Article mis à jour le 30 août 2025 à 19:46
C’est par ces mots que Pierre Conte, président de l’association Visa pour l’image, a ouvert la 37e édition du festival international de photojournalisme. Durant cette édition 2025, près de 7 000 clichés vont montrer – à travers expositions et projections – les femmes et les hommes aux vies ébranlées par les conflits armés, le changement climatique, et les dérives du monde… Sur toutes ces images, seule une poignée fera débat, concède Pierre Conte.
« Il est extrêmement difficile de dire qu’il y a du blanc et du noir, tous les sujets sont plus complexes que cela. Et Visa sert aussi à cela, à alimenter le débat pour l’esprit critique. »
Le dernier samedi du mois d’août est la date consacrée pour l’inauguration du festival et chacun se retrouve après une coupure estivale. Sur le parvis du Couvent des minimes, les drapeaux de chacune des institutions s’alignent derrière les représentants. Et chacune et chacun met en avant sa propre vision du journalisme, de son indépendance, du pluralisme, de la vérité, parfois alternative. Cette estrade est aussi l’occasion de piques à fleuret moucheté.
Retour sur l’inauguration, les discours et l’émotion de Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’Image Perpignan.
Un « aréopage bigarré » au service de Visa pour l’Image Perpignan
Autour du festival de photojournalisme, les institutions et acteurs sont légion. De la mairie de Perpignan à la Région, en passant par la Communauté Urbaine, ou le Conseil Départemental, tous mettent la main à la poche et entendent le faire savoir lors de l’inauguration. En sa qualité de représentant de l’État, le nouveau préfet, Pierre Regnault de la Mothe se souvient de son précédent passage dans les Pyrénées-Orientales dix ans plus tôt en tant que sous-préfet. « Je viens d’arriver, mais je serai à vos côtés pour qu’il y ait une 47e, une 57e et j’espère une 137e édition de Visa pour l’Image à Perpignan. »
Car rien n’est jamais acquis et Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan de 1993 à 2009 et fidèle du festival, en a fait l’expérience. Lors de cette 37e inauguration, il se remémore l’année 1998. Le maire d’une grande commune du Sud-Ouest ambitionnait de lancer « Passeport pour l’Image » et de ramener les photojournalistes dans sa métropole. C’était sans compter sur Jean-Paul Alduy qui fit appel à Roger Thérond, cofondateur de Visa alors directeur de Paris Match.
« Il avait été pion au lycée Arago », indique Jean-Paul Alduy. Un argument parmi tant d’autres que le maire utilisa en faveur de Perpignan. Bien des années plus tard, le prestigieux festival donne à la ville la dimension internationale que les rayons du soleil ne lui apportent guère.
La version de « Hey Joe » du président de la Chambre de commerce et d’Industrie
Même si, à quelques mois des élections municipales, l’assistance s’attendait des paroles de précampagne, ce fut le patron de la chambre de commerce et d’industrie Laurent Gauze qui avait décidé de régler ses comptes à l’encontre du festival de photo amateur, ancien « Off », devenu « Objectif Image Pays Catalan ».
Après un discours convenu, Laurent Gauze a déclamé quelques mots adaptés de « Hey Joe » de Jimi Hendrix. « Hey Joe, tu as toujours les poches pleines et la voiture de l’année. Et moi, tu vois, je n’ai plus rien. Je pensais avoir une fille bien, amoureuse. Mais il parait Joe qu’elle dort maintenant dans tes bras. Tu vois Joe, hier je rêvais d’avoir ta peau. Mais Joe, je préfère souffrir de cette fille et je t’en fais cadeau. »
Après ces mots, pour plus de précision, Laurent Gauze lance : « vous pouvez remplacer la fille par le Off et Robert par Joe. » Comprendre Robert Ferré, à la tête de l’ancien festival Off. Sans le budget de la CCI, le festival, longtemps qualifié de « petit frère » de Visa, s’est tourné vers Perpignan Méditerranée Métropole, et son président Vila, aussi prénommé Robert.
Sans Jean-François Leroy, pas de Visa pour l’image Perpignan
L’inauguration de Visa pour l’image se déroule toujours de la même manière : le protocole veut que les financeurs privés et publics prennent la parole, y compris l’État laissant le dernier mot au directeur du festival, Jean-François Leroy. Ce dernier met en avant les photographes, les sujets, les difficultés du métier et les valeurs de Visa pour l’image. Et déclare le festival ouvert avant de faire le tour des expositions avec les personnalités présentes.
Cette année, le directeur, l’émotion dans la voix, a remercié son associée qui porte avec lui le festival. Avant de conclure : « Il y a déjà beaucoup de rumeurs et de conneries qui courent à propos de mon état, mais je suis là. Et je vous assure que je vais me battre. Et je serai là l’année prochaine. » Des propos accueillis par une standing ovation. Car oui, on pourra penser ce que l’on veut des sorties tonitruantes de Jean-François Leroy, il est et restera à jamais l’âme de Visa pour l’Image Perpignan.
Vous pouvez retrouver notre sélection de la 37e édition de Visa pour l’image Perpignan dans cet article. Durant ces deux semaines de festival, la rédaction vous proposera, comme à l’accoutumée, portraits et interviews croisées de photojournalistes.
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