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Transition écologique – Les nouvelles éoliennes des Pyrénées-Orientales

Dans les Fenouillèdes, sur les communes de Saint-Arnac et Lesquerde, au coeur de la communauté de communes Agly Fenouillèdes, le nouveau parc éolien inauguré ce mois de Novembre produira 25,85 Méga Watts. Soit l’équivalent de la consommation électrique domestique de 50 000 habitants (10% de la population du département). Un parc porté depuis 2006 par la volonté des collectivités locales et qui générera 250 000 € de redevance annuelle pour ces mêmes collectivités. Malgré “les mesures de compensation” prises pour préserver la biodiversité pour un montant de 500 000 € (sur un budget total de 35 M€), le collectif “Le vent tourne 66” reste particulièrement opposé à l’installation d’éoliennes. Des mesures qu’il qualifie de “rideau d’enfumage”. Refusant de se dire anti-éolien, ils préfèrent à l’installation de grandes pales, l’économie d’énergie liée à l’isolation thermique généralisée des bâtiments. Un sujet clivant et passionné où chacun avance arguments et contre-arguments.

“Les éoliennes, je t’aime moi non plus”

C’est par ces mots que Laurent Alaton sous préfet de Prades rappelait la nécessité de répondre au réchauffement climatique et aux 32% d’énergies renouvelables fixés par la loi en France. Une volonté qui se manifeste sur le terrain “en facilitant les procédures autour des projets d’installations d’énergie renouvelable”. Car, dit-il, “c’est un problème en France, quand, chez nos voisins Allemands, seuls 3 ans suffisent pour construire des projets éoliens, 7 à 8 ans sont nécessaires chez nous”. Le sous-préfet appuyant chacun de ses mots et évoquant “un plan de libération des énergies renouvelables”. Il déplorait que malgré cette l’urgence climatique, l’opinion publique hésite encore avec un discours du type, “les éoliennes, je t’aime moi non plus”. “Acceptons le progrès technique avec ses imperfections et ça va évoluer. Nos éoliennes seront-elles comme cela dans 50 ans, dans 100 ans ? Il faut qu’on y travaille”.

♦ Limiter la pollution visuelle et promouvoir les investissements locaux

C’est une volonté politique des élus que de limiter la visibilité des éoliennes en évitant une implantation de ces mats de 130 mètres en haut des crêtes. C’est, pour Charles Chivillo, la cause de grosses tensions notamment dans l’Aude, où selon le président de la communauté de communes et Maire de Maury, les éoliennes installées en haut des crêtes sont trop visibles.

La volonté portée par les élus était également que les redevances reviennent aux collectivités et par la même à l’intérêt général. Ainsi la communauté de communes percevra 135 000€ dès 2019. 25 000€ de recettes fiscales viendront grossir le budget annuel de Saint-Arnac, commune de 122 habitants. À Lesquerde, les 95 000€ de revenus permettront l’achat d’un hangar réaménagé en salle des fêtes pour les 135 habitants de la commune.

Les élus et l’entreprise porteuse du parc éolien rappellent : “De fortes retombées économiques et des emplois locaux”. Notamment par “la création d’un centre de maintenance des éoliennes implanté sur la commune de Lesquerde. ​Ouvert en janvier 2018 dans des locaux mis à disposition par la commune, il emploie 2 techniciens à temps plein et se situe à 10 minutes du parc”.

♦ Etudes et mesures de compensation environnementale

L’entreprise VALECO qualifie les études environnementales “d’exemplaires et particulièrement approfondies”, justifiées par la présence de plusieurs zones Natura 2000 dans le périmètre du parc. À la suite de ces études, l’entreprise s’engage dans plusieurs mesures :

  • Des mesures d’évitement, avec l’implantation au sein d’un site industriel déjà en activité (carrières). Mais aussi l’éloignement des éoliennes des crêtes rocheuses fréquentées par l’ensemble des oiseaux de la zone. L’entreprise a également  fait en sorte d’éviter “des zones humides ​​et des secteurs de végétation remarquables”.
  • Des mesures afin de réduire l’impact du parc notamment sur les ​chauves-souris qui peuvent fréquenter la zone à la recherche d’insectes pour se nourrir ou lors de migrations. L’entreprise assure que les éoliennes seront stoppées lors des soirées chaudes et peu ventées. L’ingénieur écologue, référent environnemental sur le projet, étudie également la possibilité de mettre en place des méthodes pour “gérer les arrêts sur la base de la détection en temps réel des chauves-souris à proximité des éoliennes”.
  • L’entreprise familiale montpelliéraine qui emploie 150 personnes a également mis en place des mesures pour compenser l’impact sur la population de reptiles. Le groupe VALECO a conçu et installé des micro-habitats en pierre qui favorisent le cycle biologique des reptiles à différents stades​​. Ces micro-habitats intègrent des potentiels sites de ponte et constituent des abris hors de portée des prédateurs.
  • L’aigle de Bonelli, dont un des 30 derniers couples en France, niche à 2 500 m dans les contreforts pyrénéens a fait l’objet de toutes les attentions. Afin d’augmenter la zone de chasse du rapace, l’entreprise a conclu un partenariat avec la Chambre d’Agriculture en favorisant l’implantation d’un éleveur et de ses 250 brebis. Pour Michel Guallar, président de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales, cette aire pastorale va permettre de générer un environnement favorable pour les petits animaux qui constituent la nourriture de l’aigle.
  • En parallèle du parc éolien et pour éviter une surmortalité animale, 15 kilomètres de lignes ​​à haute tension identifiées comme ​dangereuses pour les rapaces ​​par le programme de la L​igue de Protection des Oiseaux ont été sécurisées par l’installation d’un système d’effaroucheur qui éloigne les oiseaux et les empêche de se meurtrir en touchant les câbles avec ses ailes au moment du décollage.
  • L’ingénieur écologue a également organisé le passage d’une équipe aux pieds des éoliennes deux fois par semaine d’avril à octobre. Cette équipe pourra mesurer la mortalité des oiseaux et autres chauves souris attirés par les pales en mouvement. Matias Bouzin nous déclarait que l’objectif était de “zéro mortalité”. Même s’il admettait que la mortalité animale existe, “il faut d’abord étudier si cette mortalité impacte ou non l’espèce avant l’éventuelle mise en place d’appareils innovants qui détectent la présence de l’animal afin de réguler l’activité des pales”.

♦ Le collectif le vent tourne dénonce “le marketing délicieux pour faire passer la pilule”

Jean Giralt, photographe animalier particulièrement investi dans la lutte contre l’installation d’éoliennes dans notre département, dénonce “l’appel hypnotique” que produisent les pales d’éoliennes sur les volatiles. Un appel qui attire les oiseaux et autres chiroptères (chauves-souris) qui finissent par mourir aux pieds des mats, percutés par les pales. Le photographe faisant référence au décompte morbide réalisé par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) de l’Hérault et rapporté par Le Monde. L’association de défense animalière a retrouvé 33 cadavres de faucons “crécerellettes” aux pieds des 31 éoliennes d’Aumelas dans l’Hérault. Un constat qui a conduit, en 2017, France Nature Environnement à porter plainte contre EDF pour destruction d’espèces protégées, fait prévu dans le code de l’environnement et punit par deux ans de prison et 150 000  € d’amende.

Jérôme Riera de Castells, membre du Collectif le Vent Tourne 66 tempête : “Le problème est un problème de fond, du marketing délicieux très au point pour convaincre les élus du bienfait de l’éolien. Mais la réalité, c’est que l’éolien détruit la biodiversité, l’habitat des animaux, le biotope et perturbe la route migratoire des oiseaux”. Le collectif ne croit nullement à l’arrêt des éoliennes affiché par les industriels, et parle de “rideau d’enfumage” et “de permis de tuer”. Son porte-voix s’agace : “On n’a pas besoin de l’éolien dans la transition écologique !”. Rappelant les paroles de l’ancien ministre de l’écologie Nicolas Hulot, dont la démission à la rentrée a fait grand bruit. “Le meilleur KWH est celui qui n’est pas consommé”, appelant à la généralisation de l’isolation thermique des bâtiments.

Se qualifiant de lanceur d’alerte, le collectif est particulièrement remonté contre un projet qui prévoit, à horizon 2020, l’installation de 6 éoliennes à Fourques, appelant à manifester contre le projet devant la mairie de la commune le 1er décembre à 10H. Pour contrer le discours et les études “non-indépendantes” car financées par EDF ou les groupes producteurs d’énergie, l’activiste prévient que “des études contradictoires et indépendantes seront bientôt menées”.

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