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Gens du voyage : 200 caravanes campent dans un parc à Saint-Cyprien

Gens du voyage : 200 caravanes campent dans un parc à Saint-Cyprien

Article mis à jour le 3 août 2023 à 16:45

Ce dernier dimanche de juillet, un groupe de 1.000 personnes, 500 véhicules dont 200 caravanes ont pénétré dans le parc de la Prade à Saint-Cyprien. Selon notre contact auprès de la communauté de communes, canards, cygnes et autres carpes Koï auraient servi de repas pour les familles des arrivants.

Ce lundi matin, Thierry Del Poso, maire de Saint-Cyprien et président de la communauté de communes Sud Roussillon s’insurge de la situation via ses réseaux sociaux et dénonce «une faillite de l’État». Photo ci-dessus aire d’accueil de Cabestany, archives juin 2022.

Mardi 2 août, après seulement 48h sur le parc de la Prade, le groupe a repris la route pour s’installer sur un terrain privé dans la commune voisine, Corneille-del-Vercol.

«Ils ont pêché les carpes et les canards sont passés à la broche»

Selon notre contact, le groupe incriminé, composé de 200 caravanes et autant de véhicules, s’est installé en cœur du village sur le parc de la Prade, un espace naturel de détente également destiné à recevoir les eaux en cas d’orage. Outre le danger pour les personnes en cas de fortes pluies, le cadre de Sud Roussillon nous informe que ces personnes se sont branchées de façon illégale à l’eau portable, mais aussi à l’électricité.

«Nous avons appris de la part des riverains qu’ils démontent et saccagent l’éclairage public, mais aussi qu’ils ont vidé le bassin en pêchant toutes les carpes Koï. Il y avait aussi des cygnes et des canards, eh bien ils sont aussi passés à la broche ! Nous avons immédiatement avisé les associations de défense des animaux.» 

Le maire de Saint-Cyprien a «mal à [s]on village»

Sur les réseaux sociaux et en conférence de presse, Thierry Del Poso déclarait : «j’ai mal à mon village. Nous subissons une invasion des gens du voyage sur plusieurs sites de notre commune. Nous regardons nos espaces publics être dégradés, salis, abîmés.» Avant de se lancer dans une tirade contre l’État. Le maire Les Républicains dénonce «la faillite d’un État fort avec les faibles, et faible avec les forts.» Thierry Del Poso se dit déterminé «à mener le combat ». Les maires se retrouvent en première ligne face à ces occupations illégales qui se reproduisent chaque année en période estivale.

Parmi les actions en place par la municipalité, une pétition a été largement diffusée en ligne sur change.org “Sauvons le parc de la Prade !” et sur le site de la ville, ainsi que sur papier à l’Office de tourisme, la capitainerie du port et la communauté de communes Sud Roussillon. Un rassemblement a également été annoncé ce mardi 1er août devant la mairie de la station balnéaire.

La gendarmerie dresse un procès-verbal et notifie les arrêtés sécheresse et incendie

Contactés, les services de la préfecture confirment que les gendarmes appelés sur place ce dimanche 30 juillet sont intervenus afin d’éviter les troubles à l’ordre public, de gérer les éventuelles confrontations directes, d’accompagner le maire et le médiateur, et d’organiser les déviations pour éviter les bouchons sur cette période d’affluence touristique.

Les gendarmes sur place ce lundi poursuivent leur action «en dressant un PV constatant l’installation illicite et recueillant toutes les informations afin de matérialiser les infractions, s’il y en a.» Selon la préfecture, les gendarmes sont également chargés d’informer les familles des arrêtés sécheresse et incendie en cours dans les Pyrénées-Orientales.

«Il est également prévu un renforcement de la présence de voie publique aux abords de cette zone qui accueille une forte densité de population. La situation sera analysée dans les prochains jours à l’aune des informations recueillies par la gendarmerie, en lien entre la préfecture et la commune.»

«Jusqu’à mi-juin tout se passe bien avec les gens du voyage»

Du côté de Sud Roussillon, un coordonnateur est chargé du dialogue avec les gens du voyage et tout se passe bien durant toute l’année. Il existe une association nationale qui informe les territoires des grands mouvements et des intentions de groupes de s’installer dans tel ou tel territoire. «En règle générale, ils partent dans les 15 jours. Jusqu’à mi-juin, ça se passe très bien. Et avec la plupart des groupes on n’a aucun problème. Mais voilà quand ils s’installent de manière anarchique, qu’ils arrivent sans foi ni loi parce qu’ils préfèrent s’installer là parce qu’à proximité de la mer, là c’est foutu.»

Un accueil conforme au schéma départemental et sous-dimensionné pour les migrations estivales 

Selon le schéma départemental d’accueil des gens du voyage valable jusqu’en 2026, Sud Roussillon doit mettre à disposition et entretenir une aire de grand passage de 200 places. Notre contact nous confirme que cette aire est bien en service et opérationnelle, mais occupée de manière illégale par un groupe d’une dizaine de caravanes. «Nous sommes la seule communauté de communes des Pyrénées-Orientales à répondre en termes d’accueil de grand passage avec une aire entièrement conforme en termes d’eau, d’électricité, de vidange, de sanitaires. Mais nous avons été informés que ce groupe, même si l’aire avait été disponible ne voulait pas s’y installer.»

Que dit le schéma départemental d’accueil des gens du voyage ?

Comme le constate le schéma des Pyrénées-Orientales, le département est concerné chaque année par 40 à 50 passages auxquels viennent s’ajouter les stationnements préexistants (5 groupes, au nord de Perpignan, s’inscrivent dans une logique d’ancrage durable et comptent pour 10 à 20 déplacements).

Deux types de groupes circulent : les missions pastorales (groupe de 100 caravanes ou plus) qui représentent 22% des groupes de passage (…) et 56% du total des caravanes. Et des groupes plus petits, moins de 50 caravanes ; mais deux à trois fois plus nombreux à circuler que les premiers. Ils représentent 78% des groupes de passage (mais 44% du total des caravanes)..

Or, le schéma s’avère sous-dimensionné pour répondre à cette demande. En 2026, les Pyrénées-Orientales doivent offrir 500 places de grand passage, dont 200 sur le territoire de Sud Roussillon et 300 sur la communauté urbaine de Perpignan Méditerranée.

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Maïté Torres