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Extension du pôle nautique de Canet-en-Roussillon : pourquoi ce chantier devient une priorité « Notre-Dame » ?

Extension du pôle nautique de Canet-en-Roussillon : le préfet soutient, les écolos s’inquiètent

À Canet-en-Roussillon, l’extension du pôle nautique vient d’intégrer un dispositif national d’accélération. Une priorité industrielle, économique et sociale, qui n’efface pas certaines interrogations environnementales. 

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Après les flammes, la reconstruction. Le 2 juillet dernier, un violent incendie avait ravagé trois campings de Sainte-Marie-la-Mer et de Canet-en-Roussillon, détruisant plus de 250 mobil-homes, avant de gagner le pôle nautique. Le groupe Catana, poids lourd de la construction de catamarans, a payé un lourd tribut : deux de ses trois bâtiments de production ont brûlé.

Depuis, élus, industriels et services de l’État se mobilisent pour reconstruire et débloquer l’extension du pôle nautique, envisagée bien avant l’incendie. Le 4 septembre, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, annonçait une avancée majeure. « L’État est au rendez-vous : le ministre de l’Industrie Sébastien Martin m’a écrit pour m’annoncer que le projet est désormais inscrit dans le cadre de la démarche d’accélération des projets industriels dite ‘Notre-Dame »‘. Un projet « bon pour l’innovation et l’emploi industriel dans les Pyrénées-Orientales », saluait-il.

Catana - Constructeur de catamarans

Ce nom renvoie à la reconstruction de la cathédrale parisienne. La méthode repose sur un suivi resserré de l’État, une coordination des administrations et la résolution plus rapide des blocages. En revanche elle ne dispense pas des obligations réglementaires. A l’échelle du pays, 150 projets répartis dans 63 départements bénéficient de ce programme.

« L’Etat a compris l’importance du chantier »

Pour la sénatrice LR Lauriane Josende, l’enjeu dépasse largement la reconstruction. « Depuis un certain nombre d’années, le projet d’extension du pôle nautique était bloqué pour des raisons réglementaires, administratives et de procédures », explique-t-elle à Made in Perpignan. Selon l’élue, Catana envisageait même de quitter Canet, faute de visibilité. Lauriane Josende se félicite de voir l’extension inscrite « au titre des projets qui vont être libérés des contraintes administratives, pas de toutes, mais comme pour Notre-Dame, l’idée est de pouvoir aller vite ». 

D’après elle, l’Etat a donc compris « l’importance d’encourager le chantier au vu du nombre d’emplois concernés, de la qualité des outils de production et des difficultés auxquelles les Pyrénées-Orientales font déjà face ». « On a été entendus, enfin », salue la sénatrice. 

Objectif : doubler les emplois et le chiffre d’affaires du pôle nautique

Le chantier devrait notamment permettre à Catana d’installer sa future usine dans le secteur « SPL2 » et à d’autres entreprises de se développer par la même occasion. Le maire de Canet-en-Roussillon, Stéphane Loda, affiche ainsi ses ambitions. « Aujourd’hui, ce pôle rassemble déjà 40 entreprises, 900 emplois et 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Notre ambition est d’atteindre près de 2 000 emplois et de franchir le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires », écrit-il sur Linkedin. 

L’opération, estimée à 20,6 millions d’euros, doit créer de nouveaux espaces pour les entreprises nautiques, des quais et une cale de mise à l’eau. Reste à obtenir les autorisations finales. La consultation publique, ouverte le 15 septembre, s’achèvera le 15 décembre. Le préfet prévoit ensuite de signer l’autorisation environnementale début février 2027. Ce qui fait dire à Stéphane Loda qu’un démarrage des travaux aura lieu dès le printemps 2027 avec une livraison en juin 2028.

Des impacts environnementaux « significatifs »

Sur son site, Perpignan Méditerranée Métropole, qui porte le projet, a mis en ligne les différents documents relatifs au dossier. Parmi les études réalisées et présentées au public figurent notamment celles détaillant les impacts environnementaux. 

Sur la partie terrestre des opérations, la demande de dérogation à la protection d’une espèce pointe « de nombreux impacts significatifs ». « Le projet ne permet pas d’éviter ou de réduire suffisamment l’impact sur de nombreux habitats et espèces » est-il écrit. Ainsi, « des mesures compensatoires » sont fixées, afin de contrebalancer les impacts du chantier et de la mise en service de la zone. 

En revanche, d’après l’examen du dossier par le Parc naturel marin du golfe du Lion, « les incidences sur le milieu marin seront négligeables ». « Les investigations menées à proximité de la zone de travaux n’ont pas révélé la présence d’espèces ou d’habitats marins à enjeux », est-il précisé. 

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Sébastien Leurquin