Du duel au champ de bataille avec jusqu’à cinq listes qualifiées, les enjeux sont encore déterminants pour le second tour dans les Pyrénées-Orientales. Sur les 226 communes du département, il ne reste que 18 résultats à déterminer. Dans la grande majorité, trois listes sont encore en lice.
Des seconds tours mouvementés : jusqu’à 5 listes qualifiées à Rivesaltes
Un maire qui ne se représente pas aura suffi à diviser la ville. À Rivesaltes, les cinq listes candidates se sont qualifiées au premier tour. Le Rassemblement national arrive en tête, avec un peu plus de 30,85 % pour Julien Potel. Amélie Parraud, liste classée « divers » par la préfecture, arrive deuxième, avec 27,36 % des voix. Plus loin derrière, à gauche, Lauriane Rawcliffe obtient 16,90 % des voix et Joël Diago 10,08 %. Enfin, Bernard Cuadras, divers droite, récolte 15 % des suffrages. Un scrutin aux airs de liste de courses qui annonce un entre-deux tours musclé. D’ici ce mardi 17 mars 18 h, date de dépôt des listes pour le second tour, les candidatures peuvent fusionner, se maintenir telles quelles ou se retirer. Selon nos informations, des tractations sont déjà en cours pour une éventuelle fusion entre deux listes.
4 listes pour 400 habitants
Si Rivesaltes a la palme, d’autres sièges municipaux sont vivement disputés. C’est Formiguères qui crée la surprise. Dans ce village d’à peine plus de 400 habitants, l’exercice démocratique local a de beaux jours devant lui. Quatre listes se qualifient, 8 électeurs sur 10 sont allés voter. Stéphane Aggéri arrive en tête, suivi de près par Serge Vaills, autour des 30 %. Suivent Raymond Vilalta à 19,64 % et Philippe Bataille à 17,82 %.
Au Boulou aussi, quatre listes se qualifient. En tête Patrick Francés, divers gauche, avec 43,05 % des voix. Il est suivi de deux listes divers droite, chacune créditée de 20 % des voix. Le maire sortant François Comes n’arrive que 4ᵉ avec 15,05 % des voix. Claira aussi va devoir composer avec quatre listes pour le second tour. Le divers droit Marc Petit, maire sortant, arrive toutefois largement en tête avec 44,62 %. Michel Barbé, Angélique Sorli et Nathalie Denis Teruel suivent, avec entre 24,40 et 13,95 %. Le résultat est plus serré à Millas. En dehors de Joseph Olive, sans étiquette, qui récolte 32,38 % des voix, ses trois adversaires, Cécile Quintus, Jacques Garsau, maire sortant, et Olivier Senyarich sont au coude à coude autour de 20 %.
L’extrême droite peut-elle transformer l’essai ?
RN ou pas, plusieurs listes d’extrême droite sont encore en lice. À Canohès, Carla Muti, candidate du Rassemblement national, actuellement conseillère départementale, est en tête. Deux listes s’y opposent : Denis Fourcade, divers droite à 27,92 %, et Gilles Trilles, divers gauche, à 26,77 %.
Mais l’extrême droite avance aussi sous d’autres allures. À Cabestany, deux listes font face à la maire sortante communiste Edith Pugnet. Olivier Mas, investi par le RN, atteint les 23,74 % et il est suivi de près par Jean-Pierre Brazes, ancien candidat RN désinvesti en janvier dernier. Le parti s’est retiré en raison de la présence de personnalités trop radicales du parti Reconquête au sein de sa liste. C’est aussi la visite du militant nationaliste Yvan Benedetti à la permanence de campagne de Jean-Pierre Brazes et la présence de l’une de ses proches sur la liste qui a acté la scission. Deux de ses colistiers sont également épinglés pour des propos xénophobes publiés sur leurs réseaux sociaux. Si l’union des extrêmes droites paraît peu probable à Cabestany, Jean-Pierre Brazes a appelé à un rassemblement avec Olivier Mas dans une lettre ouverte.
