Aller au contenu

Mickaël Idrac : Les grands entretiens politiques des municipales à Perpignan

Article mis à jour le 12 février 2026 à 10:06

Il veut faire de Perpignan un laboratoire de la lutte contre l’extrême droite. Mickaël Idrac est le candidat de la France insoumise, soutenu par Europe Écologie les Verts et Génération.S. Gratuité des transports, accès à l’emploi et lutte contre les passoires thermiques.

Le candidat nous présente les combats clés qu’il compte gagner à la mairie de Perpignan. Comment entend-il incarner la politique de rupture des Insoumis à l’échelle locale ? Peut-il rassembler la gauche au second tour ? Va-t-il désarmer la police municipale comme le préconisent les cadres de La France insoumise ? Le grand entretien de Mickaël Idrac avec Made in Perpignan.

En début 2026, nous avons réalisé le premier épisode de nos « grands entretiens » politiques. Nous avons convié tous les candidats actuellement en lice pour les élections qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Retrouvez l’ensemble de l’entretien en vidéo en fin d’article. Lire ou relire l’interview, déjà parue, de Bruno Nougayrède.

À 38 ans, il est le plus jeune des candidats en lice. Mickaël Idrac est aussi un militant Insoumis depuis une dizaine d’années. L’enseignant-chercheur en sociologie est spécialisé dans l’étude des migrations de population. À Perpignan, en 2020, il était 4e sur la liste L’Alternative qui n’a pas franchi la barre des 10% pour se maintenir au second tour. Et en 2024, Mickaël Idrac était 18e sur la liste de Manon Aubry pour les Européennes. Cette dernière est d’ailleurs venue le soutenir le 16 janvier dernier. En octobre dernier, Mickaël Idrac a pris la tête de la liste « Perpignan Changez d’air » et sollicite le vote des Perpignanais et Perpignanaises avec un programme qualifié de « rupture ».

À Perpignan, les électeurs auront le choix entre, au moins, trois listes de gauche, Perpignan Changez d’air, Perpignan Autrement de Mathias Blanc, et Plus forts pour Perpignan avec Agnès Langevine. N’est-ce pas ouvrir un boulevard à la réélection de Louis Aliot ? 

Je voudrais repréciser le contexte dans lequel s’est construite cette multiplication des listes. À l’issue des législatives de 2024 et qui ont permis au Nouveau Front Populaire de remporter le scrutin, j’ai poussé pour que le format permette un candidat unique pour les élections municipales. Je l’ai proposé aux Écologistes et au Génération.S qui ont accepté immédiatement. Du côté des Socialistes et des Communistes, nos demandes de rencontre sont restées lettres mortes. Dès lors, je ne vais pas aller jouer de la mandoline sous leurs fenêtres.

Il faut aussi s’interroger sur ce qu’est aujourd’hui la gauche. Perpignan, c’est une ville de plus de 100 000 habitants, et ça lui confère une dimension nationale. Et à ce niveau, le Parti Socialiste a changé d’alliance. Il est devenu la dernière béquille de la Macronie. Et les cadres nationaux disent qu’il ne faut plus travailler avec La France Insoumise ou avec moi. Idem pour Agnès Langevine qui fait alliance du côté de la droite dure. Car dire qu’Annabelle est de centre-gauche, cela me hérisse le poil. Elle a quand même été élue au Conseil départemental avec le soutien du sénateur Jean Sol. Celui-là même qui considérait qu’il ne fallait pas hésiter à faire des alliances avec le Front National.

Une union avant le premier tour est-elle encore possible ? La désunion de 2020 va-t-elle aboutir au même résultat en 2026 ? 

Moi je veux dire aux électeurs déçus par les trahisons répétées du Parti socialiste, par la dérive droitière de Mme Langevine, et à ceux qui sont attachés aux étiquettes, que s’ils veulent les étiquettes unies au second tour, il n’y a qu’une seule possibilité, me placer largement en tête de ces trois listes au premier tour. Dès ce moment-là, je les rappellerai comme je m’y suis m’engage à plusieurs reprises.

Mickael Idrac capture entretien

En 2020, c’était un assemblage de bric et de broc avec des têtes de listes qui ne savaient pas trop où elles mettaient les pieds et qui n’ont pas réussi à faire campagne. Moi, je suis sur le terrain depuis deux ans et demi. Dans tous les quartiers, les gens me connaissent et m’identifient clairement comme ‘le candidat de la France insoumise’.

Le Front National a voulu faire de Perpignan un laboratoire, cela nous a appris à lutter mieux qu’ailleurs contre le Front National. Et plus qu’ailleurs, à la fin ce sera, eux ou nous. Il n’y a pas d’autres possibilités que le prochain maire de Perpignan soit quelqu’un d’extrême droite ou moi.

