Article mis à jour le 13 avril 2026 à 09:32
Dans le département, plus d’un habitant sur quatre est considéré comme vivant en situation de précarité énergétique. Des situations souvent dues à des logements mal isolés, au coût de l’énergie ou encore à un non-recours aux droits. Pour sensibiliser les acteurs institutionnels et leur permettre de mieux traiter des situations souvent complexes, la Maison sociale de proximité du Vallespir a organisé une journée dédiée à Arles-sur-Tech, le 10 avril. Photo d’illustration ©Chris Davis.
Trop froid en hiver, trop chaud en été. Et surtout, des difficultés à faire face au montant des factures. Cette situation est particulièrement répandue dans les Pyrénées-Orientales, département avec le taux de pauvreté le plus élevé de France métropolitaine. La situation est palpable dans le Haut-Vallespir, où 25% des logements sont considérés comme des passoires thermiques et où 24,7% des ménages vivent en situation de précarité énergétique. C’est pourquoi la Maison sociale de proximité (MSP) du Vallespir, sous l’égide du Conseil départemental (CD 66), a choisi d’organiser à Arles-sur Tech une session d’information dédiée à cette thématique cruciale.
La loi reconnaît la précarité énergétique comme une difficulté à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat. « La lutte contre cette forme de précarité est un axe fort de notre engagement, explique Hermine Malherbe. Nous travaillons avec l’ensemble des acteurs pour accompagner les ménages et avancer vers la transition énergétique ».
Le but de cette session d’information était double : « D’abord nous voulons sensibiliser sur la réalité de la situation, ensuite nous montrons les dispositifs existants parce qu’ils sont nombreux et parfois méconnus. Le but est de faciliter l’accès aux droits », détaille Hélène Boher, directrice des MSP – Vallée du Tech.
Droits des ménages : des dispositifs pluriels
Afin de venir en aide aux ménages en difficulté, différents leviers existent. Le plus connu étant probablement le « chèque énergie ». Son montant varie de 48 à 277 €, en fonction du revenu fiscal de référence et de la composition du ménage. La plupart des bénéficiaires ont reçu automatiquement leur chèque. Mais si ce n’est pas le cas, il est possible d’en faire la demande en ligne avant le 31 décembre. Une fois attribuée, cette aide permet de payer des factures d’énergie dans la limite du montant alloué et jusqu’en mars 2027.
Les personnes en situation de précarité énergétique peuvent également faire appel au Fonds de solidarité logement (FSL). Ce dispositif peut financer des aides pour régler des factures d’énergie, des impayés de loyers ou encore accompagner l’installation dans un logement. L’attribution repose sur une évaluation globale de la situation du ménage (ressources, charges, contexte social), avec une logique d’accompagnement.
Depuis quelques années, le programme national « SLIME » pour Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie est aussi décliné dans le département. Celui-ci repose sur un repérage des ménages en difficulté, suivi d’interventions à domicile. Il permet d’établir un diagnostic à la fois social et technique. À l’issue de cette visite, des solutions concrètes sont proposées, allant de conseils d’usage à l’orientation vers des aides financières ou des travaux. Ces interventions s’accompagnent souvent de la remise d’équipements (un kit de premier recours) et visent une amélioration rapide du confort, de la santé et de la situation financière des ménages.
Enfin, pour prévenir les situations les plus critiques, la loi a également évolué. Lorsque des impayés s’accumulent, le fournisseur d’électricité ne coupe désormais plus le courant mais réduit la puissance à un service minimum permettant d’allumer les lumières, brancher un frigo et charger des appareils électriques.
« On ne coupe plus le courant à des familles comme cela pouvait être le cas dans le passé, c’est une vraie avancée sociale », détaille Pascal Vidal, d’EDF Solidarités, venu présenter les dispositifs proposés par le principal fournisseur d’électricité français.
Des obligations pour les bailleurs et des dispositifs pour les accompagner
La précarité énergétique subie par les locataires tient souvent à des logements anciens, mal isolés ou peu rénovés. Or, les propriétaires bailleurs ont l’obligation de louer un logement « décent », ce qui inclut désormais des critères de performance énergétique. Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu central : un logement trop énergivore peut être jugé non conforme et nécessiter des travaux. En cours de bail, les locataires peuvent d’ailleurs demander une mise aux normes. Dans ce cadre, l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL) joue un rôle clé en apportant un éclairage juridique aux locataires comme aux propriétaires, dans un environnement réglementaire en constante évolution.
Mais ces derniers ne sont pas laissés seuls face à ces exigences. Des dispositifs comme Bail Rénov’ permettent d’accompagner les propriétaires dans la rénovation de leur bien. Ils offrent un appui technique, des conseils personnalisés et facilitent l’accès aux aides financières. L’enjeu est double : améliorer le confort des occupants, tout en valorisant le logement en prévenant sa dégradation et renforçant son attractivité sur le marché locatif.
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