Article mis à jour le 13 janvier 2026 à 20:17
Jean-Pierre Brazes était jusqu’au 10 janvier dernier le candidat pour Cabestany investi par le Rassemblement national, mais aussi par le parti d’Eric Ciotti, l’UDR. Coup sur coup, il a perdu les deux étiquettes. Le RN invoque des irrégularités graves, des colistiers ouvertement encartés auprès de Reconquête, mais aussi une rencontre devant témoins de Jean-Pierre Brazes avec Yvan Benedetti, militant d’ultradroite connu et installé depuis plusieurs années dans les Pyrénées-Orientales.
Financements irréguliers, absence de mandataire financier, des visuels de campagne hors cadre. Ce mardi 13 janvier, Frédéric Gourier, responsable départemental du RN, liste les irrégularités de campagne de Jean-Pierre Brazes, candidat aux élections municipales de Cabestany, qui ont poussé le RN a désinvestir la liste qu’il menait. « Il y a 7 ou 8 péchés mortels dans une campagne électorale, il les a tous cochés », déclare Frederic Gourier. Selon lui, cette situation pourrait même conduire à une invalidation de la candidature de Jean-Pierre Brazes et à une annulation du scrutin.
Une liste aux personnalités qui dérangent le RN
Le 10 janvier 2026, le parti d’extrême droite a publié un communiqué justifiant sa décision. « Le Rassemblement national ne saurait s’engager dans une alliance comportant la moindre compromission avec des idées que nous ne partageons pas et que nous condamnons pour leur radicalisme ». Lors d’une conférence de presse, Frédéric Gourier cite notamment Jacques Cataldo, délégué départemental Reconquête, et Colette Appert, élue de l’opposition à Cabestany mais aussi ouvertement encartée Reconquête et UDR. « C‘était hors de question qu’on valide une liste avec Colette Appert ou d’autres personnes qui soient officiellement visibles en tant que Reconquête. »

À cela s’ajoute la visite d’Yvan Benedetti, militant nationaliste, dans la permanence électorale de Jean-Pierre Brazes le 5 janvier dernier. « Quand Louis Aliot l’a su, il a fait un bond de deux ou trois mètres ». Pour rappel, Yvan Benedetti avait été écarté du FN en 2012 par Marine Le Pen et l’actuel maire de Perpignan. Contactée, l’élue de l’opposition Colette Appert s’indigne d’un « climat de délation, de colportage d’informations erronées. Si on était en 40, on serait tous morts. »
Yvan Benedetti nie tout lien avec l’élection de Cabestany
Contacté par Made in Perpignan, Yvan Benedetti se dit étranger à ces décisions. « Les municipales de Cabestany ne me concernent en rien. » Alors que plusieurs témoins attestent de son passage à la permanence électorale de Jean-Pierre Brazes, l’ancien membre du Front national nie. Il dénonce une instrumentalisation. « Mon nom est jeté en pâture comme un épouvantail », poursuit-il. Yvan Benedetti rappelle sa position : « L’union des droites, ce n’est pas ma tasse de thé. Je lutte pour une alternative à cela. »
Avec Olivier Mas-Boubay, le RN entend reconstruire une liste à deux mois du scrutin
Le Rassemblement National a décidé d’engager son propre candidat : Olivier Mas-Boubay. L’ancien fonctionnaire territorial va désormais lancer sa propre campagne avec plus d’une dizaine de personnes encore sous le choc des derniers rebondissements et qui ont décidé de quitter – elles aussi – le candidat Jean-Pierre Brazes. « J’ai observé, analysé, mesuré et j’ai décidé que ça ne pouvait pas être un gâchis total », déclare l’ancien colistier de la liste initiale.
Contacté, Jean-Pierre Brazes ne s’exprime pas pour le moment, mais convoque une conférence de presse pour le 14 janvier.
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