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Revue de presse du 4 octobre 2026 : Ils ont parlé de Perpignan et des Pyrénées-Orientales 

Cette semaine, les projecteurs des médias nationaux se sont notamment braqués sur le cinéma d’Elne, débaptisé par le maire d’extrême droite, Steve Fortel. Alors que le lieu s’appelait René-Vautier, en hommage au cinéaste résistant, communiste et anticolonial, le maire et son équipe ont choisi de le renommer « La Bobine illibérienne ». 

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Également dans la revue de presse de ce dimanche 4 octobre : le procès de l’incendie volontaire de Saint-Laurent-de-la-Salanque qui a tué huit personnes ; la tendance du RN à jouer avec le respect de la laïcité ; ou encore des innovations agricoles en matière d’eau et d’énergie. (Re)lisez la précédente revue de presse.

Vive polémique sur le nom du cinéma d’Elne 

Libération / Sale ambiance – Dans les Pyrénées-Orientales, un maire d’extrême droite débaptise un cinéma qui portait le nom d’un réalisateur communiste et anticolonialiste

Le journal Libération note que « six mois après son élection, Steve Fortel, élu d’Elne, multiplie les actions pour effacer les traces de la gauche dans cet ancien bastion communiste« . Le journal rappelle les faits : « Au conseil municipal, l’élu, étiqueté extrême droite par la préfecture, a fait voter mardi 22 septembre le changement de nom du cinéma local, dans un principe de «neutralité». Le lieu dénommé «René Vautier», en hommage au réalisateur communiste et anticolonialiste, va se transformer en «La Bobine Illiberienne» (nom des habitants d’Elne).« 

L’Humanité / « C’est la mort d’un symbole, d’une vision humaniste » : à Elne, le maire d’extrême droite débaptise le cinéma René Vautier, réalisateur emblématique de la lutte anticoloniale

Le journal l’Humanité rappelle de son côté que les marqueurs symboliques de l’action de Steve Fortel commencent à s’additionner, dans une politique conservatrice assumée. « Après avoir retiré les couleurs arc-en-ciel du drapeau LGBT + au niveau du passage piéton qui menait au cinéma, cet ancien membre du Front national souhaite effacer toute trace politique de gauche dans sa ville, un ancien bastion communiste. À commencer par l’histoire de la Résistance et de la lutte anticolonialiste qu’incarnait René Vautier.« 

Télérama / Le maire d’extrême droite d’Elne débaptise le cinéma René-Vautier, nom jugé trop « politique »

De son côté, Télérama raconte la méthode Fortel, en racontant les instants qui ont précédé le vote, par le conseil municipal d’Elne, pour débaptiser le cinéma. « ​​Je ne souhaite pas politiser la culture. Sauf que René Vautier, avec tout le respect que j’ai pour son travail cinématographique, est quand même, d’après Wikipédia […], un cinéaste du Front de libération nationale », pose le maire lors du conseil municipal du 22 septembre. Moïra Chappedelaine-Vautier, fille du réalisateur, n’en a même pas été informée. « Personne ne m’a appelée », explique-t-elle.

Elle l’a appris trois jours avant la séance. « Des élus qui ont reçu l’ordre du jour du conseil municipal ont prévenu des gens, qui m’ont prévenue. » Alors elle a forcé sa voix, en adressant un texte de deux pages aux conseillers municipaux, lu lors de l’assemblée : « Ce serait un acte lourd de sens : celui d’effacer de ce lieu de culture populaire le nom d’un résistant, d’un cinéaste dont toute l’œuvre fut précisément consacrée à faire vivre la mémoire et la liberté de création », leur écrit-elle. Pas suffisant pour convaincre le maire« . 

Le Nouvel Obs / Qui est René Vautier, le cinéaste anticolonial dont le nom est effacé par la mairie d’extrême droite d’Elne ? 

Dans son article, le Nouvel Obs estime que cet épisode « illustre la bataille culturelle et mémorielle menée par l’extrême droite« . Il revient en détails, sur la vie, l’oeuvre et les combats de René Vautier. « Pour l’extrême droite, du Front national d’hier au Rassemblement national d’aujourd’hui, ce cinéaste aura toujours été, jusqu’au bout et après sa mort, une bête noire, particulièrement pour les nostalgiques de l’Algérie française. Il faut dire que l’homme n’a jamais rien cédé sur le terrain de la lutte contre le racisme, fil conducteur de son œuvre« .

