À Saint-Paul-de-Fenouillet, le club de football a mis en place une équipe de football mixte. Un moyen de permettre aux jeunes filles de s’entraîner et de participer aux championnats même si elles ne sont pas assez nombreuses pour créer une équipe. Le FC Fenouillèdes s’est construit sur cette mixité et met en œuvre le nécessaire pour que tous et toutes puissent pratiquer.
Cet article a été écrit par Ines Hamad accompagné par Léo Lagrange Animation. « Perpignan Stories » est un projet initié par Made In Perpignan en septembre 2025. Depuis, une vingtaine de jeunes ont découvert les rouages du journalisme dans notre rédaction. Ils et elles ont réalisé le reportage de leur choix, à l’écrit et en vidéo.
Grâce au soutien de Journalismfund Europe, Made in Perpignan met en avant les histoires qui inspirent ces jeunes souvent éloignés de l’information et peu représentés dans les médias.
Un nom qui les met toutes d’accord : Sakina Karchaoui. La footballeuse de l’équipe de France et du Paris Saint-Germain est la joueuse favorite de Kenza, Lylia et Maëva. Les trois collégiennes sont inscrites au FC Fenouillèdes, dans les Pyrénées-Orientales. Elles sont membres de l’équipe mixte du club, qui a mis en place le nécessaire pour permettre aux jeunes filles du secteur de pratiquer leur passion jusqu’à 16 ans.
Un club déterminé à soutenir ses joueuses
Elles sont quatre cette année à faire partie de l’équipe. « Ça ne change pas l’entraînement, remarque leur entraîneur Frédéric Santiago. On travaille plus sur l’équité que sur le genre. » Il admet que filles et garçons ont tendance à se regrouper lors des entraînements mais tente d’encourager davantage de mixité. « Dans l’ensemble elles sont bien intégrées à l’équipe. Tout le monde à un poste fixe. On veut les encourager à évoluer sans a priori par rapport à leur genre. »
Si cela reste rare, faire partie d’une équipe mixte expose bien les jeunes filles aux remarques sexistes. « Moi je ne vois pas de différence entre nous et les garçons, mais les adversaires font des remarques quand ils nous voient. Ils disent que face à des filles, c’est obligé qu’ils gagnent », raconte Lylia. S’ajoute le traditionnel « le foot, c’est pas pour les filles », mais il en faut plus pour décourager les jeunes joueuses. « C’est pas mon problème. Si j’aime, je veux continuer, donc je continue, rétorque Maëva. On a notre place dans le foot », ajoute Kenza. Elles le démontrent sur le terrain. En prenant leur place, les jeunes filles parviennent à convaincre jusqu’aux plus réticents.
« Quand Lylia m’a dit qu’elle voulait faire du foot, j’ai été un peu sous le choc, confie sa mère Zohra. Pour moi une fille, ça fait de la danse. J’avais de l’appréhension. »
Trois ans plus tard, elle a changé d’avis. « Je suis devenue trésorière, je ne l’aurais jamais imaginé. Je suis ma fille à chacun de ses matchs, je comprends même des règles alors que je ne connaissais rien au foot à la base. » Zohra voit même les bénéfices de ce sport sur sa fille. « Elle a réussi à s’adapter. Elle était plutôt timide et a beaucoup pris confiance en elle. »
Les équipes féminines se structurent dans les Pyrénées-Orientales
Les trois jeunes filles se projettent dans le sport. « J’aimerais devenir professionnelle. Il faut persévérer, aller aux entraînements », confie Lylia. Même chose pour ses coéquipières. Pour continuer à jouer, il faudra toutefois trouver un club qui possède une équipe féminine, parfois difficile à débusquer, d’autant plus en zone rurale. Le FC Fenouillèdes propose aux jeunes filles de rester un an de plus dans l’équipe pour accompagner la transition. Elles peuvent rester dans l’équipe jusqu’à leurs 16 ans. À l’âge du lycée, elles sont souvent plus mobiles pour suivre des entraînements dans un autre club.
« On rencontre de plus en plus d’équipes féminines, remarque Frédéric Santiago. Nous, on a pas encore l’effectif suffisant, mais si d’autres filles entrent dans le club, c’est une voie possible. » Il l’assure, voir des jeunes filles comme Kenza, Lylia et Maëva jouer en match les week-ends fait naître des vocations. « Ça donne envie à d’autres filles de s’inscrire, et petit à petit, on augmente l’effectif féminin. » À dans quelques années peut-être pour voir une équipe féminine naître dans le Fenouillèdes.

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