On pensait l’élection municipale derrière nous, elle se poursuivait devant le tribunal administratif. Alors que le 15 mars dernier, Louis Aliot a été reconduit à la tête de la mairie de Perpignan, deux de ses adversaires avaient, dans la foulée, déposé un recours. Ces derniers ont été rejetés ce jeudi 1er octobre.
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La décision était attendue, elle est désormais rendue et chacun rentre bredouille. Mickaël Idrac, tête de la liste «Perpignan, Changez d’Air» (LFI), contestait la présentation de ses bulletins dans les bureaux de vote (ils avaient été retournés en cours de journée à la demande de la commission de contrôle et de la préfecture). Quant à Agnès Langevine et ses colistiers de « Plus forts pour Perpignan », ils dénonçaient, eux, toute une série d’irrégularités, allant de ces mêmes bulletins à l’utilisation d’étiquettes politiques par la liste de Mathias Blanc, en passant par les procurations et les listes d’émargement. Le tribunal a finalement rejeté les deux recours.
Par ailleurs, s’il reconnaît bien plusieurs votes irréguliers, ceux-ci ne sont pas suffisamment nombreux pour modifier le résultat du scrutin. Après avoir retranché hypothétiquement huit voix à Louis Aliot, son score passe de 50,61 % à 50,59 %. Le maire RN de Perpignan conserve donc sa majorité absolue et l’ensemble des sièges attribués.
Une élection qui se joue à pile ou face
Premier sujet : le bulletin de vote de la liste « Perpignan changez d’air » menée par le candidat insoumis Mickaël Idrac. Ceux-ci étaient en effet recto verso. Photo et logo d’un côté, noms de la liste de l’autre. Lors du premier tour, les colistiers d’Agnès Langevine avaient demandé à la préfecture de retourner les bulletins afin qu’ils affichent la liste dans son intégralité. Selon eux, le fait que, dans plusieurs bureaux de vote, « la liste « Perpignan, changez d’air » soit présentée de manière plus « aguicheuse » a inexorablement attiré l’œil et le choix de l’électeur ».
À noter que la même affaire avait conduit Mickael Idrac lui-même à demander l’invalidation du scrutin. Son recours dénonçait la requête de la liste d’Agnès Langevine et la décision « arbitraire » de la préfecture de retourner ses bulletins durant la journée. La face affichée en bureau de vote, n’indiquant donc pas visuellement le candidat, lui aurait coûté des votes. « Les électeurs ont été privés de choisir un bulletin où ma photo et les partis qui me soutiennent étaient visibles en raison d’une malveillance provenant d’une liste concurrente. »
À ce sujet, le tribunal administratif a statué qu’aucune irrégularité ne pouvait être retenue dans la décision de retourner les bulletins afin de faire apparaître les mentions obligatoires. Il estime également que Mickaël Idrac n’apporte pas la preuve que cette présentation aurait empêché les électeurs d’identifier son bulletin ou altéré la sincérité du scrutin.
Le tribunal rejette également l’argument inverse d’Agnès Langevine. Il relève que les bulletins n’ont été présentés avec la photographie de Mickaël Idrac visible que dans quelques bureaux sur les 76 que compte Perpignan et pendant un temps « très limité ». Une situation qui n’a, selon lui, pas été de nature à altérer la sincérité du scrutin.
Contre Mathias Blanc, Agnès Langevine dénonce une « stratégie de parasitisme »
Deuxième acte du recours d’Agnès Langevine, la demande d’annulation des résultats de la liste « Perpignan Autrement » menée par Mathias Blanc. Agnès Langevine et ses colistiers l’accusaient en effet d’utiliser frauduleusement les étiquettes Place publique et Parti socialiste, alors même que c’est sa liste à elle qui avait été investie par les deux partis. Mathias Blanc avait quant à lui le soutien des militants locaux. Mais pour Agnès Langevine, l’usage de certains logos et des mentions « socialistes » ou « militant place publique » sur la liste de candidats ou certains tracts était trompeur.
« Sans cette stratégie de parasitisme des candidats de ‘Perpignan autrement’, leur liste aurait obtenu un résultat a minima divisé par deux et la liste des protestataires aurait été largement au-delà des 22%, ce qui aurait eu pour conséquence une augmentation de ses élus au conseil municipal et au conseil communautaire. »
La liste « Plus forts pour Perpignan » demandait donc de déclarer nuls l’ensemble des 3193 bulletins de la liste « Perpignan, changez d’air ! », et les 2973 bulletins de la liste « Perpignan autrement. » Ce qui revenait à invalider les sièges obtenus par Mickael Idrac et Mathias Blanc, soit quatre au sein de la mairie et trois à la communauté urbaine.
Là encore, le tribunal écarte les arguments des requérants. Concernant Place publique, il relève que cinq candidats de la liste de Mathias Blanc avaient bien fait apparaître leur qualité de militants du parti, mais estime que ces seules mentions ne suffisent pas à caractériser une manœuvre destinée à tromper les électeurs.
Même conclusion pour le Parti socialiste. Le tribunal rappelle notamment que Mathias Blanc avait été désigné en septembre 2025 pour conduire la liste du PS avant que cette investiture ne lui soit retirée le 8 février 2026, alors que certains tracts et affiches étaient déjà imprimés. Les différentes références au socialisme relevées pendant la campagne ne sont donc pas considérées comme une manœuvre ayant trompé les électeurs.
Un second tour empêché ?
Enfin au-delà de quelques sièges de l’opposition, « Plus forts pour Perpignan » espérait également annuler l’élection et la victoire de Louis Aliot. Elle demandait en effet le retranchement de 372 voix exprimées en faveur du vainqueur de l’élection, sur la base de supposées irrégularités de vote. Des émargements non conformes, des double votes, des électeurs radiés et des procurations non abouties sont notamment cités.
Au bout du compte, le tribunal ne retient que huit voix. Quatre votes matérialisés par une simple croix sur la liste d’émargement, le vote d’une électrice qui avait été radiée des listes électorales et trois bulletins supplémentaires retrouvés dans deux urnes par rapport au nombre d’émargements. En retirant hypothétiquement ces huit voix à Louis Aliot, le tribunal fait passer son résultat de 16 835 à 16 827 voix. Soit 50,59 % des suffrages exprimés, toujours suffisamment pour être réélu dès le premier tour. Les irrégularités reconnues restent donc sans incidence sur le résultat de l’élection et Louis Aliot reste maire.
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