Article mis à jour le 3 janvier 2026 à 10:43
À quelle sauce serons-nous mangés dans notre cher département ? Made in Perpignan vous propose une sélection de quelques points qui marqueront l’année à venir.
Élections municipales, vers des batailles mouvementées
C’est sans conteste le bouleversement majeur qui nous attend les 15 et 22 mars 2026, puisqu’il va déterminer pour les cinq années à suivre les grands axes décidés dans nos communes, ainsi que les couleurs politiques locales.
Pas vraiment de longs fleuves tranquilles dans les grandes communes des Pyrénées-Orientales, avec une multiplication des listes, mais aussi nombre de maires qui raccrochent, ce qui promet tensions et renouvellements. Ainsi à Prades, pas moins de quatre listes se pressent pour succéder à Yves Delcor, l’adoubé de l’ex-Premier ministre Jean Castex, qui ne se représente pas. Rivesaltes, de son côté, grimpe à cinq listes qui brigueront la place du sortant André Bascou, qui ne retente pas l’aventure. À Thuir, René Olive était en place depuis 1989, et ne briguera pas de nouveau mandat. Deux à trois listes devraient s’affronter pour diriger la ville. Canohès, Torreilles, Bages, Espira-de-l’Agly, Trouillas, Maury et tant d’autres voient aussi des maires qui stoppent l’aventure. Beaucoup de très petites communes, en particulier en altitude, sont touchées par la même situation.
À Elne, le maire sortant Nicolas Garcia fera face au caviste Steve Fortel, ancien de l’ultra-droite raciste et pétainiste. À Céret, deux listes officielles à ce stade, le sortant Michel Coste affrontera François Brûlé. On retrouve aussi des listes issues de scissions au sein des conseils municipaux actuels. Ce sera le cas à Ille-sur-Têt, à Argelès-sur-Mer, cette dernière ville oscillant entre trois et quatre listes potentielles.
Mais bien sûr, tous les yeux sont tournés vers Perpignan, avec sa résonance nationale. La bataille des candidats fait rage face au maire sortant d’extrême droite. À droite, la liste menée par Bruno Nougayrède s’appuiera sur son travail d’opposition. Côté centre et gauche, il reste peu de temps pour choisir entre fragmentation ou union. Agnès Langevine, de Place Publique, a finalement renoncé à rejoindre la liste de Perpignan Autrement menée par le socialiste Mathias Blanc. La vice-présidente de la Région a préféré un rapprochement avec la centriste Annabelle Brunet. Au bout de l’échiquier, l’Insoumis Mickaël Idrac mènera une liste LFI, Les Écologistes et Génération.s. Sans oublier le spectre d’une éventuelle inéligibilité pour Louis Aliot qui pourrait être décidée par la Cour d’appel en juin 2026.
Ces grands chantiers lancés, poursuivis ou achevés au cours de l’année 2026
Voici une sélection non exhaustive de projets qui vont marquer 2026 dans les Pyrénées-Orientales. À noter que plusieurs communes ont préféré éviter de communiquer arguant de la réserve électorale.
À Perpignan, nous verrons l’inauguration de la médiathèque du Vernet dès le premier trimestre. Un projet à plus de 5 millions d’euros. Un tout nouveau groupe scolaire sera construit à Saint-Assiscle, pour un budget de 7,45 millions d’euros. Les travaux vont durer toute l’année, pour une ouverture à la rentrée 2027. Pas de nom officiel encore pour cette école primaire, mais « Samuel Paty » est pressenti. L’établissement devrait absorber un peu des effectifs en hausse en raison de l’étalement urbain. La crèche Hippolyte Després à Perpignan sera totalement restructurée pour près de 3 millions d’euros. Une nouvelle maison de santé sera installée au Moulin à Vent près de la mairie de quartier, intégrant une permanence de SOS Médecins, venant doubler celle près de la CAF. Livraison au printemps 2026. Un espace adolescence et jeunesse verra le jour dans le quartier Saint-Jacques. Enfin, les premiers plans viennent d’arriver pour la troisième tribune du stade Gilbert Brutus. La tribune Guash devrait être démolie fin 2026, et la nouvelle devrait arriver en 2027. Un chantier doté d’une enveloppe entre 14 et 15 millions d’euros. Enfin, côté voirie, le quai Vauban sera piétonnisé, face à la Poste et jusqu’au niveau du Palmarium.

