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Jean-Paul Alduy l L’aquarelle comme un testament contre l’oubli

JEAN PAUL ALDUY LIVRE AQUARELLES

Article mis à jour le 24 novembre 2022 à 07:35

Depuis ce 19 novembre, « Jusqu’à mon dernier souffle… » est disponible en librairie. Un ouvrage non pas politique de l’ancien maire de Perpignan mais dédié à une passion de l’ancien élève des Beaux-Arts à Paris : l’aquarelle. Un voyage émouvant en compagnie de celui qui aura marqué de son empreinte la ville de Perpignan et les Pyrénées-Orientales. Le 2 décembre à 18h, Jean-Paul Alduy dédicacera à la Librairie Torcatis son livre publié aux éditions Les Presses Littéraires.

Un recueil d’aquarelles certes, mais pas que… Celui qui aura participé au destin de Perpignan et de son agglomération durant plus de deux décennies ponctue ses croquis d’anecdotes tantôt architecturales, tantôt autobiographiques, mais toujours aussi colorées que ses peintures. « Peindre et écrire pour retarder le temps de l’oubli mais accepter notre trace éphémère ». Échange avec Jean-Paul Alduy.

Racontez-nous la genèse de cet ouvrage

En 2014, je décide d’arrêter la vie publique en pensant que ça allait être facile. Et finalement, j’ai quand même ressenti un trou d’air, une sorte d’angoisse de l’oubli. Si je n’ai jamais eu peur de la mort, j’ai en revanche peur de l’oubli, de ne plus vivre l’épaisseur sociale dans laquelle je vivais jusque-là. Je vivais dans la société avec mon mandat, et d’un seul coup, la société m’échappait. C’est là que j’ai publié mes premiers textes sur Facebook. Essentiellement des articles politiques. Après la fin des mandats, je vivais une seconde vie de militant, une nouvelle façon d’exister dans la cité. Même si c’était virtuel, c’était aussi un moyen de rester en contact avec celles et ceux que je connaissais.

Et puis il y a eu l’élection de 2020. Et là, ça me faisait mal d’écrire, je ne voulais pas me complaire dans l’amertume ou incarner la statue du commandeur. Je voyais bien que ma trace allait vite être effacée ; exemple le plus flagrant quand Perpignan la Rayonnante vint remplacer Perpignan la Catalane ! Du coup, pour éviter d’écrire, je me suis mis à l’aquarelle et des tas de gens ont aimé. J’en ai donc posté une deuxième, puis une troisième. Pour finir, c’est devenu un rendez-vous hebdomadaire. Si bien que certains m’incitèrent à organiser une exposition. Mais je crois que je suis un artisan plus qu’un artiste ; l’idée est donc née de faire ce recueil.

Comment avez-vous choisi les dessins qui composent cet ouvrage ?

L’idée a fait son chemin avant l’été 2022 et je me suis lancé ; mais il fallait faire une sélection parmi mes aquarelles et mes croquis. Il fallait aussi les expliciter, les mettre en perspective. J’ai donc voulu parler de mes voyages, ceux avec mon fils Mathis, de mes balades en mer, de mon amour pour la mer, les élections sénatoriales où je croquais alors que j’allais à la rencontre des élus du département. Et aussi de Collioure.

Mon rapport à Collioure date de mes années aux Beaux-Arts de Paris. En 1966, personne n’avait eu la curiosité de comprendre pourquoi Notre Dame des Anges avait un clocher circulaire.

Quand Vauban décide de faire les fortifications, il décrète qu’aux pieds des murailles il faut du champ pour que la cavalerie puisse agir et défendre. Sauf qu’à Collioure aux pieds des murailles, il y avait le village. Qu’à cela ne tienne, on va dire aux villageois d’aller installer leur village plus loin, sur la plage. Ce qu’ils furent en commençant par transformer le phare existant en clocher et en y accolant l’église. Et le village est créé et imaginé dans son intégralité. Il est construit, les rues sont organisées à l’avance. De l’histoire de sa création découle sa cohérence et sa beauté. Et puis aujourd’hui, avec ma compagne, mes aquarelles à Collioure ont les couleurs du bonheur.

Au détour d’une aquarelle et un dessin vous revenez sur votre démission en tant que maire de Perpignan et la surprise, voire la colère, qu’elle a suscitée

Oui, et c’est peut-être la première fois que je m’explique en ces termes. Oui je me suis trompé, je n’ai pas eu la lucidité d’écouter ceux qui disaient que je les abandonnais. Mais moi, je voulais faire de Perpignan une grande ville et je pensais que c’était impossible sans l’agglomération. J’étais convaincu que les problèmes de transport ou de développement devaient se gérer au niveau de l’agglomération.

Alors oui, c’est vrai, j’aurai pu garder le mandat de maire et celui de président de l’agglo, mais je sortais fatigué de l’élection de 2009.

À cette époque, mon fils Mathis avait 4 ans. Et je voyais que j’allais reproduire avec lui ce que j’avais fait avec ma fille cadette : je ne l’ai presque pas vue grandir. Et puis je l’avais toujours dit, deux mandats et pas plus, je ne voulais pas m’accrocher au mandat de maire. Aujourd’hui, Perpignan Méditerranée Métropole reste un Object politique non identifié, un OPNI sur un territoire inachevé qui navigue au jour le jour sans boussole d’un futur partagé et affirmé : Le temps de l’égoïsme communal est revenu… (…) Aujourd’hui nous sommes le territoire le plus à l’extrême droite de France.

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