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Pollestres : Face à la hausse des abandons, le refuge animalier à peine créé, déjà débordé 

Le refuge Un gîte une gamelle recueille des centaines de chiens et chats chaque année. Face à une augmentation record des abandons, les bénévoles tentent de gérer la marée, tout en développant de nouvelles possibilités d’accueil.

Cet article a été écrit dans le cadre de « Perpignan Stories » par Inès Bouziani et Majed Koutari, accompagnés par la ligue de l’enseignement 66 . « Perpignan Stories » est un projet initié par Made In Perpignan en septembre 2025. Depuis, une vingtaine de jeunes ont découvert les rouages du journalisme dans notre rédaction. Ils et elles ont réalisé le reportage de leur choix, à l’écrit et en vidéo.

Grâce au soutien de Journalismfund Europe, Made in Perpignan met en avant les histoires qui inspirent ces jeunes souvent éloignés de l’information et peu représentés dans les médias.

Les aboiements montent avant même d’apercevoir les bâtiments. Derrière le portail, tout semble pourtant maîtrisé : allées propres, boxes neufs, organisation millimétrée. Trois chiots s’approchent en quête d’attention, tandis qu’un chien tourne en rond, nerveux, incapable de se poser. À quelques mètres, le contraste est total : côté chats, le calme règne, presque feutré. Bienvenue au refuge Un gîte une gamelle, installé depuis début 2025 sur un nouveau site à Pollestres. Un lieu pensé pour le bien-être animal, mais déjà sous pression.

Le refuge accueille jusqu’à 500 chiens et 300 chats par an. Une activité soutenue devenue, ces derniers mois, difficilement soutenable. « Avant, on avait environ un appel toutes les deux semaines pour un abandon. Maintenant, c’est entre 10 et 30 par jour ! », explique Corinne Legrand, la créatrice des lieux. Pour faire face, l’association peut compter sur les dons et sur les aides de l’agglomération Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), à hauteur de 12 000 euros par an. Ces financements ont permis d’engager trois salariés. Un appui essentiel mais trop faible pour faire face.

Le refuge peut heureusement compter sur de nombreux bénévoles. « On s’est constitué une équipe d’enfer avec des gens de tout âge. Ce sont des personnes indispensables, on leur doit énormément », salue la fondatrice du refuge. 

Des chiots adoptés par effet de mode puis abandonnés une fois adultes 

Dans les boxes, chaque animal porte une histoire. Accrochée aux grilles, une pancarte raconte celle de Lennon. Ce chien a été récupéré après une scène de maltraitance extrême. « Il doit sa vie aux policiers. S’ils n’avaient pas été là, il serait mort », lâche Corinne. Lennon va désormais bien mieux. Il se montre doux, presque apaisé. À l’image des nombreux chiens du refuge, parfois plus calmes que leur passé ne le laisserait imaginer.

Beaucoup de ces chiens – malinois ou staffords – sont des victimes de la mode et des tendances sur les réseaux sociaux. Des animaux adoptés tout jeunes puis abandonnés à l’âge adulte. « Les gens ne s’imaginent pas le travail que c’est au quotidien d’élever un chien. Donc après, quand ils sont confrontés aux contraintes et aux difficultés, ils les abandonnent », regrette Corinne. D’autres motifs d’abandon existent et s’accumulent : séparation, déménagement, difficultés financières ou pire : des animaux jugés trop vieux. « On a de plus en plus d’abandons pour rien », déplore la fondatrice. Elle pointe aussi les coûts qui explosent : « Quand tout va bien, c’est entre 6 000 et 10 000 euros par mois de frais vétérinaires ».

Un projet porteur de sens 

Malgré tout, le refuge tient. Pour Corinne Legrand, ce projet engagé est « l’achèvement de toute une vie… pour l’amour des animaux, pour en sauver, pour les soigner », dit-elle. La présidente n’entend pas s’arrêter là et compte désormais voir plus grand. Face à l’afflux constant, le refuge envisage d’agrandir son terrain et de créer un parc pour offrir davantage d’espace aux animaux. 

En attendant, les arrivées continuent. Et derrière chaque grille, un regard attend qu’on lui laisse une seconde chance. 

Conseils d’adoption : pourquoi choisir un chien adulte

Contrairement aux idées reçues, adopter un chiot n’est pas toujours la meilleure option, surtout pour une première expérience. Un chien adulte présente plusieurs avantages : il est souvent déjà propre, connaît les bases de la vie avec l’humain et demande moins d’apprentissage. À l’inverse, un chiot demande du temps, de la patience et une vraie capacité d’éducation. Un manque d’investissement peut rapidement conduire à des difficultés… puis à l’abandon. Le refuge encourage donc les adoptants à « tenter l’aventure » avec un chien adulte : une solution plus simple, mais aussi un geste fort pour des animaux souvent délaissés.

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Sébastien Leurquin