« Seules 190 voix séparent nos deux listes. Ces chiffres montrent une chose simple : nos électorats sont proches, nos soutiens se rejoignent, et surtout ils partagent une même attente pour l’avenir de Cabestany », écrit-il.
À Elne aussi, l’extrême droite se passe de l’étiquette RN avec Steve Fortel qui arrive en tête du premier tour à près de 40 % devant André Trives, successeur du maire communiste sortant, et Marie-Ange Izquierdo. Le média Blast révélait il y a quelques mois son parcours au sein de l’ultradroite française, notamment du mouvement pétainiste du Parti nationaliste français, et sa proximité avec Yvan Benedetti, dont le nom se glisse à nouveau dans la campagne locale. Les tractations des listes adverses pour s’opposer à son élection seront donc particulièrement scrutées cette semaine.
Une flopée de triangulaires : les alliances au cœur de l’entre-deux tours
Plusieurs triangulaires se dessinent. Argelès-sur-Mer verra s’affronter les trois mêmes candidats qu’au premier tour, sauf désistement. C’est Julie Sanz, divers gauche, qui mène ce premier tour devant le maire sortant Antoine Parra. 42,34 % pour l’une, 35,91 % pour l’autre. La troisième liste, aussi classée à gauche, menée par Hélène Broc obtient 21,75 % des voix. À Saleilles, deux listes divers droite sont au coude à coude. Moins de 4 points séparent Fabrice Rallo, le maire sortant, de Jordi Delclos. Dernier candidat qualifié, José Cascales, divers centres obtient 15,08 % des voix.
Cette configuration à trois listes rejoue parfois les cartes de l’élection. A Prades, le poulain de Jean Castex arrive en tête avec 46,58 %, mais ce n’est pas suffisant pour se qualifier au second tour. Face à lui, deux listes : Aude Vives qui obtient 43,11 % des suffrages et David Berrué autour des 10,31 %. Contactés par Made In Perpignan, aucun n’exclut l’alliance. Alors duel ou triangulaire ? Réponse lors du dépôt des listes ce mardi.
Autre triangulaire possible à Ille-sur-Têt. Si le novice en politique Alain Fabresse arrive en tête avec 39,49 % des voix, Caroline Pagès et Claude Aymerich, divers gauche, le suivent de près autour des 30 %. C’est aussi le cas à Passa entre Laurent Girbau à 43,30 %, Céline Davesa à 34,36 % et Patrick Bellegarde à 22,34 %. À Saint-Génis-des-Fontaines, Jean-Claude Royo se qualifie en tête avec 42,70 % devant Nathalie Regond-Planas à 32,01 % et Laurent Counord à 25,30 %.
Un seul duel au second tour dans les Pyrénées-Orientales
Saint-Hippolyte n’a pas non plus éliminé de candidat au premier tour. Reste en lice Guillaume Mora à 41,47 %, devant la maire sortante Madeleine Garcia-Vidal à 37,68 % et Loïck Bailly à 20,85 %. À Saint-Laurent-de-la-Salanque, les accords idéologiques n’auront pas suffi. Trois listes divers droite se qualifient avec la maire sortante Laurence de Besombes-Singla à 38,69 %, Franck Sasot à 31,44 % et Laurent Gossard à 29,87 %. Enfin à Trouillas, Jean-Marc Bassaget a frôlé l’élection au premier tour en récoltant plus de 49 % des voix, mais fera finalement face à Pierre Fernandez et Laurent Corbacho, crédités respectivement de 35,30 % et 15,11 % des voix.
Il n’y aura donc qu’un seul duel ce dimanche 22 mars. À Maury, Alexandre Villa et Michel Guallar sont au coude à coude après avoir écarté Lola Beuze au premier tour, dernier vestige local de la politique du face-à-face.
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