Du côté de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole, des travaux sont aussi au programme. La nouvelle unité de traitement de l’eau potable Tautavel – Vingrau sera mise en service, avec un nouveau réservoir et des conduites, pour un investissement de 4,5 millions d’euros. Toujours s’agissant de l’eau, les réseaux d’assainissement de la vallée de la Têt, notamment des stations d’épuration de Pézilla, Villeneuve-la-Rivière et Baho, seront raccordés à celui de Perpignan pour 12 millions d’euros. Un budget de 38 millions d’euros va permettre la mise en place des liaisons entre Perpignan et la bordure côtière. Un chantier nécessaire pour sécuriser la ressource. Enfin le réservoir de Cases-de-Pène et le forage renforcé dans les eaux souterraines des Corbières devraient être finalisés.
La communauté urbaine finalisera deux nouveaux parkings relais, l’un dans la zone Tecnosud / Agrosud de Perpignan, l’autre à Bompas. Ils seront desservis par des bus. Quatre nouveaux bus électriques seront par ailleurs achetés pour le réseau Sankéo, l’objectif étant d’électrifier les 4 lignes Pulséo d’ici 2028.
À Saint-Cyprien, c’est un gros chantier de dragage du port, ensablé, qui débutera au printemps 2026. Cela n’avait pas été fait depuis 2020. Le sable devrait être apporté sur les plages. Sur la commune mais aussi sur l’ensemble du territoire de l’intercommunalité Sud Roussillon. Le projet de réutilisation des eaux usées (Réut) continuera d’être déployé, avec de nouveaux secteurs agricoles concernés.
Argelès-sur-Mer verra aussi le déploiement de la « Réut », en lien avec l’intercommunalité Albères Côte Vermeille Illibéris, vers des terres agricoles, avec des installations opérationnelles en avril 2026. La ville prévoit également la création d’une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) « Camp del Caball » sur plus de 23 hectares, pour y accueillir des entreprises.
Canet-en-Roussillon est également riche en projets, avec la construction d’un centre de formation dédié au nautisme pour près de 2,7 millions d’euros. En début d’année seront lancés les travaux pour une future maison de santé et un centre d’imagerie médicale. Un projet à plus de 3 millions d’euros. Février 2026 marquera la livraison de la maison de retraite Jeanne Danjou pour 13 millions d’euros. Enfin, en octobre 2026, la 2e tranche du réaménagement du front de mer débutera.

Du côté de Thuir, plusieurs projets au programme, portés également par la communauté de communes des Aspres. Une nouvelle crèche remplacera la précédente, vétuste. L’enveloppe des travaux de 3 millions d’euros est cofinancée par la ville, la communauté de communes, la CAF, le Département et la Région. Un Pôle de Santé des Aspres sortira également de terre, avec diverses offres de soins, généralistes et de spécialités. L’établissement sera construit près de la gendarmerie de Thuir, pour environ 4,2 millions d’euros. Les travaux devraient durer toute l’année 2026 pour une livraison en 2027. Aussi dans les Aspres, un projet d’irrigation des vignes sera mis en œuvre pour 14 millions d’euros. En 2026 il s’agira surtout de mener des études et de déterminer les îlots prioritaires.
Sur Céret, on retient parmi toute une série de chantiers, dont la requalification du quartier de la gare, avec trois tranches de travaux de 2026 à 2028, mais aussi la reconstruction de l’Ehpad « La Casa Assolellada » déjà bien avancée et qui devrait être totalement bouclée en 2026. Un nouveau centre aquatique, intercommunal, sera entamé entre Céret et Saint-Jean-Pla-de-Corts. Ce complexe de 12 millions d’euros n’ouvrira qu’en 2029. Les arènes de Céret seront réhabilitées pour de l’événementiel toute l’année. Début des travaux de 3,5 millions d’euros en 2026. Le stade Fondecave devrait être requalifié lui aussi, pour le même montant. Enfin, une maison des producteurs sera implantée derrière l’usine Cap d’Ona.
Toulouges fait état de deux projets phares. La friche industrielle « La Distillerie » sera requalifiée, avec un parc de 4000 m2 au cœur du site, un tiers lieu artistique et une rénovation de nombreux équipements, comme le théâtre qui se verra complété d’une scène de concert extérieure. Le chantier, déjà entamé, se poursuivra toute l’année 2026 pour un achèvement en janvier 2027. Toulouges se dotera également d’un pôle santé pour lutter contre la désertification médicale. La livraison devrait être autour de fin 2026 ou début 2027.

À Claira, le Département porte la construction d’un nouveau collège. Un établissement, désigné comme bioclimatique, devrait avancer en 2026 pour une ouverture à la rentrée 2027. L’opération revient à 32 millions d’euros.
Au Boulou, c’est également un collège que prévoit le Département, pour 23,2 millions d’euros. 2026 sera le temps des études pour ce programme qui accueillera 720 élèves, avant des travaux en 2027.
Ce qui change au national en 2026
Comme chaque année, et malgré certains blocages gouvernementaux, notamment vis-à-vis du vote du budget, janvier marque des changements nationaux. En voici quelques-uns.
– Le SMIC, avec sa revalorisation habituelle, augmentera de 17 euros par mois. Le prix des timbres va lui aussi augmenter. La lettre verte saute ainsi de 1,39 euro à 1,53 euro. Le prix des carburants devrait lui aussi augmenter légèrement, tout comme l’abonnement au gaz, le prix des paquets de cigarettes ou encore celui des consultations de certains médecins spécialistes. Tout augmente…
– Le dispositif Ma Prime Rénov, d’aide à la rénovation énergétique, sera en revanche suspendu faute de budget.
– La dématérialisation progresse, tout comme la fracture numérique. Ainsi les dons entre particuliers devront être déclarés en ligne et non sur papier.
– Il faudra enfin attendre juillet pour bénéficier du nouveau congé de naissance, d’un ou deux mois en plus du congé parental actuel, et dont le niveau d’indemnisation reste encore à fixer.
– Les tests pour détecter la soumission chimique seront remboursés par l’assurance maladie.
– Les étrangers souhaitant une carte de séjour devront passer un nouvel examen civique.
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