Violences intrafamiliales ou extérieures, cambriolages, stupéfiants, dégradations… Votre commune est-elle très concernée ? Le ministère de l’Intérieur vient de dévoiler sa carte détaillée des infractions pour 2025. Regards sur quelques catégories éloquentes dans les Pyrénées-Orientales.
Quatorze catégories de crimes et délits sont suivies à la loupe, commune par commune. Le constat est sans appel, 1 % des communes les plus touchées en France concentrent 38 % des cambriolages de logements et 82 % des vols violents sans arme. La concentration, qui concerne surtout les grandes communes, est néanmoins plus faible qu’il y a dix ans, ce qui peut laisser penser à un saupoudrage plus important de la délinquance sur les territoires. Le dispositif « Interstats » du ministère montre qu’à l’inverse 58 % des communes n’ont enregistré aucune infraction. Ce taux était de 61 % en 2016, ce qui laisse là encore penser à un élargissement des problématiques.
Attention, les hausses ou baisses de la délinquance enregistrée ne signifient pas nécessairement une évolution du nombre de faits mais peuvent découler également des stratégies de la police et de la gendarmerie, ou encore de l’accès à la plainte, qui jouent sur le volume de procédures. Pour une partie des petites communes rurales, les cartes proposent une moyenne départementale pour l’ensemble d’entre elles, évitant ainsi des pics pour des faits très marginaux.
Dans les Pyrénées-Orientales, l’explosion des violences intrafamiliales se calque sur la tendance nationale et s’avère particulièrement inquiétante, avec un nombre de victimes qui ne cesse de croître depuis les statistiques relevées en 2016. La libération de la parole sur la période a notamment pu jouer sur cette question.
Malgré une petite baisse dans plusieurs communes après 2022 et le pic post-Covid, les enregistrements de ces faits continuent d’être haussiers.
En 2025, Estagel en tête des violences intrafamiliales par habitant
Pour les autres, l’essentiel des violences intrafamiliales, qui comprennent les violences conjugales ou encore contre les enfants, se concentre sur la plaine du Roussillon. On notera que Perpignan n’est toutefois pas en tête, avec ses 595 victimes en 2025, soit 0,49 % des habitants. Le ratio est supérieur à Argelès-sur-Mer avec 76 victimes et donc 0,72 % des habitants. La forte fréquentation estivale de cette station balnéaire populaire est bien sûr à interroger en la matière.

Prades est lui aussi dans le rouge et atteint un taux de 0,63 % de ses habitantes et habitants qui sont victimes de ces violences. Mais les 18 victimes d’Estagel placent cette commune à la tête du nombre de faits par habitant, à savoir 0,83 %. Baixas, Amélie-les-Bains, Elne, Le Barcarès et Saint-Laurent-de-la-Salanque comptent aussi parmi les communes avec une part de violences intrafamiliales plus importante. Sur dix ans, les statistiques élevées en la matière se répartissent sur toujours plus de communes.
Un taux d’agressions élevé dans les communes touristiques et saisonnières
Concernant les violences hors du cadre familial, à savoir agressions et autres bagarres, le résultat est moins homogène. En 2025, si une vingtaine de communes sur la plaine dépassent les 0,18 % de victimes par habitant, on en trouve quasiment autant réparties dans le reste des Pyrénées-Orientales : montagne, Albères, Ribéral, vallée de l’Agly… Là encore, Perpignan fait état de chiffres élevés, avec 942 victimes soit 0,77 % des habitants, mais ne prend pas la tête.

Argelès-sur-Mer est largement devant avec 98 faits soit 0,92 % des habitants. Les Angles atteignent 0,84 % avec 5 victimes. On retiendra encore Font-Romeu, Canet-en-Roussillon, Céret, Amélie-les-Bains ou Le Barcarès. Sur toutes ces communes, le côté saisonnier, touristique mais aussi événementiel est souvent présent.
Pollestres et Laroque-des-Albères, les plus cambriolées
Cambriolages et vols de véhicules sont clairement massés sur la moitié Est du département. Malgré des pics selon les années, les cambriolages sont globalement en baisse depuis dix ans. 481 sont en enregistrés à Perpignan soit 0,65 % des logements en 2025. À Pollestres et Laroque-des-Albères, ce sont pas moins de 1,48 % des logements qui ont été visités au cours de l’année. Ces deux records sont suivis par les communes de Saint-Jean-Lasseille, Millas, Cerbère et Rivesaltes qui dépassent toutes les 1 % de logements cambriolés.

Vols de voiture sur le littoral
Les vols de véhicules connaissent une évolution en dents de scie, avec une baisse départementale jusqu’en 2021 puis une forte remontée. Perpignan et sa couronne sont assez marqués, avec des zones plus concernées comme Bompas ou Elne. Mais la bande littorale est clairement la plus visée par les voleurs de voitures si l’on prend le nombre de faits par habitant. La présence de nombreux véhicules en période estivale vient évidemment peser sur cette délinquance.

En 2025, le Barcarès a ainsi connu 57 vols de véhicules soit l’équivalent de 0,93 % des habitants. Argelès-sur-Mer enregistre aussi un score important. Canet-en-Roussillon et Saint-Cyprien dans une mesure un peu moindre. Les communes un peu plus dans les terres, mais toujours dans cet axe nord-sud le long de la bande côtière, comme Alénya, Saint-André ou Saint-Hippolyte sont aussi concernées par la problématique.
Collioure, championne des escroqueries
Le ministère de l’Intérieur offre aussi des statistiques sur de nombreuses autres infractions. Depuis la pandémie, les Pyrénées-Orientales connaissent une hausse des escroqueries et fraudes aux moyens de paiements, là encore avec des communes balnéaires plus touchées. Collioure décroche la palme avec 1,63 % des habitants reconnus victimes. Sur le trafic de stupéfiants, 2025 ne voit que trois communes sortir du lot sur la carte proposée. Perpignan bien sûr avec 391 mis en cause, mais aussi le Boulou et le Perthus, en toute logique puisqu’il s’agit des points de contrôle d’entrée sur le territoire. Sur l’usage de stupéfiants, hormis ces trois mentionnées, Prades et Vinça cumulent un nombre d’infractions assez important.
Enfin pour les destructions et dégradations volontaires, le creux du Covid est suivi d’un rebond avec aujourd’hui un grand nombre de communes concernées à travers tout le département. Perpignan enregistre en la matière 2463 infractions en 2025, soit plus de 2 % des habitants concernés. Le record par habitant est détenu par Les Angles avec 17 dégradations, suivi par l’étonnant et tout petit Fuilla qui malgré ses moins de 500 habitants a compté 12 faits de dégradations en 2025.
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