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07/05/2020, Canet-en-Roussillon, France, Illustration déconfinement interdiction plages, bord de mer, terrasses des cafés et restaurants / deconfinement banning beaches, seaside, café and restaurant terraces © Arnaud Le Vu / MiP / APM

2.600 emplois privés détruits au 1er trimestre | Qui paye le lourd tribut des Pyrénées-Orientales ?

LECTURE

Fin mars 2020, l’emploi salarié privé recule en Occitanie de 2,5 % sur trois mois et de 1 % sur un an ; et ce suite au net ralentissement de l’activité. Dans ce contexte, la masse salariale chute ce trimestre de 3 %. La région perd 35.000 postes en trois mois ; soit plus qu’elle en avait créés au cours de l’année 2019. L’intérim est le secteur le plus touché avec 24.000 postes détruits en trois mois. Hors intérim, les pertes sont moins importantes grâce aux mesures de chômage partiel et arrêts maladie dérogatoires qui ont permis d’amortir la baisse.

♦ Selon l’URSSAF, l’Occitanie résiste mieux que d’autres régions de France

35.000 postes salariés en trois mois, ce chiffre correspond au nombre total d’emplois créés au cours des cinq précédents trimestres. Sur un an, les effectifs salariés fléchissent de 1 % en Occitanie ; soit 14.100 postes perdus. En France, l’emploi salarié recule de 1,6 % sur les douze derniers mois.

La masse salariale du secteur privé soumise à cotisations se contracte de 3 % au premier trimestre par rapport au trimestre précédent en Occitanie. Le recours important au chômage partiel et l’accès facilité aux arrêts maladie, pour la garde d’enfants notamment, conduisent en effet à substituer aux salaires des indemnités non soumises à cotisations sociales, et donc non comptabilisées dans l’assiette salariale suivie dans cette publication. Sur un an, la masse salariale soumise à cotisations est stable , l’impact de la crise ce trimestre se limitant aux deux dernières semaines de mars.

♦ L’emploi intérimaire s’effondre, l’hébergement-restauration en difficulté

La baisse de l’emploi salarié fin mars affecte surtout les contrats les plus précaires, intérimaires ou de courte durée. L’intérim concentre ainsi les deux tiers des postes détruits au premier trimestre en Occitanie ; soit 24.100 postes de moins. La chute de l’emploi intérimaire fin mars est comparable au niveau national . Hors intérim, le repli de l’emploi privé se limite à -0,8 % sur trois mois ; soit -11.000 postes. L’évolution de l’emploi demeure positive sur un an dans le tertiaire hors intérim.

Deux secteurs d’activité subissent un fort impact dès la fin du mois de mars : l’hébergement-restauration et les autres activités de services. Dans l’hébergement et la restauration, les effectifs se contractent de 5,1 % ce trimestre et de 1,7 % sur un an. Ce secteur perd en trois mois autant de postes qu’il en avait créés sur l’ensemble de l’année 2019 : -4.800 postes en Occitanie.

L’hébergement est l’activité la plus touchée avec une baisse de ses effectifs atteignant 7,9 % ; soit -1.760 postes. Dans la restauration, l’emploi chute de 4,2 % ; soit 3.000 postes supprimés.

♦ Quid de l’industrie, du commerce ou du BTP ?

Le secteur des transports et de l’entreposage subit également un fort ralentissement dès la fin du premier trimestre ; -1 % sur trois mois soit un millier de postes détruits. L’emploi industriel est en légère baisse au premier trimestre 2020 ; -0,2 % sur trois mois, soit 500 postes perdus. Sur un an, l’industrie continue de créer des postes en Occitanie, à un rythme ralenti ; alors que l’emploi se contracte au niveau national. La masse salariale du premier trimestre recule de 0,4 %par rapport au trimestre précédent, mais elle croît de 1,8 % sur un an.

Dans le commerce, les effectifs reculent de 0,5 % ; soit -1.250 postes, après une hausse de 0,9 % au trimestre précédent. Sur un an, ce secteur reste créateur d’emplois. L’emploi baisse de 0,4 % sur trois mois dans la santé et l’action sociale. Enfin, le secteur de l’information et communication, très dynamique en Occitanie depuis quatre ans, perd des postes au premier trimestre ; notamment dans l’édition et l’audiovisuel.

Seules les activités scientifiques, techniques, de soutien et services gagnent des postes ce trimestre ; notamment les activités juridiques, de conseil et d’ingénierie .

La crise sanitaire a également stoppé le dynamisme de la construction (+3,5 % fin 2019). L’impact du Covid-19 est surtout marqué sur la masse salariale des entreprises du BTP, dès la fin mars, en raison du fort recours au chômage partiel. L’assiette soumise à cotisations chute dans l’ensemble des branches par rapport au quatrième trimestre 2019 : -8,1 % au total.

♦ Focus sur la situation des Pyrénées-Orientales

L’intérim est aussi en forte baisse dans les Pyrénées-Orientales. Mais comme l’Hérault, le département bénéficie du dynamisme des effectifs dans la construction qui atténue la baisse de l’emploi global. Hors intérim, les effectifs progressent même de 0,7 %.

Au premier trimestre, les effectifs salariés baissent de 2,7 % dans les Pyrénées-Orientales, sous l’effet du ralentissement économique lié à la crise sanitaire. En trois mois, 2.600 emplois ont été détruits ; soit l’équivalent du nombre de postes créés au cours de l’année 2019.

Le tertiaire est le secteur le plus impacté par cette crise, en particulier l’intérim dont les effectifs plongent de 49,5 % en trois mois. Hors intérim, l’emploi tertiaire est en baisse de 1,2 %. A l’exception de l’industrie et du commerce, tous les secteurs d’activité perdent des postes ce trimestre. La masse salariale chute de 4,8 % ce trimestre et de 1,4 % sur un an.

♦ Le recul de l’emploi ce 1er trimestre n’épargne aucun département d’Occitanie

Sur un an, la Haute Garonne est le département où les répercussions de la crise sont les moins fortes : -0,2 %. Les effectifs intérimaires chutent de 43 % sur un an ; mais l’emploi continue de progresser dans les autres grands secteurs : +2 % dans le tertiaire hors intérim, +1,1 % dans la construction et +1 % dans l’industrie.

Outre la Haute-Garonne, les effectifs hors intérimaires progressent dans le Tarn-et-Garonne, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Gers. Dans l’Hérault, l’emploi hors intérim progresse de 1,1 % sur un an grâce aux créations de postes dans la construction et l’industrie.

Dans le Tarn-et-Garonne, les effectifs reculent de 1 % sur un an. La construction et le tertiaire hors intérim demeurent créateurs d’emplois sur un an ; hors intérim, les effectifs progressent de 1,3 %. L’Aude, le Gard et le Tarn enregistrent un recul très marqué des effectifs intérimaires : -43 % sur un an.

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