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Économie de la Communauté Urbaine de Perpignan – Interview de Laurent Gauze

LECTURE

“Il faut préparer la terre, la nourrir, planter, l’arroser, et l’entretenir avant de récolter”. Et il semblerait qu’en la matière, Laurent Gauze, vice-président en charge de l’économie à la Communauté Urbaine de Perpignan s’apprête, avec Jean-Marc Pujol président de Perpignan-Méditerranée, à faire une bonne moisson de nouvelles implantations à Perpignan. Rencontre avec Laurent Gauze qui nous décline sa “stratégie de conquête”, mais aussi sa vision des municipales 2020.

♦ “Nous sommes sur un développement économique de conquête”

Pour rappel, Perpignan a décroché son label French Tech en avril dernier. Ce label vise à promouvoir le développement et l’innovation des start-ups d’un territoire. Perpignan devient ainsi l’une des 38 communautés labellisées.

Lors de notre dernier entretien, Laurent Gauze avait évoqué la possibilité de passer le flambeau du digital. Et notamment celui de conduire la délégation catalane au CES de Las Vegas. Depuis qu’il est président de l’Agence de Développement Économique (ADE), Laurent Gauze, en partenariat avec la CCI*, organise ce déplacement de start-ups locales au plus grand salon consacré à l’innovation technologique en électronique grand public.

“Las Vegas 2020, je le prépare. Et si French Tech a les financements pour cette année, ils le porteront. Mais s’ils ne sont pas à même de le porter cette année, ils le co-porteront et donc on transmettra le flambeau à 50 ou à 100%”.

♦ Destination Shangaï ?

“J’avais dit que l’ADE devait lancer des choses. Et si ça marche, il faut le donner à des personnes qui pourraient le porter. Si ça ne marche pas, il faut le dire aussi”. Et Laurent Gauze assume toutes les décisions prises, y compris celle du déplacement à Las Vegas, malgré les nombreuses critiques. “J’ai beaucoup de fierté pour mon territoire, mais c’est compliqué de rester assis à son bureau et de dire, je veux. Moi, je n’y crois pas. Ce que je veux, je vais le chercher. Nous sommes sur un développement économique de conquête, avec beaucoup d’ambition”.  Pour le vice-président délégué à l’économie de la communauté urbaine, l’installation de Computacenter au Centre Del Mon est une conséquence directe de ce marketing conquérant.

Après avoir ouvert la route de l’Ouest aux start-ups du territoire, Laurent Gauze envisage de faire de même en se tournant vers l’Est. L’ADE pourrait bien amener ou accompagner une délégation d’entrepreneurs locaux au Digital Future qui se tient en juillet à Shangaï. “En tant que vice-président en charge de l’économie, je trouve que ce n’est pas mal de chercher à s’immerger dans l’avenir. Perpignan a tissé des liens et des ponts avec des villes plus grandes qu’elle. Pour pouvoir demander des choses, j’ai toujours pensé qu’il fallait être leader, proposer des choses. Et c’est ce que nous faisons !”

♦ Les zones d’activité n’ont-elles pas contribué à vider le centre-ville de ses professionnels ?

Lors d’une concertation lancée en décembre 2018, la mairie faisait le constat alarmant : “Un quart des commerces sont fermés en Centre-Ville”. En parallèle, la zone Tecnosud 2 ne cesse de voir ses immeubles de bureau sortir de terre. Y-a-t-il une relation de cause à effet ? Laurent Gauze, déclare : “Alors oui, quand on fait un lotissement à Tecnosud, on fait un appel d’air vers l’extérieur”. Laurent Gauze rappelle qu’il est élu à la CCI depuis de nombreuses années, et que c’est l’ancienne équipe qui avait voulu lancer Tecnosud 2. Cette zone d’activité se trouve sur la route qui relie le Moulin à Vent à Villeneuve de la Raho.

“À l’époque, j’avais dit qu’il fallait faire Tecnosud à Saint-Matthieu” (quartier historique du centre-ville). Laurent Gauze rappelle qu’historiquement, il s’agissait d’un quartier d’artisans. “On aurait pu en faire un quartier de start-ups, mais ça n’a pas été fait…”. Il assume néanmoins que “quand on est dans une équipe, il faut avancer même en cas de désaccord. Tecnosud commencé, on s’est dit qu’il valait mieux le finir. Quand nous avons été élus, il y avait des terrains à vendre sur toutes les zones. Et cela n’était pas admissible !”. Mais l’élu rajoute : “Critiquer la vision économique d’il y a 10 ans avec les yeux d’aujourd’hui, c’est un peu trop facile”.

Après cet appel d’air des notaires, comptables et autres avocats, Laurent Gauze précise : “Ensuite, il a fallu se battre pour amener des entreprises à se réimplanter”. Citant l’exemple de Computacenter qui installe son centre de service téléphonique au Centre del Mon. Computacenter prévoit d’embaucher 150 personnes à horizon 2021.

♦ À propos des Municipales 2020 ?

Alors que se multiplient déjà sur Internet les blogs anonymes, certains à la limite de la diffamation, le prochain rendez-vous avec les urnes est dans tous les esprits. Nous avons questionné Laurent Gauze sur une éventuelle candidature de Jean-Marc Pujol et sur le bilan de son équipe.

“Pfff, moi je ne compte pas là-dedans, je n’ai aucune ambition. J’ai souvent été en contradiction avec Jean-Marc Pujol. Parce que je trouve qu’il n’a pas assez fait de communication sur lui, sur l’équipe, et sur l’ensemble de ce qui a été fait. On a parfois pris la bassine, car on n’a pas assez mis en avant notre bilan. Mais aussi, l’état dans lequel les élus ont trouvé la situation à leur arrivée et les conséquences qui en découlaient. Avec la nécessité de serrer les budgets pour compenser le passif. En politique, je pense qu’il faut savoir dire : nous avons pris nos fonctions là et nous laisseront la ville à tel niveau.”

Laurent Gauze loue la correction de Jean-Marc Pujol “en assumant tout, y compris ce qui ne lui incombait pas”. Pour rappel, Jean-Marc Pujol est Maire depuis avril 2009, après la démission de Jean-Paul Alduy qui s’est consacré à l’agglomération Perpignan-Méditerranée après sa réélection. Jean-Marc Pujol a été élu en 2014. Il est alors devenu Maire et a également assumé la fonction de président de Perpignan-Méditerranée.

“Pas de succession claire et forte”

Pour conclure, Laurent Gauze confie “Je pense que c’est compliqué pour un maire qui a 70 ans et pas de succession claire et forte au sein de la municipalité de partir avec l’eau du bain. Alors qu’il a un bilan positif”.

Questionné sur son cas personnel, Laurent Gauze déclare : “J’avais toujours dit que si je faisais un mandat, ce serait pas mal. Je suis un professionnel, j’ai une vie privée, et de l’âge, donc à un moment donné… Et puis, pour l’économie, je me demande s’il n’est pas sain d’avoir un certain renouvellement”. Relancé quant à son éventuelle participation auprès d’un autre candidat ou candidate, Laurent Gauze s’emporte : “Il n’a jamais été question, à mon niveau, de quitter pour autre chose ou quelqu’un d’autre !“.

*Chambre de Commerce et d’Industrie

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