formation gratuite pour un nouveau coup d’envoi

Les jeunes sont souvent orientés par la Mission locale jeunes (MLJ). « J’ai fait une journée d’essai parce que je voulais travailler dans le sport, raconte Victor. Je m’y suis plu, je suis resté. C’est une formation que je trouve très complète. » Attitudes, gestion d’un groupe, composition d’une séance, les jeunes en formation se construisent un bagage de compétences. « On crée des cycles d’entraînement, avec des objectifs de séances », détaille Enzo. Il a quitté son apprentissage en coiffure pour le CQP. « J’ai toujours fait des sports de combat et du MMA. On m’a proposé cette formation pour pouvoir devenir entraîneur. Ça m’a donné des idées pour créer des séances évolutives et construites. » La formation est gratuite, et la plupart des jeunes sont rémunérés par le biais de la MLJ ou touchent le RSA pour les plus de 25 ans.

« Un diplôme, c’est valorisant »

L’option que propose l’Ufolep des Pyrénées-Orientales se concentre sur les jeux d’opposition (lutte, boxe…), les jeux sportifs (football, basket-ball, handball…) et les sports de raquette (tennis, ping-pong, badminton…). Une évaluation orale et un examen pratique permettent à terme de valider ou non la formation. « Le but est d’accéder à un diplôme pour l’insertion, explique Jacques Moran. Beaucoup de jeunes n’en ont pas. Le premier qu’ils ont eu, c’est, ici, le secourisme. C’est valorisant pour eux. »

En quelques mois, l’Ufolep raccroche des jeunes aux parcours scolaires souvent semés d’embûches. Au-delà du diplôme, et même si tous ne valident pas en bout de route, un groupe solidaire se crée. Certains reviennent même tenter leur chance malgré un redoublement, avec la conviction que l’échec et le rebond font partie du parcours.

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