Article mis à jour le 5 octobre 2026 à 20:02
La révélation, par Made in Perpignan, d’une vidéo montrant un policier arborant un blason affilié à l’extrême droite et tenant des propos problématiques a suscité l’indignation ce lundi. La préfecture annonce l’ouverture d’une enquête.
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Des mots et des gestes qui ne passent pas. Ce lundi après-midi, la préfecture des Pyrénées-Orientales annonce avoir été alertée au sujet du « comportement d’un policier ayant arboré des insignes et tenu des propos incompatibles avec le port de la tenue ». Les services de l’Etat indiquent que « ce signalement a été pris très au sérieux ».
Le communiqué précise enfin que « le policier a été identifié » et qu’une « enquête administrative pré-disciplinaire a été immédiatement engagée à son encontre ».
Propos sexistes à l’encontre d’une enseignante et racistes devant une lycéenne
Dans une vidéo révélée par Made in Perpignan, un policier touche à plusieurs reprises une enseignante. Celle-ci lui demande de cesser, il répète alors « non madame ». L’enseignante demande pourquoi, il lui répond « parce que ça me plaît ». Elle s’insurge alors : « ça fait partie de votre fonction de prendre du plaisir à toucher des enseignantes ? » ; « Exactement », répond l’agent.
Dans un autre extrait, le même agent tient ensuite des propos racistes devant une lycéenne qui se plaint de l’usage de gaz lacrymogènes.
« Demain tu vas te faire agresser par trois racailles, trois blédards ou trois merdes qui veulent te violer, et si t’es gazée avec eux tu vas dire que c’est pareil ? »
Un blason affiliée à l’extrême droite
Sur l’uniforme de l’agent, pas de numéro d’identification RIO, pourtant obligatoire. A la place figurent sur son torse deux écussons qui n’ont aucun lien avec l’uniforme policier règlementaire.
Le premier représente un guerrier spartiate avec une inscription en grec ancien, Molon Labe. Dans son utilisation contemporaine, le Molon Labe est d’abord utilisé par le lobby pro-armes américain, avant d’être, comme l’explique le Washington Post, un slogan de la droite radicale. En Europe, son appropriation par les milieux d’extrême droite, identitaires et même néonazis est largement documentée.
L’autre écusson représente l’appartenance aux Gunfighters, un club de motards réservé aux membres des forces de l’ordre actifs ou retraités. S’il a désormais son propre local, le groupe de Perpignan s’est longtemps réuni au bar identitaire d’ultradroite « 7.59 » à Canohès, qui abrite aussi des militants Reconquête ou encore des conférences d’Egalité et Réconciliation, le mouvement du polémiste négationniste Alain Soral.
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