Élections du Président pour Les Républicains – La campagne dans les Pyrénées-Orientales

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À quelques jours du vote qui élira le successeur de Laurent Wauquiez à la tête du parti Les Républicains, deux des trois candidats en lice sont venus donner leur vision du parti aux militants des LR66. Christian Jacob a déroulé son programme devant près de 200 personnes le mercredi. Quand Guillaume Larrivé a mobilisé pour sa part est un auditoire plus modeste.

Les 1.500 militants à jour de cotisation en 2018 de la fédération présidée par Christine Gavalda Moulenat sont appelés à voter électroniquement du samedi 12 octobre à 20h au dimanche 13 octobre à la même heure. La permanence des LR66 située au 53 avenue du Général de Gaulle, sera ouverte le dimanche de 10h à 17h.

♦ Enjeu pour Les Républicains : réussir à incarner une alternance crédible à Emmanuel Macron

Les deux candidats à la présidence du parti Les Républicains sont lucides sur les échecs passés. Christian Jacob de rappeler que depuis 7 ans, le parti a perdu deux présidentielles et deux législatives de suite. Pour Guillaume Larrivé, le challenge est de passer du “tout petit score des Européennes (8%) au 51% d’un second tour à l’élection présidentielle en 2022”.

C’est sur la méthode que les deux candidats divergent.

Pour Christian Jacob, qui rappelle ses racines agricoles, “Le paysan que je suis, sait qu’avant de faire la moisson, il faut d’abord semer. C’est vrai, on aurait pu semer il y a 2 ans ! Ben oui, on recommence de 0, comme après un gros coup de gel”.  “Quand les masques d’Emmanuel Macron vont tomber, il faudra être prêt. Viendra le moment de définir qui portera nos couleurs, et ce ne sera pas moi. Moi je veux que le moment venu, les rails soient bien posés pour nous mener vers la victoire !”

Guillaume Larrivé se lance immédiatement dans ce qu’il nomme “la bataille de la France”. Il souhaite une rupture pour assurer la continuité des valeurs de la droite. “Si je suis président des Républicains, il faut préparer les 15 ou 20 propositions saillantes qui montrent qu’on a des projets pour la France”. Dès 2020, il veut avoir le document qui va permettre d’aller voir les Français, “méthodiquement, comme une armée” précise-t-il.

♦ Haro sur les primaires ouvertes et amertume sur les trahisons internes

Certes la méthode diffère entre les deux hommes, avec un langage particulièrement guerrier pour l’un, et rassurant pour l’autre. Mais ils sont d’accord sur un point : le système des primaires emprunté à la gauche est une machine à perdre. Pour Christian Jacob, avec la guerre Copé/Fillon, l’affaire Bygmalion et les trahisons, les primaires ont contribué à l’éclatement de la famille politique. Sans se présenter comme rancunier, Christian Jacob prévient : “Je ne suis pas amnésique”.

♦ Deux présidences différentes pour Les Républicains

Le premier veut rassurer, le second veut ferrailler. Quand Christian Jacob en appelle aux figures tutélaires telles Jacques Chirac, le très régalien Pasqua ou l’Europhile Séguin, Guillaume Larrivé déclare quant à lui que “la nostalgie est une illusion”. Pour le jeune député impétueux, “le projet que l’on doit présenter ne peut pas être seulement la nostalgie”.

“Notre projet ne peut pas être celui de prendre la tarte tombée au sol pour tenter d’en recoller les morceaux. Ou d’aller chercher les chapeaux à plumes qui sont partis. Il n’y a pas un français qui sera convaincu par cela. Il faut arrêter d’ânonner ce qui se faisait il y a 30 ans ! Désolé de vous le dire aussi brusquement : Révoltez-vous ! On ne va pas être de moins en moins nombreux en se disant que c’était mieux avant !”.

Christian Jacob est celui qui calme et qui apporte la sérénité selon le sénateur François Calvet : “il faut quelqu’un qui calme les ego, et nous avons besoin de beaucoup de calme dans les mois qui viennent”. Il incarne le bon sens pour  Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan quasi en lice pour sa réélection.

Le président du groupe parlementaire des députés LR à l’assemblée fait plusieurs propositions pour changer en profondeur le parti. Entre autres, il souhaite intégrer les élus territoriaux à l’équipe dirigeante. Il propose également de créer des trinômes qui seraient en charge d’organiser des forums professionnels par secteur. En clair, il faudrait réunir, un parlementaire informé sur un secteur, par exemple le tourisme, avec un élu d’une commune touristique et un professionnel, dans ce cas un hôtelier ou un restaurateur. Ces trios permettraient pour le parti de recouvrer un ancrage sur le terrain, d’animer les secteurs et de proposer des mesures concrètes.

♦ Les prochaines municipales dans tous les esprits des Républicains

Alors que le macronisme a balayé les clivages partisans, la situation à quelques mois des élections municipales est complexe. De nombreux candidats s’affichent désormais sans étiquette ou revendiquant leur appartenance à la société civile. Les collectifs hors partis fleurissent, et les maires sortant de droite ou de gauche tentent ou espèrent une opposition En Marche bienveillante, voire une alliance de circonstance. Notre département n’échappe pas à la règle. Et d’ailleurs les deux candidats présents à Perpignan ont été questionné sur le sujet par les militants inquiets de cette situation.

♦ La position de Christian Jacob pour les municipales de 2020

Pour Christian Jacob, la ligne est claire pour répondre au “jeu des opportunistes”: pas d’accord politique avec qui que ce soit. Avant de préciser, “nous n’avons pas grand-chose en commun. Et, en plus, ils veulent notre peau !”. 

♦ Guillaume Larrivé veut aussi une ligne claire pour les investitures

“Ceux qui ne sont pas dans cette ligne n’ont pas leur place dans Les Républicains. Je n’accepte pas qu’on soit macroniste le matin pour fayoter auprès de Macron, pour aller à la gamelle, pour aller renifler les croquettes, un poste et demander le soutien des Républicains le soir!”

Pour répondre clairement à la question sur Perpignan, où Olivier Amiel trésorier des LR est déjà en campagne et Jean-Marc Pujol envisage de se lancer dans la bataille.

“Je viens de voir le Maire et manifestement, il n’est pas En Marche. Romain Grau, je le connais très bien. Je l’ai connu quand j’avais 16 ans, il était en première année de Sciences Politiques, et il n’était déjà ni de gauche ni de droite, il ne savait pas trop. Moi je ne veux pas qu’il soit maire de Perpignan. Je n’ai pas non plus envie que ce soit Louis Aliot. Si je suis président des Républicains, je recevrai l’autre candidat à la candidature et j’essaierai de voir comment tout ça peut s’organiser. Et ensuite on tranchera avec une commission d’investiture. Car s’il y a deux listes, c’est une opération suicide”.

À noter qu’Olivier Amiel n’était présent à aucune des deux réunions, il soutient le 3ème et dernier candidat Julien Aubert. Ce dernier, selon Guillaume Larrivé aurait d’ailleurs accepté de devenir son vice-président en cas de victoire.

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