Article mis à jour le 16 mars 2026 à 14:43
Après trois mandats à droite dans le sillon de Jean Castex, une situation inédite se profile dans la ville du Conflent. Le maire sortant Yves Delcor ne brigue pas de nouveau mandat. Trois listes sont qualifiées. Une alliance de deux d’entre elles pourrait l’emporter, mais le jeu va être serré.
Au regard des scores écrasants de l’ex-premier ministre dont il avait le soutien, on aurait pu s’attendre à une plus large avance du poulain de Jean Castex, Julien Audier-Soria. Portant une liste Divers droite, le jeune avocat est néanmoins en tête avec 46,58 % des suffrages exprimés.
Pas très loin derrière, la socialiste Aude Vivès suit avec 43,11 %, tandis que l’écologiste David Berrué passe la qualification avec 10,31 %. Une élection ne se résume jamais à un simple report des voix. Mais ces deux candidats inscrits comme « Divers Gauche » pourraient réunir ensemble assez d’électeurs pour battre Julien Audier-Soria. Les tensions sont palpables dans la semaine entre les deux tours. Les trois candidats ont répondu à Made in Perpignan.
Le soutien de Jean Castex « un honneur mais pas un blanc-seing »
S’il n’est pas élu au premier tour, Julien Audier-Soria se montre néanmoins satisfait. « C’est un score qui est plus que raisonnable. Je ne suis pas un politique installé, j’avais face à moi la vice-présidente du Département qui est en place dans le conseil municipal. »
Il reconnaît également que le soutien de Jean Castex « est un honneur, mais ça ne fait pas tout, ce n’est pas un blanc-seing. » Julien Audier-Soria compte à la fois sur les abstentionnistes et sur une dissolution des voix de ses adversaires, refusant de faire la simple addition de leurs scores. Il ne cache pas son agacement à l’idée d’une fusion des listes adverses. « Madame Vivès avait indiqué que sa liste était constituée, que ce serait la même pour le second tour. Une alliance enverrait un mauvais message. » Julien Audier-Soria indique qu’il compte profiter de la semaine pour mobiliser et prouver que son projet « est le meilleur, le plus concret. »
De son côté, Aude Vivès considère son résultat encourageant. « Il y a vraiment un espoir que Prades change, c’est majoritairement ce que les Pradéennes et les Pradéens nous ont exprimé hier. L’espoir est permis et la mobilisation est de mise pour que dimanche prochain, Prades prenne une autre direction. »
Elle évoque des courbes qui s’inversent avec une dynamique à gauche. Aude Vivès confirme qu’une rencontre est prévue avec David Berrué. « Il y a des marges de discussion » se contente-t-elle de déclarer, sans formuler à ce stade le mot de fusion ou d’alliance.
« Nous appelons à faire cause commune avec Aude Vivès »
David Berrué se montre de son côté plus explicite, considérant que la liste de droite a perdu le premier tour face à l’ensemble de la gauche. « On est satisfait d’avoir fait un score à deux chiffres » commente-t-il à propos de sa liste, mentionnant une reconnaissance « du travail sérieux fait pendant cette campagne » avec une forte dimension participative. Pour lui, l’union à gauche ne s’est pas faite avant le premier tour précisément à cause d’un reste des éclatements de 2020, quand le Covid a freiné les débats qui auraient pu gommer plus facilement les divergences. Mais il se montre clairement favorable à une alliance pour le second tour. « Nous appelons à faire cause commune avec Aude Vivès. L’adversaire c’est la majorité sortante et son nouveau candidat. »
Duel ou triangulaire ? Le dépôt des listes définitives ce fera ce mardi 17 mars à 18h. De ces configurations naîtra peut-être l’avenir municipal de Prades. Dans tous les cas, l’issue se jouera dans un mouchoir de poche.
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