Vous vous êtes présenté à la presse comme « l’antithèse » de Louis Aliot, qu’est-ce cela signifie ?

Louis Aliot est membre d’un parti fondé par des Waffen-SS qui cultive la xénophobie, et qui pendant six ans a monté les Perpignanais les uns contre les autres. En étant spécialiste des migrations de population, j’ai hâte de débattre avec lui. Je pense qu’il sera mal à l’aise quand il va nous raconter tout et n’importe quoi. Louis Aliot a surjoué la carte sécuritaire, et cela n’a pas fonctionné.

Aujourd’hui, les finances de la mairie dévissent parce qu’il a recruté trop de policiers municipaux. Il a acheté un nombre d’armes incalculables et investi de façon effrénée dans les caméras de surveillance. Et malgré tout, les crimes augmentent. Nous, nous disons que la violence est une conséquence, il faut la prendre à la racine. Avec une police de proximité qui, dans certains cas, n’aura pas d’armes et jouera au foot avec des gamins dans les cités.

Surtout, notre projet est l’inverse du sien. Sur la culture mémorielle par exemple, il nous sort une place Pierre Sergent, terroriste de l’Algérie française, et un espace sportif Jonquères D’Oriola, collaborateur, frappé d’indignité nationale. Moi, je le ferai débaptiser, il portera le nom d’une figure de lutte contre les nazis.

Monsieur Aliot s’est dit qu’il avait carte blanche pour tout essayer et c’est un échec absolu. Il est un maire d’extrême droite, héritier de cette extrême droite la plus dure.

Pourtant, le sondage de l’Ifop pour le journal l’Indépendant vous place très loin derrière le maire sortant avec, selon les configurations entre 14 et 17% des intentions de vote. Crier à l’extrême droite est-il suffisant ? 

Bien sûr que non et c’est pour ça que nous, les Insoumis et les Écologistes, travaillons toujours à partir d’un programme. Agiter le chiffon rouge du Front National ça n’a pas marché. En 2020, Monsieur Aliot a réussi à capter le vote d’une bourgeoisie locale qui votait traditionnellement pour Les Républicains. Mais face à l’étiolement de la dynastie Alduy-Pujol, ils ont basculé à l’extrême droite.

Je crois aussi que les médias nationaux ont beaucoup contribué à cette élection et désormais l’extrême droite est devenue à la mode. C’est grave, parce que la parole raciste se libère et à Perpignan plus qu’ailleurs ! Moi, je ne vais pas aller convaincre ces gens-là. Par contre, il y a tous ceux qui ne votent pas et qui ne le feront pas pour la droite ou le Parti socialiste, ils ne le feront que pour moi.

Dans ce sondage, il y avait une particularité, les 18-24 ans se reporteraient à 53% sur votre liste. Comment expliquez-vous cette différence entre la France insoumise et les autres partis candidats ?

C’est normal, nous, nous sommes là pour défendre leurs intérêts. Et d’ailleurs, une partie de ces jeunes des quartiers populaires n’a pas été sondée. Je pense vraiment que les jeunes des quartiers populaires vont se réveiller pour cette élection.

Vous appelez au front républicain ? Quelle hypothèse au soir du premier tour ?

Donc à la question, ‘Louis Aliot est-il rattrapable ?’, je réponds ‘oui !’. J’appelle à une volonté d’union sur des bases solides. J’espère que M. Nougayrède pourra appeler à voter pour moi, mais nous n’avons aucun point commun. On ne peut pas fusionner des listes en faisant semblant de gouverner la mairie main dans la main. Ce serait un mensonge !

Mickael Idrac capture entretien

En revanche, avec le Parti communiste, nous avons des affinités. Moi je ne suis pas dans cette alliance rocambolesque qu’est Perpignan autrement. Quant au Parti socialiste, on sait qu’ils trahissent à la première occasion leur programme, mais ils peuvent être utiles dans la lutte contre l’extrême droite. Si au soir du premier tour, Louis Aliot se situe largement en avance avec 44%, et moi peut-être 17, 19 ou 20 %, lui n’a plus de réserves de voix, alors que moi il restera le parti socialiste, le parti communiste qui, même s’ils ne me rejoignent pas, appelleront à voter pour moi.

Après, l’hypothèse d’une triangulaire est tout à fait possible. Moi j’imagine que Louis Aliot sera premier au soir du second tour. Et je serai deuxième. Monsieur Nougayrède peut être derrière moi et se maintenir. En revanche, j’imagine mal Agnès Langevine ou Mathias Blanc se maintenir s’ils font plus de 10%.

