Article mis à jour le 9 avril 2026 à 17:13
Selon les dernières données de l’Insee publiées ce 9 avril, la situation économique s’est nettement détériorée en Occitanie. La région entre dans une nette phase d’essoufflement. Les Pyrénées-Orientales apparaissent comme le département le plus touché.
En France, 2025 ne restera pas dans les annales au point de vue économique. Selon les dernières données de l’Insee publiées, la croissance a légèrement progressé (+0,9 %). Mais sans dynamisme réel les Français épargnent plus qu’ils ne dépensent avec un taux d’épargne qui dépasse les 18 % et les entreprises qui embauchent peu malgré des commandes correctes. Résultat, les différents secteurs ont dû supprimer 60 000 emplois privés en un an, notamment à cause de la réduction des aides à l’apprentissage.
Au niveau national le taux de chômage remonte et atteint 7,9 % de la population active en fin d’année. Et le pire est peut-être à venir : depuis le début du conflit au Moyen-Orient en début 2026, le pétrole et le gaz coûtent plus cher. L’inflation, qu’on croyait maîtrisée, risque de repasser au-dessus des 2 % dès le printemps, un scénario que l’Insee appelle lui-même une « croissance fragilisée », dans sa dernière note publiée en mars 2026.
Baisse de l’emploi en Occitanie et dans les Pyrénées-Orientales
Dans la région, le taux de chômage a progressé de 0,7 point sur un an pour s’établir à 9,4 % de la population active au quatrième trimestre 2025, plaçant le territoire au deuxième rang des régions les plus impactées de France métropolitaine, derrière les Hauts-de-France. Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation : la frilosité des entreprises dans leurs intentions d’embauche, la baisse des aides à l’apprentissage qui entraîne mécaniquement un recul de 5 % des contrats en alternance, soit 4 300 emplois perdus, et une activité économique régionale en léger repli de 0,2 % sur l’année. La construction, secteur traditionnellement pourvoyeur d’emplois dans la région, continue de s’effondrer avec 2 900 postes supprimés en 2025.
Le taux de chômage varie entre 4,8 % en Lozère et 10,8% pour l’Hérault et l’Aude. Mais c’est dans les Pyrénées-Orientales que la situation est la plus préoccupante. Avec 12,7 % de taux de chômage et bien au-dessus de la moyenne régionale à 9,4 % et nationale à 7,9 %, le département décroche le triste record du taux le plus élevé de toute la France métropolitaine, en hausse de 0,7 point sur un an. Un territoire structurellement fragilisé, dont l’économie repose largement sur des secteurs comme le tourisme saisonnier, le commerce ou les services aux ménages et qui paye le ralentissement général. La perte de 1 100 emplois salariés sur l’année, concentrée principalement dans la construction et le tertiaire non marchand, aggrave encore un marché du travail déjà sous haute tension.
Le tourisme en hausse en Occitanie mais en dessous de la moyenne nationale
En 2025, la fréquentation touristique en Occitanie repart à la hausse, mais progresse moins vite que dans le reste du pays. Alors que la France métropolitaine enregistre une hausse globale de 3,3 % de ses nuitées, la région se contente d’une progression de 1,3 %, avec 56 millions de nuitées au total pour 18,1 millions de touristes accueillis. L’Occitanie se place au cinquième rang des régions les plus fréquentées de France, derrière l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les hausses les plus spectaculaires au niveau national sont enregistrées en Île-de-France, en Normandie, en Bretagne et dans les Hauts-de-France, qui captent une part croissante de la clientèle touristique française et étrangère. En Occitanie, la dynamique est portée principalement par les visiteurs étrangers, dont les nuitées bondissent de 4,4 %, quand celles des résidents français restent quasi stables. Une performance en demi-teinte donc, dans une région qui mise pourtant beaucoup sur le tourisme pour soutenir son économie.
