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Du Viêtnam à Perpignan en vélo, “Les Frérots” ont planté plus de 5.000 arbres durant leur périple

LECTURE

“Avant, nous on s’engageait” pourraient dire ceux qui croient que la jeunesse d’aujourd’hui ne sait qu’alterner télé-réalité et jeux vidéo. Comme pour les contredire, nous avons rencontré les deux frères Molcard qui ont choisi d’enfourcher leur vélo pour traverser 17 pays et pédaler durant 14.764 kilomètres pour relier le Viêtnam à la France. Ils ont franchi la passerelle de l’Archipel pour rejoindre leur famille ce 14 août après avoir semé 5.400 arbres fruitiers sur leur chemin.

♦ D’une idée qui germe à la plantation d’arbres

Leur objectif de départ était de planter 10.000 arbres fruitiers. Et ainsi appuyer l’autonomie alimentaire des communautés à travers le monde grâce à la technique de la forêt comestible.

Leur premier projet est au Viêtnam où ils ont arboré de 1000 fruitiers 6 orphelinats de la ville de Kon Tum. Une action qui bénéficiera à la stabilité alimentaire et financière de 800 enfants de manière pérenne.

En Birmanie, “ne pouvant rester sur place que 5 jours (à cause des lois birmanes très contraignantes pour les étrangers) et l’espace étant limité, nous avons décidé de transformer les 140 m2 derrière le terrain de foot en forêt comestible. Comme à l’accoutumée, nous nous confrontons à un terrain très compacté, pollué, totalement à nu et à l’activité biologique quasi-nulle. Nous commençons donc par protéger l’espace par une clôture en bambou. Nous couvrons ensuite le sol par un épais paillage de feuilles et autres déchets organiques. Des arbres comme le Jacquier, le cocotier, ou encore quelques Citrus. Ainsi que certaines plantes médicinales comme l’Aloe Vera ou la menthe, achetés chez un pépiniériste local, sont plantés. Tout en respectant les distances nécessaires à leur croissance. 40 végétaux ont ainsi pu être installés. De plus, du maïs et des courges (Maxima, Pepo, Moshtacha) ont été semés pour rendre l’espace productif. Le temps que les fruitiers donnent leurs premiers fruits”.

♦ Deux jeunes ouverts au monde

Joseph, 23 ans et diplômé en management dans l’hôtellerie, était en mission de service civique à Kon Tum, au Viêtnam. Il était en charge du programme de formation hôtelière de 6 orphelinats. Il a été le point d’ancrage du projet des Frères Molcard. Quant à Raphaël, 25 ans, il découvre la permaculture et part en Amérique latine. Il a appuyé et coordonné différents projets agricoles et sociaux pendant 2 ans en Colombie. Il est le technicien du projet forêt comestible.

♦ Le moment le plus difficile, la maladie de Joseph en Inde

De ce voyage atypique, Raphaël et Joseph garderont des souvenirs impérissables. Un lien qui les reliera bien au-delà de la simple relation entre frères. Ils se souviendront également de l’un des moments les plus difficiles. Celui où Joseph est tombé gravement malade en Inde et a dû être hospitalisé, un moment d’inquiétude qui soudera encore plus le tandem.

Mais au-delà de cela, tout a commencé comme un défi lancé par le cadet à l’aîné : “Ça te dit de faire un road trip de fou entre frangins ?” Mais le voyage sans objectif n’était pas dans les valeurs des deux frères. Ils voulaient donner du sens à cette expérience et les connaissances en permaculture de Raphaël ont été le point de départ pour cette odyssée.

“D’un côté, on a vu des choses exceptionnelles. Mais de l’autre côté du monde, les populations sont en grande difficulté par rapport au réchauffement climatique. On a vu des choses terribles. Les populations que nous rencontrions ont la tête dans le guidon pour simplement pouvoir survivre. Mais quand ils vont racler le dernier seau d’eau au fond du puits, ils se rendent bien compte qu’il y a quelque chose qui cloche. Pour eux, planter des arbres, ça fait vraiment sens !”

♦ Des forêts jardins dans les écoles des Pyrénées-Orientales et de Saint-Denis (93) ?

Les deux frères reviennent avec des idées plein la tête, et des contacts dans leur sac à dos. A la rubrique des idées, ils voudraient pouvoir planter, dans chacune des écoles du département, une dizaine d’arbres fruitiers. Alors que la mode des jardins familiaux fleurit partout, et à quelques mois d’échéances électorales, il se pourrait que certains candidats y voient là un bon moyen de verdir leur discours.

On pourrait donc voir pousser dans les cours d’écoles catalanes, des forêts jardins. Un système productif basé sur un mix des deux techniques. La forêt-jardin recherche la captation et l’utilisation optimale de la lumière comme de l’espace. Dans cette optique, on associe des arbres avec des arbustes et des plantes ainsi que des légumes-racines et des plantes grimpantes afin d’occuper l’espace sur 7 strates. Chaque mètre carré est donc exploité de manière intensive et chaque plante trouve son utilité dans le système. Un challenge dans une époque où l’on coupe ces mêmes arbres pour prévenir les risques de plainte de parents. Par exemple, en cas de chute de branches.

Le second projet également en lien avec les écoles, pourrait se faire en région parisienne, à Saint-Denis (93). En effet, lors de son séjour en Colombie, Raphaël a rencontré nombre d’associations qui voudraient implanter des jardins de la mémoire à Saint-Denis. Selon Raphaël, l’arbre et surtout les racines sont un concept très fort en Colombie.

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