Article mis à jour le 3 avril 2025 à 11:01
La Quinzaine du réseau des Élus pour Agir organise pendant deux semaines des événements pour faciliter la transition écologique. En Occitanie, cinq réunions ont été organisées, dont une ce mardi 1er avril centrée sur la mobilité durable. L’occasion pour l’ADEME et Perpignan Méditerranée Métropole (PMM) de présenter des solutions aux élus.
Selon Atmo Occitanie, 55 % des émissions de gaz à effet de serre de PMM proviennent des transports. Alors, assis dans l’amphithéâtre, une dizaine d’élus écoute les conseils des membres de PMM et de l’ADEME Occitanie. L’objectif : réfléchir à des solutions de mobilité durable. « On va faire un focus de choses qui sont possibles de mettre en place à l’échelle communale », introduit Clara François, chargée de mission mobilité à l’ADEME Occitanie. L’agence est présente pour accompagner, aider et financer les communes souhaitant implanter une mobilité douce.
AVÉLO, 30 projets lauréats pour la troisième édition
L’ADEME Occitanie offre une aide aux communes à travers le programme AVÉLO. « Il nous permet de financer les politiques cyclables », explique Clara François. Lors du premier appel d’offres de la troisième édition du programme AVÉLO, 30 projets ont été lauréats en Occitanie. Cette édition, lancée en 2023, est financée à la fois par le dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie et l’ADEME. Sur le plan national, les deux institutions subventionnent respectivement 30 millions et 7 millions d’euros.
« En Occitanie, c’est là où nous avons vraiment le plus de demandes. Depuis 2019, il y a eu 130 territoires accompagnés », précise la chargée de mission. Création de pistes cyclables, mise en place de stationnement pour les vélos, sensibilisation de la population ou encore placement de la signalétique, voilà les aménagements possibles.
PMM facilite aussi la transition avec le Plan vélo développé sur le territoire depuis 2021. Avec un budget annuel de 3 millions d’euros, l’objectif final est qu’en 2030, 10 itinéraires cyclables voient le jour pour les usagers quotidiens.
100 vélos avec assistance électrique disponibles à la location
Dans la continuité, PMM propose 100 nouveaux vélos avec assistance électrique Sankéo en location de longue ou courte durée. Avec ces derniers, « il n’est plus nécessaire de se déplacer en agence commerciale Sankeo pour récupérer ou déposer son vélo », précise Séverine Collomb, directrice des mobilités à PMM. Les vélos sont disponibles dans les agences ou les mairies de quartier. « Ces vélos sont à 30 euros par mois, 85 euros pour le trimestre et 300 euros par an », ajoute la directrice.
Pour les habitants se décidant à passer le cap et acheter un vélo, PMM propose une prime vélo. L’année dernière, une enveloppe de 200 000 euros a été distribuée à 600 bénéficiaires. Cette aide prend la forme d’un bon d’achat de 250 euros. « Sans cette aide, dans 82 % des cas, les personnes n’auraient pas acheté leur vélo », précise Séverine Collomb.
Les enfants sont aussi sensibilisés aux bons gestes. Avec le programme Savoir Rouler à Vélo, ils apprennent les consignes de sécurité.
Une Maison du vélo rue de la Cloche d’Or
« Notre actualité, c’est vraiment la maison du vélo », désigne avec fierté la directrice des mobilités de PMM. Présenté vendredi lors d’une conférence de presse, ce bâtiment de 500 m2, situé rue de la Cloche d’Or, rassemblera au même endroit vente, réparation, stationnement et conseils sur les vélos.
L’association Casa Bicicleta proposera « des ateliers d’auto-réparation, de révision et une vélo-école », liste Séverine Collomb. À côté, les clients pourront retrouver un box de stationnement pour vélos : « La plupart du temps, les habitants de ces quartiers n’ont pas de garage, n’ont pas de caves », précise la directrice des mobilités.
Cette maison du vélo aura aussi un rôle d’insertion sociale et professionnelle. En partenariat avec la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, il y aura une offre de formation. « L’idée étant de dispenser des connaissances techniques sur les métiers du vélo, et d’accompagner la recherche d’emploi », complète Séverine Collomb.
Des aménagements insuffisants ?
Pour l’association Vélo en Têt, ces aménagements ne suffisent pas. « On est un peu dans une impasse », déplore Lanza Bertucci-Domergue, membre de l’association. Pour ce dernier, « il faut que l’agglomération ait, soit la compétence voirie, soit il faut qu’il y ait une collaboration avec l’ensemble des communes pour avoir une logique dans les itinéraires cyclables ». Selon lui, cela pourrait permettre d’éviter les coupures dans la continuité des aménagements de pistes cyclables.
L’association pointe du doigt un autre problème : « Pour nous, il y a un souci de fonctionnement interne ». En 2020, PMM met en place le recrutement d’un chargé de mission vélo. « Ils s’y sont mis très tard et ça a été un échec complet », regrette Lanza Bertucci-Domergue. En guise d’appui, ce dernier liste les deux personnes recrutées mais qui ont quitté le poste rapidement. « Il y a eu un gars qui est resté quatre mois », puis un autre qui est resté de janvier 2023 à septembre 2024, « on ne lui donnait pas les moyens de faire correctement son travail ».
« On a affaire à des techniciens qui ne sont pas bien formés sur le vélo », ajoute l’association. Vélo en Têt qui existe depuis 20 ans, regrette que les décideurs n’écoutent pas leurs conseils. « Quand ils font appel à nous, notre point de vue n’est pas pris en compte. »
Pour conclure, Lanza Bertucci-Domergue le rappelle « la communauté urbaine de Perpignan est classée dernière de France en matière de mobilité alternative selon l’INSEE ».
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