L’article revient tout particulièrement sur l’opposition farouche entre René Vautier et Jean-Marie Le Pen : « Dans les années 1980, alors que le FN réalise ses premières percées électorales, René Vautier reprend la caméra. En réaction à la montée du racisme et aux petites phrases révisionnistes de Jean-Marie Le Pen, il réalise « A propos de… l’autre détail » (1985). Le documentaire fait l’effet d’une bombe. Vautier y recueille les témoignages de victimes algériennes et d’anciens combattants français sur l’usage systématique de la torture à Alger, en 1957. Plusieurs témoins y accusent explicitement le jeune lieutenant Jean-Marie Le Pen d’y avoir pris part. Ce travail d’investigation servira de pièce maîtresse dans les batailles judiciaires opposant le chef du Front national à la presse.« 

Le procès de Saint-Laurent-de-la-Salanque aux assises 

TF1 / « Il est temps qu’ils avouent » : à Perpignan, 3 hommes jugés pour une fraude présumée à l’assurance à l’origine d’un incendie meurtrier

La première chaîne s’intéresse à un procès marquant qui se tient devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales. Trois hommes comparaissent pour leur implication présumée dans l’incendie d’une épicerie en février 2022. Une tentative de fraude à l’assurance serait à l’origine de ce sinistre qui a coûté la vie à 8 personnes, dont 2 enfants.

TF1 rappelle le détail de l’affaire pour laquelle les trois accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. « Les faits remontent à février 2022. Une violente explosion éclate dans la nuit au rez-de-chaussée d’un bâtiment accueillant le commerce de deux frères : Khaled et Raouf Ben Abdeljelil. Un incendie ravage ensuite les appartements de trois immeubles mitoyens, faisant huit victimes au total. Les deux hommes sont accusés d’avoir commandité cet incendie. Ils auraient demandé à une troisième personne, un sans-papier en situation irrégulière, de mettre le feu au commerce. Il s’agirait là d’une tentative présumée d’escroquerie à l’assurance, pour encaisser plusieurs dizaines de milliers d’euros« .

20 Minutes / Huit morts pour une fraude présumée à l’assurance… Trois hommes devant les assises

Le média numérique 20 Minutes revient lui aussi sur cette affaire. Il raconte notamment les témoignages de rescapés. « La famille résidant au-dessus de l’épicerie, qui a survécu, a livré aux enquêteurs un récit terrifiant. Réveillée par un grand « boum » qui a soulevé son lit, la mère a dû tirer sa fille par le bras pour l’empêcher de traverser un grand trou dans le plancher, au travers duquel étaient visibles les flammes.« 

Laïcité : le RN joue-t-il avec le feu (sacré) ? 

Les Surligneurs / Perpignan : la mairie peut-elle exposer une sainte famille géante sur la voie publique ?

Le projet de la mairie de Perpignan est décortiqué par Les Surligneurs. Pour rappel, la mairie prévoit « une installation monumentale » pour un montant de 119 000 €. « Privée de crèche à l’hôtel de ville, la mairie RN de Perpignan veut exposer dans la rue trois statues géantes de la Sainte Famille. Le juge tolère les crèches sur la voie publique, mais ce projet, conçu comme une riposte à l’interdiction des crèches, pourrait heurter la loi de 1905« .

Le Monde / Au RN, la laïcité un temps mise en avant par Marine Le Pen cède la place à l’exaltation des « racines chrétiennes de la France »

Dans cet article, Le Monde note que les conservateurs catholiques ont fait un retour en force dans les cabinets de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il évoque aussi les maires Rassemblement national qui n’hésitent plus à s’afficher aux célébrations et processions associées à des fêtes traditionnelles. A ce titre, l’article mentionne notamment « la procession de l’Archiconfrérie de la Sanch, pendant la semaine sainte, à Perpignan, ville dirigée par Louis Alliot, maire Rassemblement national« . 

