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À Perpignan, une soirée de Fierté Trans au Nautilus le 12 avril

Brève soirée Fiertés Trans par LGBT+66 au Nautilus avril 2025

Partenaires de longue date avec le tiers-lieu Le Nautilus, le Centre LGBT+66 organise une Soirée Fiertés Trans, samedi 12 avril. La soirée est le point culminant d’une Semaine de visibilité transgenre, qui comprend projection, soirée jeux, et session spéciale d’accueil en non-mixité au Centre. Photo © Unsplash

« C’est un sujet particulièrement d’actualité, notamment avec ce qui se passe aux États-Unis », explique Guy Gaultier, co-président du Centre LGBT+66. « Comme dans beaucoup de régimes autoritaires, cette toute petite communauté est instrumentalisée comme un objet politique, et présentée comme un bouc émissaire de fin des civilisations ». L’échange avec Made in Perpignan se fait par téléphone mais on pourrait presque voir le co-président lever les yeux au ciel.

« Ce qui met en danger la famille actuellement, ce n’est pas la transidentité »

L’essentiel des activités a lieu hors-les-murs, pour capter un public le plus large possible. « Je pense qu’il y a une vraie demande des gens de comprendre ce qu’est la transidentité. Attention, ce n’est pas quelque chose de nouveau, puisqu’on trouve des traces de non-binarité du genre en 2500 avant Jésus-Christ, et dans d’autres civilisations », rappelle Guy Gaultier. « Les transidentités ont été effacées, parce que l’Occident judéo-chrétien et les colonisations ont imposé un modèle binaire un peu partout dans le monde. Mais Jeanne d’Arc, c’est un personnage non-binaire par excellence, ou encore le Chevalier D’Eon : il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil. On en parle davantage [aujourd’hui] parce qu’on a commencé à l’étudier, et les gens sont un peu sortis du placard de la transidentité ».

La soirée est soutenue par la DILCRAH*, la Région Occitanie et le Département des Pyrénées-Orientales. Le Centre LGBT+66 s’est en revanche habitué à ne pas recevoir de subventions de la ville de Perpignan pour leurs activités. Au niveau national – et international – , Guy Gaultier dénonce la « panique morale » déclenchée par des agitateurs radicaux.

Selon le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales en 2022, remis à Olivier Véran, le nombre de bénéficiaires du service de soutien aux Affections Longue Durée, au titre d’un diagnostic de transidentité ou dysphorie de genre, a fortement augmenté depuis dix ans, tout en restant relativement modeste : 9 000 personnes sont concernées en 2020 dont 3 300 admises dans l’année (soit dix fois plus d’admissions qu’en 2013 selon la CNAM**). 70 % des bénéficiaires ont entre 18 et 35 ans. Guy Gaultier tient à remettre les choses à leur place. « C’est un sujet important, mais ce qui met en danger la famille actuellement, ce n’est pas la transidentité, c’est les perturbateurs endocriniens et la pollution. Je suis désolé de le dire. Mais il ne faut pas se tromper de sujet ».

Les personnes transgenres existent, « écoutons ce qu’elles ont à nous dire »

Au programme de la soirée, village associatif, show de Drag, et DJ set. Avec, comme noyau central, l’écoute et l’échange avec la communauté. « Il y a beaucoup de gens qui théorisent et qui alimentent des fantasmes sur le genre. Il n’y a pas une théorie du genre. Il y a des personnes transgenres, et écoutons ce qu’elles ont à nous dire. On s’apercevra que bien souvent, le danger, ce n’est pas elles. En revanche, elles sont stigmatisées, elles sont violentées, c’est elles qui sont mises en danger. Il y a beaucoup plus de suicides chez les personnes transgenres, il y a beaucoup plus de violences répétées, il y a un déni d’accès aux droits. Les soins, la vie dans l’espace public est très compliqué ».

Et le co-président de rappeler un précepte fondamental de la tolérance. « Certaines personnes sont transgenres, mais elles ont un métier, elles ont des passions, elles ont des amis, ça ne détermine pas tout. Il faut arrêter d’essentialiser les personnes à leur genre, leur orientation sexuelle, ou leur couleur de peau ».

 

* Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT

** Caisse nationale de l’Assurance Maladie