Aller au contenu

La liste a fuité : dans les Pyrénées-Orientales, ces 7 bureaux de poste pourraient être remplacés par des agences plus restreintes

Pyrénées-Orientales : l’UDSIS et La Poste s’unissent pour un nouveau service de portage de repas à domicile

Article mis à jour le 30 septembre 2026 à 17:49

Le 23 septembre dernier, Mediapart a révélé une liste de 441 bureaux de poste dont La Poste entendrait se débarrasser en France. Sept de ces bureaux se trouvent dans les Pyrénées-Orientales, visant à être remplacés par des « agences postales communales » ou APC. La CGT FAPT 66 dénonce une dégradation du service public.

Cet article est en accès libre, et nous voulons qu’il le reste. Mais après dix ans, Made In Perpignan est menacé. Sans le soutien de ses lecteurs, notre média ne passera pas l’année ➡️ Si vous le pouvez, faites un don.

Encore non diffusée officiellement, la liste qui a fuité des CSE (Comités sociaux et économiques) embarrasse la Poste. « Il ne s’agit en aucun cas d’une liste de fermetures de bureaux, mais d’une base de discussion et de travail avec les élus locaux afin d’identifier les solutions les mieux adaptées aux besoins du territoire » explique le service communication de l’institution à Made in Perpignan. Une base de discussion néanmoins déjà actée dans une partie des 7 communes concernées dans les Pyrénées-Orientales, qui sont Cerbère, Canohès, Collioure, Arles-sur-Tech, Banyuls-dels-Aspres, Corbère-les-Cabanes et Saint-Féliu d’Amont.

Dans ces villages, la Poste échange avec la ou le maire afin de négocier la suppression du bureau de poste et son remplacement par une agence postale communale. Ce serait alors un agent territorial placé au guichet. Le temps d’un contrat de quelques années, la Poste finance ce salarié. Si le contrat cesse, c’est à la mairie de s’en charger, à condition qu’elle en ait les moyens.

La carotte des horaires, le bâton des services

Les maires sont tentés par un avantage évident de l’agence communale : une amplitude horaire qui peut être supérieure à celle des bureaux de Poste classiques, parfois réduite à peau de chagrin. Sur Canohès, le bureau actuel serait si souvent fermé que les usagers auraient pris l’habitude d’aller à Toulouges. Mais les syndicats pointent une offre au rabais. Jérôme Argouze, représentant du syndicat CGT FAPT 66, parle de chantage aux horaires d’ouverture pour imposer l’APC. « Il n’y a ni poste restante, ni boîte postale dans une agence communale. On ne peut y affranchir des colis Chronopost, il n’y a pas de valeur déclarée pour les envois… »

La liste de Jérôme Argouze sur les limitations des agences communales est interminable. Pas d’opération via mandataire ou représentant légal. Pas d’ouverture de compte ou de virement. Pas de contestation carte bleue suite à une fraude. Les retraits bancaires sont limités à 500 euros par période de sept jours. Et les fonds déposés ne seraient pas crédités immédiatement. « Si vous êtes à zéro sur votre compte et que vous déposez un chèque pour ne pas être interdit bancaire alors que des prélèvements tombent, ça n’arrive que plusieurs jours après sur votre compte… Alors qu’à la Poste c’est plus rapide. »

Un changement justifié par une baisse de fréquentation

Après une généralisation du concept au milieu des années 2000, les Pyrénées-Orientales comptent aujourd’hui 76 agences communales et 33 « La Poste Relais », contre 74 vrais bureaux de poste. Selon la sénatrice Les Républicains des Pyrénées-Orientales, Lauriane Josende, qui a rencontré ce mardi 29 septembre Stéphane Visseq, délégué territorial de La Poste, ces agences communales « jouent un rôle essentiel dans nos communes rurales, en assurant des services au plus près des habitants. » Elle salue « l’engagement de la Poste au service de nos territoires. » A l’inverse Jérôme Argouze craint que le modèle des APC ne continue de remplacer des bureaux, pour seules raisons budgétaires.

« La Poste se désengage complètement, alors que le groupe La Poste est largement bénéficiaire, seul le côté courrier est déficitaire. Nous, ce qu’on veut, c’est un véritable service public postal. Normalement, la Poste, ce n’est pas pour faire du fric. »

Pour la Poste, la démarche s’inscrit dans un changement des usages, avec une dématérialisation et une baisse de fréquentation des points de contacts postaux. « Le trafic quotidien dans les bureaux de poste a été divisé par près de trois entre 2008 et 2024, communique le groupe, passant d’environ 2 millions à 741 000 clients par jour. Cette baisse est également notable dans le département des Pyrénées-Orientales. » La Poste assure que 99,2 % de la population du département est à moins de 5 km ou 20 minutes en voiture d’un point de contact postal.

Les syndicats entendent se mobiliser en informant autant que possible les maires tentés par la bascule. « Ce sont les maires qui ont le dernier mot, explique Jérôme Argouze. Sans leur autorisation la Poste ne peut pas passer en APC ou fermer un bureau. »

Cet article est en accès libre, et nous voulons qu’il le reste. Mais après dix ans, Made In Perpignan est menacé. Sans le soutien de ses lecteurs, notre média ne passera pas l’année ➡️ Si vous le pouvez, faites un don.

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances