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La filière viticole des Pyrénées-Orientales face à la crise économique

LECTURE

Baisse de la consommation, Brexit ou taxe Trump, le vin d’Occitanie était déjà en difficulté ; la viticulture accuse désormais le coup face au Coronavirus. Sans attendre de connaître l’étendue des dégâts, la Région et l’ensemble des acteurs de la filière ont présenté “un  plan ambitieux” de 14 millions d’euros ; “un effort supplémentaire” selon Carole Delga, présidente socialiste de la Région, qui vient en complément du budget déjà “conséquent” de la première région viticole au monde.

♦ Fidéliser la clientèle et conquérir de nouveaux marchés vinicoles

L’ensemble des acteurs de la filière est unanime ; la filière viticole était déjà en grande difficulté. Les raisons ? “Une production à l’international avec une forte concurrence, baisse de la consommation en France ; et depuis l’automne les conséquences du Brexit et des taxes Trump”. En fermant les frontières de la Chine, mais aussi les hôtels, bars et restaurants, la pandémie a aggravé la situation des professionnels du vin.

Pour Philippe Bourrier, représentant des Vins du Roussillon, il s’agit d’un plan de relance “ambitieux“. Cette stratégie arrive à un moment clé pour préserver les marchés et partir à la conquête de nouveaux acheteurs. “Nous avons, à travers les Rivesaltes, Banyuls, ou Maury, des options très diverses et un marché orienté vers la grande et moyenne surface”.

Philippe Bourrier exhorte ses confrères vignerons “à chasser en meute ; à faire en sorte que les vins d’Occitanie soient présents sur les tables du monde entier“. Il revient aussi sur la création de nouveaux cocktails (MuscaTonic ou RivTonic) pour “faire rebondir la consommation et attirer de nouveaux clients”.

Il s’agit aussi de relancer la demande locale en valorisant le circuit court ; en permettant notamment aux producteurs d’accéder à la plateforme Solidarité-Occitanie-Alimentation qui met en relation clients et producteurs locaux. Depuis son lancement, 558 producteurs de vin se sont inscrits sur ce site Internet régional.

♦ La contractualisation pluriannuelle pour sécuriser les vignerons

Vice-président chargé de l’agriculture à la Région, Jean-Louis Cazaubon a apporté certaines précisions. “L’idée est de se mettre d’accord sur plusieurs années, sur un prix si possible, et un volume pour ainsi éviter la surenchère à la baisse ; une surenchère destructrice de valeur et d’emploi. Ce n’est pas en dévissant les prix que l’on prend des parts de marché !” s’insurge Jean-Louis Cazaubon. “Ce qui compte, c’est de donner de l’espoir à nos vignerons et qu’ils se sentent sécurisés dans le temps”. 

♦ Aides directes à toutes les entreprises du secteur vitivinicole

La création d’un « Pass Relance » vise à mettre en place des aides directes pour toutes les entreprises viticoles (les sociétés de négoce, la coopération, les vignerons indépendants) et tous les marchés : grande distribution, export, vente directe, e-commerce, cafés, hôtels, restaurants, cavistes, grossistes… 11 millions d’euros seront dévolus à cette action.

Ce Pass Relance a pour but d’aider les entreprises dans leur démarche de commercialisation et de conquête des marchés. Les entreprises sont appelées à constituer un dossier individuel dans lequel elles proposent un plan de relance de leur activité commerciale. Les dépenses engagées par les entreprises pourront générer un cofinancement par la Région à hauteur de 50% ; des dépenses matérielles comme immatérielles (participation à des salons, voyages de prospection, actions d’animation en grande distribution…). Les entreprises et vignerons pourront faire leurs demandes d’aide en ligne sur des plateformes dématérialisées. Les critères et modalités de demande et d’attribution de ce nouveau Pass seront définitivement adoptés à la commission permanente du mois de juin précise la Région.

♦ Gagner en visibilité dans la jungle internationale du marché du vin

Reconquête des marchés, promotion et image de marque sont les maîtres-mots de ce plan inédit selon Carole Delga.

D’ici le mois de juillet; les interprofessions proposeront un plan d’actions collectives adaptées aux besoins des marchés ainsi que des actions tournées vers les habitants de la région afin de promouvoir les vins régionaux ; notamment durant la période estivale. Ces actions, cofinancées par la Région à hauteur de 50%, devront s’inscrire en supplément de celles prévues dans les programmes des interprofessions et avoir un caractère collectif ou mutualisé.

En partenariat avec les interprofessions et les 3 Maisons de la Région à New-York, Shanghai et Londres, l’agence régionale de développement économique accompagnera les entreprises viticoles lors de missions collectives, telles que des salons internationaux et lors de missions de prospection sur des marchés ciblés lors de leur reprise.

♦ Les chiffres clés de la viticulture en Occitanie

  • 1er vignoble mondial pour les vins sous signe de qualité (IGP et AOP),
  • 1er vignoble national en surface (270 000 ha),
  • 93 appellations dont 59 AOP,
  • Près de 22.600 entreprises vitivinicoles et près de 24.000 exploitations,
  • Représente 1,3 milliard d’euros de CA soit 20% du produit agricole d’Occitanie en 2017,
  • 925 M€ de vins exportés en 2018,
  • 100.000 emplois concernés par la viticulture.

♦ Les chiffres clés des Vins du Roussillon

  • 20.900 hectares plantés. Objectif, passer de 15% de surface en bio aujourd’hui à 50% en 2025,
  • 2.535 exploitants dont 360 caves particulières et 29 caves coopératives,
  • 620.000 hectolitres produits par an ; soit 35 hectolitres par hectare, un rendement en hausse mais qui reste inférieur aux autres régions viticoles françaises selon Philippe Bourrier,
  • 80% de la production est composée de vins secs (58% de rouges, 28% de rosés, et 15% de blancs),
  • La production se complète avec 20% de vins doux naturels (VDN). Les vins doux naturels du département représentent 80% de consommation des VDN vendus en France,
  • Le département compte 14 Appellations d’Origine Contrôlée (10 en vin sec et 4 en VDN) et 2 Indications Géographiques Protégées,
  • Les vins doux naturels sont vendus essentiellement en France. Quand les secs sont exportés pour un tiers.

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