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Les jeunes mangaka du quartier Saint-Jacques préparent leur 1er tome : « Je réalise un rêve d’enfant »

À Perpignan, quatre jeunes du quartier Saint-Jacques créent leur propre manga

Article mis à jour le 24 février 2026 à 09:06

Le premier tome complet de Children of the Grave, c’est pour cette année. Depuis deux ans, un groupe de jeunes du quartier Saint-Jacques écrit et réalise son propre manga. Après un premier chapitre publié en octobre 2024, ils planchent maintenant sur le premier livre complet d’une longue série. Nous les avons rencontrés dans leur atelier, à l’association Les 2 Rives.

Cet article a été écrit dans le cadre de « Perpignan Stories » par Jérémy Forcadell, accompagné par Les 2 Rives. « Perpignan Stories » est un projet initié par Made In Perpignan en septembre 2025. Depuis, une quinzaine de jeunes ont découvert les rouages du journalisme dans notre rédaction. Ils et elles ont réalisé le reportage de leur choix, à l’écrit et en vidéo.

Grâce au soutien de Journalismfund Europe, Made in Perpignan met en avant les histoires qui inspirent ces jeunes souvent éloignés de l’information et peu représentés dans les médias.

Chaque mercredi, dans les locaux de l’association Les 2 Rives, une bande de lycéens se retrouve pour écrire, dessiner, mettre en page la suite de leur manga. Ils préparent les prochains chapitres de Children of the Grave. Le premier est déjà publié aux éditions Trabucaire. Quelques pages de scénario et les essais de dessins. L’objectif à présent : écrire la suite pour obtenir un premier tome en bonne et due forme.

« On imagine une quinzaine de tomes au total, avec 6 chapitres pour le premier », confie Israël, 16 ans. Ils sont quatre à avoir lancé le projet en 2023. Si l’un d’entre eux a dû quitter le projet, l’équipe compte aujourd’hui de nouveaux arrivants.

Du scénario à l’impression, une chaîne de travail bien rodée

Les mangaka se sont réparti les étapes de création. Anthony se penche sur les personnages, Israël prend le relais et complète avec les décors. « Je me suis lancé dans le dessin avec ce projet, raconte le lycéen. J’y vais un peu à l’instinct. » Les deux dessinateurs travaillent ensemble. Chacun y va de sa proposition pour un dessin au plus près de ses attentes. Puis les planches passent à l’encrage, avant une première impression.

Mais pour que les images prennent sens, encore faut-il un scénario, c’est sur cela que planchent Ryan, Jarod et le reste de l’équipe. « Chacun écrit un personnage. On a choisi des archétypes qui nous plaisent : l’antagoniste, le héros… Pour écrire, on se demande : ‘qu’aurait fait mon personnage ?’ » Chapitre après chapitre, le récit prend forme.Children of the Grave est un condensé de ce qui passionne la bande d’amis. « Je réalise un rêve d’enfant », lâche Israël en souriant.

Métal, science-fiction, cinéma… : un manga au croisement des influences de la bande d’amis

L’intrigue commence dans une prison où Elijah Reynolds, le personnage principal, est interné. Survient alors une attaque du site par une créature, l’élément déclencheur central du manga. À partir de là, les épreuves et aventures s’enchaînent. Au programme des prochains chapitres : plus de références à l’espace et à la science-fiction. Au-delà des codes du manga, les créateurs empruntent au film de genre et à la musique métal pour composer leur univers. Dans leur atelier, les planches finalisées s’amoncellent sur les murs blancs. Celles qui sont encore en cours se baladent de table en table pour passer entre toutes les mains.

Les jeunes garçons originaires de Saint-Jacques sont passionnés de manga. Le premier coup de foudre ? Dragon Ball pour Rayan ou encore Jojo’s Bizarre Adventure pour Anthony. « C’est un art qui m’a particulièrement touché, raconte Rayan, j’ai vu mon premier épisode d’animés à 4-5 ans, depuis je suis fanatique. »

« C’est un moyen artistique de partager ce qu’on aime dans le manga, comme le shônen et le seinen. Cela nous permet d’exprimer notre créativité. »

L’association les 2 Rives, et l’un de ses fondateurs Paul Orell, les ont rassemblés autour de leur passion sur ce projet. Implantée dans le quartier Saint-Jacques, la structure mène divers projets d’arts et de création culturelle. Méderic Boisse anime aujourd’hui les ateliers de dessin. Et le projet pourrait peut-être prendre un nouveau tournant. Les créateurs de Children of the Grave se projettent. « Si le manga continue de bien marcher, on pourrait imaginer une adaptation animée », ose Israël.

* Le shônen et le seinen sont des genres du manga. Il désigne avant tout l’âge du public visé : les adolescents pour le shônen et les jeunes adultes pour le seinen.

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