En octobre dernier, vous avez lancé un appel à candidature pour rejoindre votre liste, qu’est-ce que ça a donné ?

Nous voulions la carte de la démocratie participative sans la surjouer. Mais je ne vous cache pas que le premier étant un Insoumis, le troisième sera écolo. Mais en dehors de cela, il y aura plus d’une vingtaine de personnes avec lesquelles on voulait déjà travailler, et plus d’un tiers que j’ai rencontré dans le cadre de cette campagne. Même si après les élections, ils ne vont pas forcément adhérer aux Écologistes ou venir militer avec les Insoumis. Mais ils se disent de gauche et ont envie de se battre contre l’extrême droite. Aujourd’hui, je suis presque embêté parce que j’ai plus que 55 noms et il va falloir que je dise non à un certain nombre de camarades.

Vous êtes en campagne sur le terrain depuis plusieurs mois, ateliers participatifs, tractages, marchés, que retenez-vous de ce que vous disent les Perpignanais et les Perpignanaises que vous rencontrez ? Quels sont les grands thèmes et les propositions qui sont ressortis de ces échanges ?

Je suis sur le terrain depuis des années ! Et au départ lors des réunions c’était difficile, il n’y avait que 4 ou 5 personnes et chacun nous disait, ‘là je veux un feu rouge’, là ‘le passage piéton n’est pas bien placé’. Et puis au fur et à mesure il y a eu de plus en plus de personnes. Et à deux ans de l’élection, c’était énorme d’arriver à faire venir des gens contents de constater qu’on venait les voir en dehors des périodes électorales.

Cette crédibilité, on est allé la chercher à l’huile de coude. Et des projets ont émergé. Mais ce qui est ressorti le plus, c’est la volonté de retrouver la dignité. Durant six ans, la mairie d’extrême droite a abîmé le lien social. Les gens se sentent honteux, moins légitimes à aller en ville ou aux terrasses des cafés. Certes, ils n’ont plus les moyens de consommer, mais il y a surtout cette parole raciste qui s’est libérée. Nous, ce que nous voulons avant tout c’est leur redonner du pouvoir d’achat, l’envie et la possibilité d’être des acteurs de leur ville.

Parmi les priorités des Perpignanais, la sécurité. Malgré une police municipale nombreuse et bien équipée, les chiffres de la délinquance ne sont pas bons. Mathilde Panot, cheffe de groupe LFI à l’Assemblée nationale propose de désarmer la police municipale. Vous maire, oui ou non allez-vous désarmer la police municipale de Perpignan ?

Je pense que la sécurité s’aborde d’un point de vue local, mais aussi avec une lunette nationale. Et vous pouvez tout à fait m’interroger sur Mathilde Panot, notre doctrine est claire, La France Insoumise fait le constat qu’au niveau national, il manque de policiers. Il faut donc intégrer les policiers municipaux armés. Cela nous permettra d’avoir une police de proximité désarmée. Mathilde parle dans un monde idéal, celui où la police municipale de Perpignan serait intégrée à la nationale. Mais en attendant, Jean-Luc Mélenchon n’est pas encore président, et moi je suis républicain. Je ne virerai aucun des 200 policiers municipaux de Perpignan. Mais aujourd’hui, le tout sécuritaire de Louis Aliot est un échec. Certaines personnes ont peur de la police qui prend des largesses. Et avoir 100% des policiers municipaux en armes qui empiètent sur les missions de la police nationale, c’est inefficace.

Ceci étant dit, je n’ai aucun intérêt à fondre les armes. Par contre, pour aller dans des quartiers, j’exigerais qu’ils aillent en baskets pour faire du lien social, discuter avec les gens, les jeunes, sécuriser des salles pendant qu’il y a des réunions ou des jeux de société.

Une police de proximité doit être formée à orienter les gens dans la rue, à regarder les incivilités par rapport aux ordures, à discuter avec les gens. Mon grand-père était policier. Et je suis profondément désolé de voir que la seule image qu’on retient est celle des gens en armes habillés comme des cow-boys, hautains et qui voient un délinquant derrière chaque jeune. Un policier, ce n’est pas ça !

Au-delà du trafic de stupéfiants et de la violence qu’il engendre, une grande partie des coups et blessures sont aussi à l’intérieur de la famille. Quelles sont vos propositions clés sur le sujet ?

Nous voulons mettre en place un observatoire municipal des violences et des discriminations, rattaché à la mairie, avec un rapport public chaque année. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ne signalent pas ce qu’elles subissent : par peur, par découragement, ou parce qu’elles ne se sentent pas légitimes. L’objectif, ce n’est pas de produire un rapport de plus, mais permettre de montrer qu’à Perpignan, il y a plus de racistes qu’ailleurs. Les racistes, les LGBT-phobes, les misogynes et les gens qui battent leur femme ou leurs enfants doivent avoir honte.

Mais un rapport, ça n’est pas suffisant, il faut aussi répondre avec les compétences de la mairie. Je veux aussi mette en place un accompagnement concret pour les démarches, notamment pour les femmes victimes de violences : parce que certaines renoncent à porter plainte, ou vivent des parcours décourageants. La mairie doit pouvoir travailler avec les associations, faciliter l’accès aux droits, et soutenir les victimes dans la durée.

Enfin, la précarité est aussi une forme de violence. En 2024, plus d’un tiers des Perpignanais et des Perpignanaises vit en dessous du seuil de pauvreté. Comment faire baisser ce chiffre qui a explosé en 15 ans ?

Il faut agir dès l’enfance, parce que la pauvreté se fabrique tôt et se transmet. Notre première mesure, c’est une école réellement gratuite, de la cantine gratuite et de qualité, aux fournitures scolaires qui ne pèsent pas sur les familles. À Perpignan, on voit des arbitrages budgétaires : d’un côté, des équipements sécuritaires très coûteux ; de l’autre, des dépenses du quotidien pour les enfants qui stagnent depuis des années.

Mickael Idrac capture entretien

Nous, nous faisons un autre choix. Et il y a un deuxième levier : l’accès au sport et aux activités. Beaucoup de parents ne peuvent plus payer une licence. Ce n’est pas un détail, c’est de la santé, du lien social, de la prévention. Si une municipalité veut combattre la précarité, elle doit aussi empêcher que les enfants soient enfermés dans une vie sans sorties, sans clubs, sans horizons.

Enfin, il y a l’emploi. Pour les jeunes, nous voulons commencer par désenclaver. La mobilité, c’est l’accès à la formation, aux entretiens, aux stages, à la ville. C’est pour cela que nous portons la gratuité des transports, en commençant par les moins de 26 ans, puis en élargissant.

Dans le cadre de notre projet « Perpignan Stories », Amalia (18 ans) vous pose cette question : Qu’est-ce qui aura changé à la fin de votre mandat par rapport à l’accès à l’éducation et à l’emploi pour les jeunes ?

Sur l’éducation, il faut être clair sur les compétences, la mairie peut agir fortement sur l’école, mais les collèges relèvent du Département et les lycées de la Région. Sur l’enseignement supérieur, la ville peut continuer à travailler avec l’université, comme cela se fait déjà depuis plusieurs mandats, de façon relativement transpartisane.

Là où je suis vigilant, c’est sur l’usage qu’on fait parfois de ces projets. Installer certains équipements à la lisière de quartiers populaires peut devenir un levier de gentrification ‘à marche forcée’. Je ne veux pas que la relation entre la mairie et l’université serve à dénaturer un quartier comme Saint-Jacques, ni à déplacer le problème social plutôt qu’à le traiter.

Pour moi, le sujet central, c’est l’emploi. Nous voulons créer un campus municipal de la transition, pour proposer des formations courtes, certifiantes, autour des métiers dont la ville a besoin et qui ne sont pas délocalisables : rénovation énergétique, solaire, réemploi, recyclerie, maintenance, etc. L’objectif, c’est de permettre à des jeunes qui décrochent, ou à des personnes éloignées de l’emploi, de retrouver un chemin clair vers un métier.

Ces formations seraient pensées avec les acteurs locaux, notamment les artisans et les organisations professionnelles. Elles peuvent déboucher sur des emplois municipaux, mais aussi sur des recrutements dans les PME du territoire. Pour moi, c’est une condition pour que les jeunes puissent rester à Perpignan au lieu d’avoir le sentiment que tout se joue ailleurs.

Le développement économique est une compétence dévolue à la communauté urbaine. Si vous êtes maire de Perpignan serez-vous aussi candidat à Perpignan Méditerranée Métropole ?

Aujourd’hui, je suis concentré sur la campagne municipale et sur ce que nous voulons faire pour Perpignan. Sur la Métropole, nous n’avons pas encore arrêté une stratégie définitive. Ce que je sais, c’est que si nous gagnons la mairie, il faudra être capable d’obtenir des résultats concrets, et donc de construire un rapport de force avec Perpignan Méditerranée Métropole, plutôt que de promettre n’importe quoi comme si tout était automatiquement acquis.

