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« De quoi tuer nos communes et nos vallées » : les cures thermales en danger dans les Pyrénées-Orientales ?

05/09/2020, Amelie-les-Bains, France, Palalda thermes romains

Le gouvernement envisage une forte réduction du remboursement des cures thermales dès 2027. Présentée comme une économie pour l’Assurance maladie, la mesure fait craindre des conséquences économiques et sociales majeures pour le secteur. Dans les Pyrénées-Orientales, cinq communes sont directement concernées. 

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Une cure oui, mais d’austérité. Dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2027, le gouvernement prévoit de réduire fortement le remboursement des cures thermales. Aujourd’hui, l’Assurance maladie prend généralement en charge 65 % des soins prescrits. Demain, une partie de cette dépense serait transférée aux complémentaires santé. L’objectif affiché est clair : économiser 200 millions d’euros par an. La mesure, encore à l’état de projet, pourrait être appliquée par décret. Pour certains, à commencer par la Cour des comptes, le déremboursement relèverait du bon sens.

A l’inverse, dans les villes thermales, la perspective provoque une levée de boucliers. À Amélie-les-Bains, la maire Marie Costa, également présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, et Nicolas Brouillet, directeur des thermes de la Chaîne thermale du Soleil, ont lancé une pétition. Le ton est alarmiste. « Pour une économie estimée à 200 millions d’euros serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale », écrivent-ils. 

500 000 patients concernés 

« Avec nos eaux, durables, éternelles même, chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladies chroniques trouvent un traitement durable et naturel », rappellent les auteurs de la pétition. Les défenseurs du thermalisme insistent sur les bénéfices médicaux des cures. « Dans 90 % des cas, les cures présentent un service médical rendu démontré : elles réduisent la douleur, améliorent la qualité de vie et limitent le recours aux médicaments et aux hospitalisations », assurent-ils.

Un argument sanitaire auquel s’ajoute un calcul financier. Les thermalistes rappellent que les cures représentent seulement 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie, pour 8,3 millions de journées de soins chaque année. À leurs yeux, le calcul gouvernemental pourrait même se retourner contre lui. 

« L’économie espérée de 200 millions serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui s’y substitueraient. »

Au-delà, les signataires redoutent d’importantes conséquences économiques et sociales. Une baisse de fréquentation des curistes toucherait bien au-delà des seuls établissements thermaux. Avec des conséquences sur les emplois directs et indirects, dans les hébergements, commerces ou restaurants… « Le plan de licenciement de 25 000 personnes est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste », accusent les auteurs de la pétition.

Aggravation des difficultés en zones rurales ? 

D’après les opposants à la mesure étudiée par le gouvernement, l’impact serait d’autant plus fort que le thermalisme fait vivre de nombreuses petites communes rurales. Le déremboursement des cures engendrerait « de quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité ». « Près de 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants : les fragiliser reviendrait à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes », s’alarment Marie Costa et Nicolas Brouillet.

En France, 88 stations thermales conventionnées sont concernées. Dans les Pyrénées-Orientales, cinq communes en font partie : Amélie-les-Bains, Le Boulou, Vernet-les-Bains, Molitg-les-Bains et Prats-de-Mollo-la-Preste. Des territoires où l’activité thermale constitue un moteur économique important, et où la perspective d’une baisse de fréquentation inquiète.

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