Les 15 et 22 mars prochains se tiendront dans les 226 communes des Pyrénées-Orientales, comme partout ailleurs en France, les élections municipales. Et si au niveau national, le parti à la flamme affiche des aspirations qualifiées d’ambitieuses sur plus de 600 communes, qu’en est-il dans notre département ?
Il y a le désir d’ancrage et la réalité de terrain. Et selon nos informations, malgré une volonté de placer des candidats dans certaines villes clés du département, le Rassemblement national se heurte au manque de candidats « crédibles » ou « présentables ». Pour le moment, le RN des Pyrénées-Orientales a d’ores et déjà investi ou soutient des candidats dans une dizaine de communes sur les 226 que compte le département.
« Pour avoir une liste, il faut une locomotive et des wagons »
Et c’est au niveau des locomotives, comprendre les têtes de liste, que le RN est à la peine. « Il y a des endroits où on a pléthore de wagons, mais pas de locomotive », lâche Frédéric Gourrier, secrétaire départemental du RN. Sur des territoires, où le parti de Jordan Bardella parvient à faire réélire sa députée au premier tour, il y a beaucoup de candidats, mais pas forcément le bon attelage.
Frédéric Gourrier se remémore 2014, où l’école du RN avait formé 1 000 têtes de liste en 18 mois. « C’était trop ! Quelque temps plus tard, on a eu beaucoup de démissions, de personnes qui sont passées sous d’autres cieux. » Après les révélations des médias sur ce que son patron qualifie de « brebis galeuses », le processus de sélection aurait changé. Ainsi pour les municipales de 2026, les cadres nationaux auraient auditionné près de 1300 personnes pour ne retenir que 650 candidats. Selon Frédéric Gourrier, le RN a mis en place un intranet qui serait une aide précieuse pour les candidats. Un outil dans lequel ils peuvent se former ou encore accéder aux ressources pour leurs campagnes. « C’est la première fois qu’on a une plateforme technique pour des élections », se félicite le cadre du parti.
Vers un ancrage local et au-delà ?
Autre enjeu, trouver une place dans les petites communes où les maires écartent souvent les étiquettes. Pour Xavier Baudry, adjoint de Louis Aliot à Perpignan, « dans les petites villes, les problématiques ne sont pas liées à une organisation politique ».
Pour un ancrage local, encore faut-il une stratégie commune. Et si à Marseille l’union entre le Rassemblement national et UDR d’Éric Ciotti s’est étendue à Reconquête d’Éric Zemmour, au RN catalan, la ligne reste rouge. Et l’ancien candidat investi à Cabestany en a fait l’amère expérience alors qu’il avait choisi de placer un cadre Reconquête sur sa liste.
En 2026, le RN joue gros, s’il veut, à l’instar de l’Assemblée nationale, entrer plus largement au Sénat et dans les Métropoles, Communautés urbaines et autres Communautés de communes, il doit obtenir des élus dans les conseils municipaux.
La bataille pour Perpignan Méditerranée Métropole (PMM)
Au niveau national, le parti à la flamme vise 1 800 élus municipaux. Dans les Pyrénées-Orientales, la bataille se joue aussi pour la présidence de la Communauté urbaine dont Perpignan est la plus grosse ville. En 2020, Louis Aliot avait raté l’élection au profit du maire Les Républicains de Saint-Estève, Robert Vila.
Malgré une vice-présidence à la tête de l’institution qui a, entre autres, la compétence économique, Louis Aliot a justifié son action en invoquant le manque d’allant de PMM à soutenir le développement économique de Perpignan. Et en 2026, Louis Aliot espère bien pouvoir diriger PMM. Lors d’une récente réunion publique, Louis Aliot déclarait : « je pense qu’à la prochaine mandature, l’agglomération de Perpignan sera gouvernée par le maire de Perpignan en harmonie avec tous les autres maires de cette agglomération. »
Pour cela, il faudra convaincre une majorité des 88 conseillers communautaires d’élire le cadre du Rassemblement national à la présidence de PMM. Si Louis Aliot est réélu à la mairie de Perpignan, il pourra compter sur une base solide, mais insuffisante.
Pour le moment, le RN a investi et/ou soutient sept candidats à des mairies siégeant à PMM. Cabestany avec Olivier Mas, Canohès avec Carla Muti, Rivesaltes avec Julien Potel, Saint-Hippolyte avec Loïc Bailly, Espira-de-l’Agly avec Stéphane Franchi, Le Barcarès avec Thierry Laur et Le Soler avec Paul Miffre.
Des candidats qui font le choix d’une campagne à bas bruit, y compris à Perpignan. À l’image de leur mentor Jordan Bardella, les selfies sur les réseaux sociaux sont légion. Mais la confrontation aux questions des médias écartée.
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