Sécurité-incendie : des expérimentations et des durcissements 

Reporterre / Cabanes, yourtes… La traque aux habitats légers s’intensifie depuis les incendies

« Dans les Pyrénées-Orientales, des personnes vivant en cabane ont perdu leur lieu de vie dans les incendies. Depuis, elles se sentent délaissées, voire méprisées, par les autorités locales, qui veulent renforcer la lutte « anticabanisation ». »

Agriculture : eau, énergie et choix de culture au coeur d’innovations 

Socialter / Occitanie, le pari de la pistache

Le magazine en kiosque cette semaine présente un reportage à Estagel, chez des agriculteurs en quête de solutions innovantes adaptées au climat de demain. « Ils sont aux avant-postes des dérèglements climatiques de l’Hexagone. Dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales, des vignerons expérimentent de nouvelles cultures pour sauver la valeur nourricière de leurs terroirs asséchés. Parmi elles, la pistache, qui supporte la chaleur et le manque d’eau.« 

La Lettre M / Un projet agrivoltaïque pour le Thym des Aspres

Le media d’information économique en Occitanie présente cette semaine un projet innovant, pensé dans les Pyrénées-Orientales. « L’ex­ploi­tant agri­cole Thym des Aspres porte un pro­jet agri­vol­taïque as­so­ciant pro­duc­tion d’élec­tri­cité et re­mise en culture d’une friche de 4,5 ha si­tuée dans la com­mune de Brouilla (66). Sous les 4 845 pan­neaux pho­to­vol­taïques se­ront culti­vés en agri­cul­ture bio­lo­gique des plants de thym, ro­ma­rin et la­van­din. Le pro­jet doit fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de la fi­lière des plantes à par­fum, aro­ma­tiques et mé­di­ci­nales, tout en li­mi­tant les be­soins en eau grâce à l’om­brage des pan­neaux« . 

La Gazette des communes / Dans les Pyrénées-Orientales, le réemploi des eaux usées donne de l’air aux agriculteurs 

La Gazette des communes fait un focus consacré à Argelès-sur-mur et son projet lancé de réutilisation des eaux usées traitées (REUT). « Un engagement à irriguer durant quarante ans 650 hectares de terres agricoles avec des eaux usées traitées, au prix de 20 centimes d’euro par mètre cube. C’est la solution trouvée par la communauté de communes des Albères, de la côte Vermeille et de l’Illibéris, avec les agriculteurs et les services de l’État, pour utiliser, six mois par an, le 1,3 million de mètres cubes d’eau de la station d’épuration (Step) d’Argelès-sur-Mer (10.620 hab.) jusqu’alors rejetés dans la mer Méditerranée. »

L’Usine Nouvelle / Pyrénées-Orientales : troisième édition du Salon régional de l’agriculture à Perpignan

Dans un article web, L’Usine Nouvelle présente le Salon régional de l’agriculture, qui se tiendra au Parc des Expositions de Perpignan du 9 au 11 octobre 2026, dans le cadre de la Fête de l’Agriculture. « Pour sa troisième édition, l’événement mettra en avant les productions et les savoir-faire régionaux pendant trois jours, avec un accent particulier sur les circuits courts, les pratiques agricoles durables, la résilience des exploitations et l’innovation verte. Le programme proposera des échanges entre producteurs, professionnels et grand public, ainsi que des temps de sensibilisation aux enjeux environnementaux et des présentations de filières locales« .

Un peu de culture et de divertissement pour finir 

Paris Match / François-Xavier Demaison : histoires d’en rire 

Dans son numéro sorti cette semaine, Paris Match publie un reportage à Thuir, chez François-Xavier et Anaïs Demaison. « De cet écrin de verdure, ils ont fait un paradis à leur image : chaleureux et plein de vie. Il y a une dizaine d’années, le comédien rencontrait Anaïs, originaire de Perpignan, et s’éprenait aussi de cette terre entre Méditerranée et Pyrénées. Là, il se ressource, cultive ses vignes comme l’esprit de famille. Et organise chaque été le festival Pellicu-Live, qui célèbre ses passions, cinéma, gastronomie, musique. Sans oublier l’humour« . 

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Sébastien Leurquin