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Commémoration du 11 novembre dans les écoles : une première qui divise à Perpignan

Le 2 juillet 2026, le ministre de l’Éducation Edouard Geffray a instauré une cérémonie commémorative de l’armistice du 11 novembre dans les écoles et établissements scolaires. Plusieurs syndicats enseignants des Pyrénées-Orientales s’insurgent. Favorable au dispositif, le maire de Perpignan dénonce une opposition « indécente » de « syndicats gauchistes ».

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C’est une première. À partir du CM1 jusqu’à la terminale, les élèves devront assister à la cérémonie commémorative du 11 novembre. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la journée nationale de commémoration de la victoire et de la paix, dédiée également à un hommage à tous les « Morts pour la France », civils et militaires, quel que soit le conflit contemporain. Les chefs d’établissements sont aussi autorisés à solliciter « le délégué militaire départemental » mais aussi des « réservistes opérationnels ou citoyens ». Autrement dit, les directeurs d’école pourront faire venir des militaires lors des cérémonies dans les établissements.

« La militarisation de l’éducation est en marche »

Face à cette mesure, plusieurs syndicats enseignants montent au créneau. Parmi eux, Nicolas Ribo, secrétaire académique de la CGT Éducation, qui exprime un désaccord total avec cette directive. « Le ministère veut renforcer la logique d’ordre, de contrôle, et de mise au pas dans l’école. Le discours ambiant porté par tous les ministères se tourne davantage autour de la guerre. La militarisation de l’éducation est en marche ».

Nicolas Ribo précise également que « ce devoir mémoriel est déjà abordé par les professeurs d’histoire-géographie et d’enseignement moral et civique ».

Confusion entre mémoire et histoire

Même son de cloche pour Marc Moliner. Pour le co-secrétaire du SNES-FSU, le caractère obligatoire de cette directive ministérielle pose problème. Mais pas seulement…

« Il y a une confusion dans l’esprit du ministère entre ce qu’est la mémoire et ce qu’est l’histoire. Ce sont deux choses différentes qu’il ne faut pas confondre. Une mémoire est subjective, nous pouvons en avoir plusieurs pour un même événement. Alors que l’histoire, c’est une science qui s’appuie sur des faits prouvés et sur un travail de fond. Et là, il y a un mélange des deux », explique Marc Moliner.

Le co-secrétaire du SNES-FSU s’inquiète ensuite de la mise en avant « d’aspects nationalistes et guerriers » qu’il juge problématique dans le contexte actuel. Il redoute également une récupération politique et une instrumentalisation de cette cérémonie.

« Un pas de plus dans la militarisation »

Pour Léa Docus, co-secrétaire départementale Sud Éducation 66, le 11 novembre doit être commémoré comme « la journée nationale de la paix » et du « plus jamais ça ». La professeure de physique-chimie déplore : « C’est un pas de plus dans la militarisation des esprits et de l’école. Cette militarisation passe par les classes défense, le SNU ou encore les interventions de l’armée à l’école qui sont de plus en plus fréquentes ».

Léa Docus pointe un décalage entre les objectifs affichés par le ministère de l’Éducation et la réalité du terrain. Elle rappelle que le ministère souhaite faire vivre aux élèves « l’unité de la communauté nationale ». Un discours qu’elle estime contradictoire avec « la répression policière et judiciaire exercée contre les lycéens mobilisés ».

« Le sentiment qu’on se sert de l’école pour la campagne présidentielle »

Du côté de la FSU-SNUIPP 66, Grégory Raynal assure que les syndicats ne sont pas opposés à cette cérémonie. Le membre du bureau syndical explique : « Les enseignants ont toujours enseigné sur cette commémoration et sur ce qu’il s’est passé durant les deux guerres mondiales. Aujourd’hui, nous tirons la sonnette d’alarme et nous demandons aux ministères de nous faire confiance, de nous laisser travailler de manière sereine ».

De plus, Grégory Raynal a le sentiment que l’école pourrait servir à faire passer des messages sur l’autorité, et être instrumentalisée en vue de la prochaine campagne présidentielle.

« Monsieur Aliot a tapé de manière très frontale sur de soi-disant syndicats gauchistes. Mais il a également indiqué qu’il veillera lui-même à ce que ces cérémonies soient bien mises en place, sans entrave, sans boycott ».

Le syndicaliste rappelle que cette mission relève de la direction académique, chargée de veiller à l’application des directives et des programmes de l’Éducation nationale.

Le maire de Perpignan dénonce une opposition qu’il juge « indécente »

Dans un communiqué publié ce vendredi 30 octobre, le maire de Perpignan dénonce avec
« force la croisade idéologique de certains syndicats enseignants contre l’hommage aux ‘Morts pour la France’ instauré dans les écoles, dès le CM1. »

Pour lui, les syndicats « gauchistes » qui s’opposent à ces commémorations font preuve d’un manque de respect. « Indécent envers les poilus de Verdun, les résistants, les soldats tombés sous nos couleurs. Indécent pour Aimé Giral et ses amis de l’USAP morts pour la France ».

L’élu d’extrême droite se félicite de cette nouvelle directive. « Les élèves se recueillent quelques minutes devant le drapeau, écoutent la Marseillaise et apprennent ce que fut le sacrifice de ceux qui sont tombés pour que la France reste libre. Rien de plus ».

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Clément Bassot