Justement sur ce « rapport de force » que vous voulez instaurer, n’est-ce pas l’apanage de dirigeant tel que Donald Trump (USA) et autres Javier Milei (Argentine) ? 

Comment on a fait pour arracher des conquêtes sociales ? On ne les a pas arrachées en disant, ‘je vais aller faire des bisous à mes copains’. Quand vous êtes face à des institutions ou à des acteurs qui n’ont pas intérêt à changer leurs pratiques, il faut créer des conditions politiques pour qu’ils bougent.

Si nous voulons mettre à disposition des SDF des locaux vides du Département ou à la Région, ils vont me répondre quoi  ? Je pense qu’il faudra faire un audit des locaux, rendre la liste publique, et militer ensemble pour que ces locaux soient utilisés. C’est ça le rapport de force.

On est obligé de passer par le rapport de force quand on est face à un système oligarchique qui incarne une sorte de néolibéralisme urbain. Moi je suis au service de la population, pas de cette oligarchie locale, ni du golf de Villeneuve-de-la-Raho, ni des délires de Madame Delga ou de ceux de Monsieur Aliot.

Autre priorité des Perpignanais et des Perpignanaises, l’écologie et votre liste s’appelle « Changez d’air ». Écoles, habitat, sécheresse, canicule, comment adapter Perpignan au climat de 2030 ?

Perpignan part de loin, la ville est très minérale, très bétonnée, avec des quartiers où il y a peu, voire pas d’espaces verts. Nous devons créer des îlots de fraîcheur, végétaliser, et revoir certains aménagements, y compris dans des endroits où il faudra récupérer du foncier.
Ça passe aussi par des mesures très concrètes comme la végétalisation des cours d’école, la création de micro-parcs, la transformation de certains espaces inoccupés. Mais je pense que le chantier majeur, celui qui touche directement le quotidien et la santé, c’est la question des passoires thermiques.

Justement, comment comptez-vous agir sur les passoires thermiques ?

Aujourd’hui, les passoires thermiques, c’est la double peine. On est mal logé, on a froid l’hiver, on souffre l’été, et on paye plus cher l’énergie. Et ce sont souvent les ménages les plus modestes qui y sont exposés.

Sur le parc social, il faut enclencher une stratégie massive pour mobiliser toutes les aides disponibles, mettre les bailleurs face à leurs responsabilités, et faire de la rénovation une priorité politique. Sur le privé, il faut aussi des outils de pression, sinon rien ne bouge. Quand je parle de rapport de force, c’est ça, obtenir des rénovations réelles, pas des promesses. Parce que derrière, il y a du pouvoir d’achat, de la santé, et de la dignité.

Pour cette campagne, le maire sortant Louis Aliot, est dans tous les médias nationaux en raison, entre autres, de ses démêlés avec la justice. De votre côté de nombreux cadres nationaux viennent à vous soutenir soutien et Jean-Luc Mélenchon est aussi annoncé, quel est l’intérêt de nationaliser une élection locale ?

Dans une ville de plus de 100 000 habitants, l’élection municipale a toujours une dimension nationale. Le maire d’une grande ville occupe un espace médiatique comparable à celui de responsables politiques nationaux.

Et puis il y a le contexte : Perpignan a été présentée comme un laboratoire de l’extrême droite. Nous voulons en faire un laboratoire de la lutte contre l’extrême droite. Dans cette logique, des soutiens nationaux viennent aussi parce qu’ils considèrent que ce qui se joue ici dépasse Perpignan. Moi, je resterai un maire ancré localement. Je répondrai aux sollicitations médiatiques quand elles existent, mais je vis ici, et mon mandat sera ici.

Mickaël Idrac, nous arrivons au terme de cet entretien, une toute dernière question. Sincèrement, pourquoi voulez-vous être maire de Perpignan ?

Je veux être maire de Perpignan pour changer la vie des gens. Mon engagement ne vient pas d’une ambition personnelle : il vient d’une trajectoire, d’abord humanitaire, puis professionnelle. Je travaille depuis des années sur les injustices, notamment autour des réfugiés et des migrations. Et à un moment, on se dit que constater et analyser ne suffit plus. Je fais de la politique parce que je veux agir. Si je m’engage, c’est pour réduire l’injustice, pour redonner de la dignité, et pour que les habitants reprennent la main sur leur ville.

Regarder le grand entretien sur Youtube

Objectif 2026 ? Plus d’enquêtes … Notre équipe va vous proposer plus d’investigation, un genre journalistique le plus souvent absent dans les médias locaux.

Parce qu’enquêter sur les réalités sociales, économiques et environnementales des Pyrénées-Orientales a un coût, soutenez-nous !

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances